<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177</id><updated>2012-02-16T12:30:30.433+01:00</updated><title type='text'>Ouessant, mon paradis parfois obscur.</title><subtitle type='html'>Ouessant, mon paradis parfois obscur, est un roman fiction. C'est l'histoire d'une famille en 1978, dont les enfants ont du partir sur le continent.

Roman d'Andréas Guyot.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>33</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-1394928103538184812</id><published>2011-12-26T12:09:00.012+01:00</published><updated>2011-12-26T13:05:14.529+01:00</updated><title type='text'>31 Le départ pour Brest.</title><content type='html'>Quelques jours plus tard……Le jour du départ pour L’hôpital Morvant à Brest, est arrivé Muriel n’avait pas passé le nouvel an avec sa grand-mère, mais avec les jeunes de son âge à l’Escale revenue chez elle qu’au petit jour, elle ne se leva pas avant 14 heures, afin de prendre le bateau vers 16 heure, elle devait dormir à Brest le soir, afin d’être le 2 au matin au rendez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann leur avait écrit à toutes les deux, et Muriel savait qu’elles pourraient en parler ensemble et tranquillement puisqu’elles seraient désormais réunis. Pendant qu’elle se prépare sa mère était partie chercher Claire, pour ensuite les amener au Stiff. Jusqu’à être seule sur le bateau, aucune n’en avait parlé, ni Claire à sa belle-fille, ni Muriel à sa mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assise seule dans un coin du Fromveur, Claire demande à Muriel &lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu’il t’a écris ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Muriel lui lu sa lettre….. » Ma chère Muriel…..  Je suis installé dans mon unique pièce, avec au fond un coin cuisine et une salle de bain, au milieu se trouve une table sur laquelle je t’écris, à l’autre bout mon lit, les deux fenêtres donnent sur une cour, sur les murs, quelques posters, cartes postales de ton île et des portraits de toi que j’ai déjà tiré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme ambiance musicale, j’écoute les gymnopédies et gnossiennes d’Eric Satie. Où lira tu m’a lettre et dans quelle condition ? C’est toujours bien plus facile d’écrire quoique l’on en dise. Avant que tu lises, sache que j’ai pour toi la plus grande affection et que je n’ai qu’un espoir, c’est de te revoir et vivre une très longue complicité. Voici ce que j’ai écris à ta grand –mère et que je t’écris sous une autre forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons une histoire commune, je l’ai découvert en parlant avec toi. Mon grand-père est aussi le tient, c’est à la fois aussi incroyable que simple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque que j’étais adolescent, ma mère m’avait dit que son père avait eu un premier mariage avec une autre femme qui était d’Ouessant. Ayant peu connu mon grand-père, cette histoire n’avait pour moi aucune importance, mais elle a contribué à me donner envie de découvrir cette île par le plus grand des hasards. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Yves que tu as vu intervient à la fac comme spécialiste des oiseaux, en biologie animal au cours d’une sortie de terrain en septembre, il me fit part qu’il irait sur Ouessant, et je lui ai demandé si je pouvais venir avec lui…voilà comment j’ai découvert Ouessant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis nous avons parlé de ta grand-mère, et c’est uniquement lorsque tu as évoqué l’île de Madagascar que cela à fait tilt dans ma tête, et j’avais peur qu’a l’insistance de mes questions que tu ne le découvre aussi. Lorsque que tu m’as attendu à la cabine téléphonique, j’essayais d’avoir une confirmation, en vain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre grand-père a eu une fille d’une union illégitime, cette fille s’est appelée Marie, et je suis son fils. Mon grand-père est ensuite venu installer sa fille en France pour qu’elle puisse y faire des études, elle en est sortie médecin-chef de l’école navale de Rochefort, ce qui pour une femme est fort respectable, elle à ensuite exercé dans les colonies puis a épousé un capitaine de gendarmerie, je suis leur unique enfant. La maladie l’a emportée dans l’année de mes seize ans, un mal incurable qu’elle a sûrement contracté dans les colonies. Voilà pourquoi je t’avais envoyé le poème, « Qui m’inspire ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à cette unique occasion que j’ai connu mon grand-père pendant quelques semaines, il est ensuite reparti dans son île Madagascar, rejoindre sa compagne de toujours, ma grand-mère que je n’ai vu qu’en photo elle est une fort jolie femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis la mort de maman j'ai été élevé par mes grands-parents paternels, des Sarthois. Mon père bien que présent, a été malgré tout, trop souvent occupé par son travail. Etant jeune nous avons souvent déménagé dans les colonies Française,  Guyane, Nouvelle Calédonie..etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à mon retour que j’ai pu en avoir la certitude, mon père m’a tout expliqué dans les moindres détails.&lt;br /&gt;Par respect pour ta grand-mère que j’aime beaucoup et pour toi, je ne pouvais pas garder ce secret qui se serait dévoilé tôt ou tard avec des complications imprévisibles pour nous-mêmes.&lt;br /&gt;Je sentais aussi qu’il y avait une attirance réciproque entre nous, c’est pour cela que je suis vite parti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne voulais pas revenir sans vous le dire, la peine de Claire aurait été trop forte et peut-être m’en aurait-elle voulu…&lt;br /&gt;Alors, avant un éventuel retour où rencontre, je vous écris pour tout vous expliquer afin qu’il me soit possible de vous revoir sans qu’il y ait de malaise entre nous, tu te doutes bien que je me serais passé de cette histoire commune, mais il est vrai que pour ta grand-mère, ma mère, indirectement a été l’enfant de son malheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sache Muriel que nous avons tous les deux l’avantage d’avoir choisi son petit cousin, je pense que c’est ainsi notre lien de parenté, quoique… ! Bref, ta grand-mère nous le dira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère a été la plus tendre, la plus attentive, la plus aimante, j’ai toujours été guidé par elle jusqu’à son dernier jour, elle a toujours su me dire ce qu’il fallait pour être le meilleur et faire le bien autour de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne m’a jamais raconté l’histoire de son père mais n’en a jamais dit du mal non plus. Je l’ai toujours vu écrire de longues lettres à sa mère, mais c’est notre grand-père qui les lui lisait, elle souffre de son illettrisme.&lt;br /&gt;Je pense pouvoir dire que notre grand-père, avec tout le respect que je lui dois, n’a jamais cherché à arranger les choses, cela je ne l’ai pas écris à ta grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque j’étais avec Claire les derniers soirs, je n’osais lui parler de moi, de ma vie de peur qu’elle comprenne et je ne voulais pas non plus lui mentir.&lt;br /&gt;Muriel,  quelque part dans nos veines, nous avons du sang commun et les mêmes gênes, est-ce cela qui m’a profondément rapproché de toi ?&lt;br /&gt;Ma chère cousine je désire toujours te prendre dans mes bras, partager tes joies, t’aimer comme un frère&lt;br /&gt;Pour Claire, pour tes parents, j’ai peur qu’il en soit tout autrement, maintenant qu’est-ce que cela change pour toi ? J’espère que le passé de nos familles n’aura pas aucune importance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tours les mères disent de jolies choses avant de partir, elle m’a dit « tu es l’enfant de l’amour et tu en seras heureux ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à cet instant que Muriel entendra les sanglots de sa grand-mère, elle n’avait pas levé la tête de toute sa lecture et ne l’avait pas vu pleurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FIN&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-1394928103538184812?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1394928103538184812'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1394928103538184812'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/31-le-depart-pour-brest.html' title='31 Le départ pour Brest.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2883881410175303415</id><published>2011-12-26T01:46:00.006+01:00</published><updated>2011-12-26T02:18:47.222+01:00</updated><title type='text'>30 Jour de Tempête.</title><content type='html'>A peine la nuit était-elle tombée que le vent avait forci, il amenait des rafales de pluie, d’écume volant dans l’espace, les fils électriques sifflaient. Le rouge-gorge du jardin pourtant si volubile d’ordinaire, s’était tu, de temps à autre le corne de brume mugissait. Yann avait voulu sortir, bien qu’il n’était soit sur le chemin protégeait par les tamaris soit à l’ombre du pilier Est, son ciré dégoulinait et il était heureux de sentir le vent tout en regardant le Créac’h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une petit demi-heure suffit avant qu’il ne rentre, il avait passé la soirée avec Claire….elle impassible lui excité comme une puce, elle n’en rajouta pas, ce n’était pas dans sa manière d’être.&lt;br /&gt;A chaque bruit qui lui semblait bizarre, Yann regardait le plafond en se demandant si le toit n’allait pas s’envoler. Pour Claire, le coup de vent n’était pas vraiment terrible même si le baromètre était assez bas. Son toit tiendrait….il en avait vu d’autre et même si une ardoise se descellaient, les autres tiendraient.&lt;br /&gt;Le vent pouvait toujours s’acharner sur son toit, faire grincer les volets, flanquer des coups de boutoir sur le pignon plein Ouest, venir siffler sous les portes, descendre par la cheminée, Claire ne s’affolait pas….court toujours, court toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous voulez un autre thé ?&lt;br /&gt;- Oui madame&lt;br /&gt;- Vous refusez toujours obstinément la Louzaouen ar chousked….Ces soirs là, c’est elle qu'il faut prendre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne répondit pas, elle n’insista pas. Elle était sur son rocking chair, son plaid sur les genoux, Il était assis dans le fauteuil près du poêle à mazout, un Air-flamme qui était le seul chauffage qu’elle pouvait allumer pendant les tempêtes, de temps en temps quelques gouttes tombaient sur la plaque de fermeture de la cheminée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’aurais aimé la voir en plein jour&lt;br /&gt;- Parce que vous croyez peut-être que demain tout sera calme ? Oh mais non garçon, n’ayez crainte, vous allez la voir voire votre tempête et peut-être même aller vous souhaiter qu’elle s’arrête.&lt;br /&gt;- Pourquoi ?&lt;br /&gt;- Parce qu’à cette période de l’année, cela peut durer pendant facilement 3 jours, j’ai vu une semaine durant. J’ai même eu un hiver avec deux mois de tempête avec seulement un court répit entre.&lt;br /&gt;- Comment savez-vous qu’elle va durer ?&lt;br /&gt;- Demain matin avec mon baromètre…..avant d’aller dormir prenez donc quelques biscuits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au même moment, la corne à brume se remit à mugir et le vent semblait redoubler de violence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Rassurez-vous, dans les rafales c’est toujours ainsi, le faisceau lumineux se trouve coupé et la corne se met en marche automatiquement.&lt;br /&gt;- C’est automatique ?&lt;br /&gt;- Oui, je vous ferais voir le faisceau lumineux je vais même vous conter une anecdote, en pleine été par grand soleil, un homme du village faisait brûler ses mauvaise herbes et coupa le faisceau à cause de la fumée, la corne s’est mise en marche, je peux vous dire que tout le village et même d’autres sur l’île se sont posés des questions ! certain on cru à un banc de brouillard subit d’autre à la panne, en tout cas l’homme a vite éteint son feu et il en a entendu parler par les officiel… ! Tant que la corne ne dure pas, c’est uniquement à l’opacité des grains dû à la violence des vents…..vous aller vous y habituer, elle ne vous empêchera pas de dormir, parfois je ne l’entends plus, je n’y prête plus attention…..Vous aller prendre le livre pour savoir lire les signes du ciel et il vous endormira, car sinon avec votre thé, vous ne fermerez pas l’œil de la nuit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann prit le livre, la remercia, ils se dirent bonsoir et il partit s’enfermer dans sa chambre….Claire rangea un peu, puis alla pétrir son pain, c’est sa façon à elle de s’occuper pour oublier la tempête.&lt;br /&gt;Bien plus tard, lorsqu’elle alla se coucher, elle remarqua un rayon de lumière sous la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès le lendemain matin, alors que Claire était dans sa cuisine, elle entendit le klaxon de sa belle-fille Christiane, elle venait la livrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quel temps, ma pauvre Christiane ! Et c’est parti pour durer, le baromètre n’a pas bougé.&lt;br /&gt;- Encore un Noël qui s’annonce avec la pluie, et ton pensionnaire, comment va-t-il ?&lt;br /&gt;- Il m’a bien fait sourire car dès le premier coup de vent hier soir, il était dehors ! un quart d’heure après, il est rentré comme une soupe et à chaque bruit durant la soirée, il regardait mon plafond…. A trois heures du matin, il ne dormait pas encore.&lt;br /&gt;- Il est déjà sorti ?&lt;br /&gt;- Penses-tu, il dort comme un loir !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christiane se mit à rire et dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et il veut vivre à Ouessant !.... A ce propos comment le trouves-tu ?&lt;br /&gt;- Bien que jeune, il est bien équilibré, agréable à vivre, à parler, séduisant, très ouvert et franc, je le pense….Tu prends un café avant de partir, tu goûteras bien mon pain en même temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, Yann avait fait son apparition enveloppé dans une épaisse robe de chambre, béguens aux pieds, ce que remarqua tout de suite Christiane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour mesdames : dit-il en frappant discrètement à la porte.&lt;br /&gt;- Venez donc prendre un café, asseyez-vous&lt;br /&gt;- Vous avez bien dormi ? demanda Christiane&lt;br /&gt;- J’ai trouvé le sommeil assez tard&lt;br /&gt;- Si vous aviez pris ma tisane plutôt que votre thé !&lt;br /&gt;- Je crois bien que c’est surtout le bruit du vent et de la corne à brume.&lt;br /&gt;- A ce propos, votre tempête vous a attendu, elle est toujours là&lt;br /&gt;- Oui, je m’en suis rendu compte, cela va-t-il s’arranger ?&lt;br /&gt;- Vous en avez déjà assez ? demanda Christiane.&lt;br /&gt;- Non, mais c’est pour le bateau&lt;br /&gt;- Vous voulez déjà nous quitter ?&lt;br /&gt;- Non, j’ai envie de régler un problème, il vaut mieux que je parte pour cela, je me plais beaucoup sur votre île, je vous l’assure.&lt;br /&gt;- On vous croit dit Claire en regardant sa bru.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christiane précise qu’il risque de ne pas y avoir de bateau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est vraiment urgent ?&lt;br /&gt;- Bien sûr que non, mais cela me semblait plus honnête de le faire rapidement.&lt;br /&gt;- Je le serais vite et j’appellerai Claire, le voulez-vous vraiment&lt;br /&gt;- Oui, si cela est possible&lt;br /&gt;- C’est entendu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ces mots, Yann alla faire sa toilette, Christiane chargea quelques casier vides bans le break, Claire lui dit en riant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- N’oublie pas le bateau ! lui dit ironiquement Claire.&lt;br /&gt;- Non : lui répondit-elle d’un signe de tête, visiblement soulagée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois prêt Yann prit le chemin des grèves muni d’un bon ciré et milles recommandations de prudence de Claire. En descendant le chemin vers la pointe de Pern, la puissance du ressac né de la violence des vents faisait éclater les vagues contre les rochers. Des gerbes d’écumes montaient dans les airs pour ensuite blanchir la lande. Les paquets de mer enveloppaient le phare de Nividic, les déferlantes roulaient les une sur les autres dans le plus grand désordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bel océan bleu était devenu blanc, il ressemblait à un paquet de mousse, il n’était plus possible de délimiter le bord du rivage, la fureur du vent avait transporté sur la lande tout ce qu’il y avait sur la grève, algues pourries, divers objets, cordages etc….&lt;br /&gt;Les flocons d’écume ocres, jaunâtres volaient à l’horizon, il fallait qu’il se penche pour les éviter, la belle herbes grasse des près salés se couchait, tout était noyé de sel par les embruns, son ciré brillait de cristaux de sel, ses lèvres en avaient le goût, si la pluie n’avait pas cessé, elle aurait été cinglante et blessante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le ciel les nuages allaient à des vitesses folles changeant sans cesse de forme, au loin le phare de La Jument apparaissait de temps à autre, cela devait être un enfer pour les gardiens, comment ne pas devenir fou dans ces tours lorsque les vagues font tout trembler ! &lt;br /&gt;Si à l’aller il avançait difficilement pour longer la côte, au retour, il eut le vent dans le dos, il alla jusqu’à jouer avec la force du vent, au dessus de la falaise, il se penchait en avant comme pour se laisser tomber dans le vide, il le maintenait dans un impossible équilibre ! plus le vide est grand, plus la sensation est intense, il avait su en mesurer le risque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur une butte de terre il avait ouvert son ciré et s’était lancé face au vent comme un oiseau, il en avait été quitte pour un amortissement un peu délicat, comme un petit fou il jouait avec lui, se laisser pousser, avancer les pieds pour éviter de tomber la face contre terre, tous les jeux, toutes les impressions qu’il avait réalisé étaient faites pour aller jusqu’à l’ivresse de l’apesanteur, c’était sa tempête, il l’avait tant attendue.&lt;br /&gt;Comment ne pas vouloir jouer avec elle tant qu’elle lui en laissait la possibilité, la lutte s’inverse souvent à son avantage dès qu’elle vous met en péril, cela Yann l’avait bien compris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivé chez Claire, il était heureux d’avoir eu cette joie intense et lui en fit part sans bien sûr lui avouer sa petite fantaisie au-dessus du vide. Elle lui précisa que le bateau partirait vers 14h car il était annoncé une aggravation pour le soir ! Il alla se préparer, tout avait été prévu pour qu’il soit à l’heure au port du Stiff.&lt;br /&gt;Au cours du repas, Claire lui présenta un en-cas pour la soirée dans le train, elle lui fit ses adieux et lui dit qu’elle aurait encore plaisir à l’accueillir chez elle, il confirma qu’il reviendrait, que c’était son plus vif désir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques temps plus tard, Christiane arriva avec Muriel, le chargement fut rapide, les au-revoir chaleureux, ils étaient tous les deux à l’arrière, main dans la main, ils se parlaient doucement, il la rassurait le plus possible, il lui promit très vite une lettre.&lt;br /&gt;Sur la quai, Muriel cachait se tristesse en regardant les rouies dans l’eau. Yann remercia encore une fois Christiane, Muriel l’embrassa très convenablement à son grand désespoir, mais la tristesse coula sur ses joues&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de prendre la passerelle il lui dit pense à ce titre « les sombres dimanches d’Ouessant » il rajouta courage je serais là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les derniers ordres, L’Enez Eussa s’en alla affronter les montagnes de vagues du passage du Fromveur, du quai, l’on voyait déjà la poupe monter et descendre dans la houle.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2883881410175303415?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2883881410175303415'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2883881410175303415'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/30-jour-de-tempete.html' title='30 Jour de Tempête.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2578529188518638821</id><published>2011-12-25T08:39:00.004+01:00</published><updated>2011-12-25T10:05:41.531+01:00</updated><title type='text'>29 Kadoran.</title><content type='html'>Nous avons commencé la prospection déjà depuis Kalgrac’h, car un sentiment nous anime, est-ce que les phoques se mettent à l’abri avant le mauvais temps ? Si c’est la cas cette baie entre le fort de Kernic et la pointe de Kadoran serait idéale.&lt;br /&gt;Après avoir laissé les vélos contre le fort, nous continuons à pieds, il est des plus attentifs toute forme, un mouvement dans les vagues, toutes les entrées dans la falaise sont observés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les phoques gris n’ont pratiquement été vus qu’en mer, les voir sur la grève est chose rare et c’est ce qu’il cherche. La marée sera basse vers quatorze heures et l’hiver est l’époque où les femelles mettent bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel, je suis persuadé que si les phoques nichent aux Sept îles, ils peuvent aussi faire naitre un jeune ici.&lt;br /&gt;- Le site n’est pas assez tranquille, Yann&lt;br /&gt;- Je souhaite que tu puisses lire le livre de Thomas O’Crohan « L’homme des îles » sur les rapports qu’avaient les hommes avec les phoques à cette époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la deuxième fois qu’il me parle de ce livre écrit en 1925 et qui est sans cesse réédité sur la vie des îles Blasket dans l’Irlande du 19e siècle.&lt;br /&gt;Pendant qu’il m’en parle, je pense qu’il a dû être impressionné par le fait que les gens soignaient leurs grosses plaies avec la chair des phoques.&lt;br /&gt;Quant à moi, Je lui explique mon livre du moment, Saint Kilda, l’île hors du monde de Tom Steel sur les dures conditions de la vie de ses habitants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’invite à s’asseoir à la pointe, il n’a pas refusé, c’est le moment de lui parler, nous sommes installés dans l’axe de l’île Keller, et de endroit, elle se sépare nettement d’Ouessant, les peintres aiment venir ici.&lt;br /&gt;Sa main se pose sur la mienne, je mets ma tête sur son épaule, il m’accepte avec tendresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Yann, J’ai quelque chose à te dire.&lt;br /&gt;- Je t’écoute : dit-il avec chaleur&lt;br /&gt;- Je vais peut-être mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne répond pas tout de suite…As t-il comprit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est de ce que tu as voulu dire chez ta grand-mère ?&lt;br /&gt;- Oui, c’est la première fois que j’ose dire le mot mourir.&lt;br /&gt;- Et de quoi ?&lt;br /&gt;- J’ai un cancer du sein&lt;br /&gt;- Oh merde…. !! tu es certaine.&lt;br /&gt;- Malheureusement oh que oui.&lt;br /&gt;- Depuis quand, &lt;br /&gt;- Depuis que tu m’a vu la première fois avec Jean-Yves, je revenais de Paris.&lt;br /&gt;- Et c’est pour cela que tu dois aller à Brest&lt;br /&gt;- Oui pour commencer la chimio&lt;br /&gt;- Oh, cela me fait tout drôle, que tu me dises cela&lt;br /&gt;- Tu es la première personne à qui j’en parle aussi directement&lt;br /&gt;- Il faut que tu ailles confiance en la médecine, et puis tu es jeune.&lt;br /&gt;- Trop jeune pour ça en tout cas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence fût long, je ne savais pas à quoi il pensait…. ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Rennes – Brest ce n’est pas trop loin, j’irais te voir… !&lt;br /&gt;- Je ne serais pas belle à voir….sans cheveux.&lt;br /&gt;- Ne dit pas de bêtise... !&lt;br /&gt;- C’est pourtant vrai….enfin voilà, je tenais vraiment à te le dire, c’est peut-être pour moi la façon enfin d’accepter ma maladie.&lt;br /&gt;- Oui j’imagine que cela ne doit pas être facile d’y croire&lt;br /&gt;- Comme tu dis….belle saloperie en tout cas.&lt;br /&gt;- On marche…si tu veux bien….tu m’as assommé.&lt;br /&gt;- Tu aurai préféré que je te dise rien&lt;br /&gt;- Non, non….mais cela me fait mal aussi&lt;br /&gt;- Je comprends ce serait la même chose pour moi.&lt;br /&gt;- Il me fit un bisou sur la joue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons repris la marche….un bon moment avant de pique-niquer….et après avoir retrouvé le phoque, nous sommes à l’abri du vent qui commence à forcir….je lui fait remarqué qu’il vaut mieux rentrer, et nous nous serons contre le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je le regarde une dernière fois, car il est installé juste à la pointe, je fais quelques photos avec au télé.&lt;br /&gt;- Le ciel se bouche de plus en plus, aller vite on rentre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bourg, avant qu’il ne rentre, je l’invite à prendre quelque chose à la maison. Nous sommes installés comme deux clients, maman viens même nous servir, et nous lui parlons du phoque.&lt;br /&gt;Corinne est venue nous voir aussi, elle c’est même assise deux minutes, et bien sur tous les clients le regardent, mais ils savent aussi ma passion pour les oiseaux, et comme il a ses jumelles autour du coup cela n’étonne personne, d’autant plus que nous sommes à la maison, cela n’aurai pas été le même chose dans un autre bar du bourg&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne viens nous dire que Mamie a appelé pour savoir si nous étions rentrés et qu’il revienne vite, avant la pluie….nous disons au revoir, il part seul je reste.&lt;br /&gt;En le regardant partir, je m’en veux presque de lui avoir dit, peut-être qu’il n’a pas osé embrasser une malade à Kadoran, pourtant j’aurai aimé un vrai baisé d’amoureux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2578529188518638821?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2578529188518638821'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2578529188518638821'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/29-kadoran.html' title='29 Kadoran.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-9083005705772346930</id><published>2011-12-24T11:15:00.007+01:00</published><updated>2011-12-24T11:56:25.951+01:00</updated><title type='text'>28 La neige, l'approche de la tempête.</title><content type='html'>Déjà hier soir, le temps était à la neige avec de lourds nuages d’un gris intense, ce matin en me levant, l’île est blanche, tout est recouvert d’un léger tapis, quelques flocons volent encore de-ci, de-là. La neige sur Ouessant est un évènement assez rare, la douceur océanique nous en prive, il me semble que c’est la troisième fois que je vois son manteau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann ne devrait plus tarder, nous nous étions donné rendez-vous afin de faire une balade, ce matin, elle aura quelque chose en plus. Assise sur le muret de Porz-Paol, je regarde l’écume des vagues lécher la neige, après son passage tout disparaît comme part magie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me retournant, je le vois sur son vélo, il arrive tranquillement avec le sourire. Il lance :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est vraiment superbe&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous faisons un discret baiser, puis je lui fais remarquer cette vision, nous nous décidons à aller voir la grande plage du Korz, pour cela nous longeons le bord de la côte par Ar Goubaz jusqu’à Beg Lann ar Goaz, là du haut de cette pointe, le spectacle et grandiose, tout se confond entre la plage et l’écume des vagues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sens la main de Yann sur la mienne, je n’oppose aucune résistance, j’en suis même heureuse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quel spectacle, c’est majestueux, j’ai encore jamais vu cela ! dit-il.&lt;br /&gt;- De toute l’île, c’est ici que la neige fait le plus d’effet lui dis-je&lt;br /&gt;- Je veux bien le croire, c’est très joli et merveilleux !&lt;br /&gt;- Nous repartons et lui propose d’aller voir les trois pointes : Porz doun, Penn ar land, Kadoran.&lt;br /&gt;- Nous devons faire vite car elle va fondre, elle ne dure jamais ici !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant midi, nous faisons le tour de l’île, nous ne sommes pas les seuls à profiter du spectacle et de faire des dérapages de tant à autres, nous trouvons quelques îliens avec des appareils photos.&lt;br /&gt;Je sens bien que ce n’est pas le moment de lui dire ma maladie, j’ai peur de la réponse et je sais que je trouverais l’occasion. Alors que nous sommes assis face à la baie de Béninou, il trouve un  phoque non loin du rivage, seule sa tête sort de l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comme j’aimerais vivre ici, c’est toujours un ravissement lorsque je viens !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivés à la hauteur de la plage de Yusin, je lui fais voir l’emplacement où le pétrolier s’est échoué il y a deux ans, et lui explique que la petite plage dessous, aujourd’hui toute blanche, était devenue toute noire. Son visage marqua la stupéfaction. Par la même occasion, je lui montre que la partie noire qu’il voit aujourd’hui sur les rochers au-dessus de la ligne des plus hautes marées n’est pas des restes de pétroles comme il pourrait le croire, mais un lichen marin qui vit des embruns le : « Verrucaria maura ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour chez Mamie, la neige sur Pern a déjà pratiquement fondu, demain il ne restera rien. Nous avons tellement fait de vélo que nous n’en pouvons plus… ! Et j’ai été incapable de lui dire. Parfois il a un regard plus doux, une attention plus tendre lorsqu’il arrête ses yeux sur moi en souriant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me sens subjuguée par son charme, son côté presque oriental, par sa façon de me toucher quand il me parle. Il s’exprime avec ses mains, mais à aucun moment celles-ci n’ont une autre attention que la douceur qu’elles dégagent.&lt;br /&gt;Je sens que ce ne sera pas demain que je pourrais lui parler, alors résignée, j’essaie de chasser ce désir afin qu’il ne dissimule rien d’autre que celui d’être avec lui. Après avoir posé les vélos, nous marchons sur un Ouessant feutré, ouaté, la mer est calme, nous ne l’entendons pas, l’ambiance est particulière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois chez Mamie, je pense à tout autre chose, la table est mise, la cheminée allumée, la grille installée. Après une courte inspection dans la cuisine, je découvre le menu que je connais : une salade à la laitue de mer et un petit bar pour chacun enveloppé dans des algues et cuit à la braise.&lt;br /&gt;Yann est ravi, pendant tout le repas, il parle et apprécie, Mamie lui explique les algues et ses recettes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mamie nous annonce que nous sommes invité à une visite du phare de Créac’h, et qu’elle a obtenue le privilège d’assister demain à l’allumage des lentilles.&lt;br /&gt;Cette vue de là haut est magique, surtout lorsque les autres phares de la côte s’allument à leur tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Après je te ferais connaître un jeu d’enfance, une fois la nuit je m’allongeais au sol et je fixais les lentilles, au bout d’un moment, c’est nous qui avons l’impression de tourner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai à peine fini que j’entends maman qui entre, pour venir me chercher. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’approche de la Tempête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que j’arrive à  Pern pour notre rendez-vous, je trouve Mamie et Yann dehors, ils doivent parlez météo, vu leur attitude, je m’approche et j’écoute, le regard vers le ciel, elle lui fait voir les cirrus annonciateurs d’un changement de temps car accompagnés de leurs filaments comme des barbes de chat ou des queues de jument.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu pourrais te reposer un peu, tu ne trouve pas !&lt;br /&gt;- J’aurais tout le loisir de le faire dès le 2 janvier à l’hôpital Morvan tu ne trouve pas….au mois Yann le sera maintenant.&lt;br /&gt;- A ta guise, Muriel, mais hier vous avez fait le tour de l’île en une journée…. !!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après leur avoir dit bonjour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Viens avec nous Muriel….puis elle reprend&lt;br /&gt;- Ces nuages là apportent la tempête au-dessous de nous les virgules que vous voyez vont trop vite, le nuage est comme fouetté, plus loin il devient touffu, elle montre l’horizon….Lorsque je vois cela je relève mon baromètre et dès qu’autour du soleil se forme un halo ou une couronne, je le contrôle à nouveau pour connaître sa chute. Souvent le temps devient plus doux car les vents tournent à l’ouest, alors c’est très mauvais signe, a moins de 745 il n’y a plus qu’à attendre que cela passe, il reste encore du temps pour tout rentrer et se faire livrer ce qu’il faut. Ici, je l’ai souvent vu descendre à 730 et même moins !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et comment savez-vous que cela va s’arrêter ?&lt;br /&gt;-     Vous voyez ce rocher ? C’est le Noroit,&lt;br /&gt;- Si le temps de ce côté s’éclaircit c’est terminé, Alors le thermomètre baisse à nouveau et le baromètre remonte&lt;br /&gt;- Cela parait tout simple expliqué par vous !&lt;br /&gt;- C’est une question d’expérience avec les anciens&lt;br /&gt;- Vous aimez les vents d’Ouest.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle rit et dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oh non ! Jeune homme, à l’époque de ma jeunesse nous ne souhaitons que des vents du Nord&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fixe son doigt vers le phare et dit en Breton :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Avel mat an avel nord, a zezaz pense d’ar bord  « le bon vent est le vent du nord qui amène de bon naufrages »&lt;br /&gt;- Mamie, tu ne vas pas recommencer avec ces histoires ! &lt;br /&gt;- Rassurez-vous, j’ai déjà entendu parler des naufrages d’antan…..et notre tempête, c’est pour quand et d’où ?&lt;br /&gt;- Dans dix heures environ et dans le Suroît : dit-elle sans aucune hésitation.&lt;br /&gt;- Et elle aura raison : ajouta Muriel.&lt;br /&gt;- Elle sera forte ?&lt;br /&gt;- Elle devrait si l’on regarde les nuages annonciateurs mais aussi le lever du soleil ce matin…Ne vous en faite pas, vous avez la journée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fronça les sourcils d’un air interrogatif, elle rajouta :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le peu de soleil levant était rouge sanglant…&lt;br /&gt;- Tu devrais lui lire le livre de Joe Klipffel.&lt;br /&gt;- J’en avais l’intention.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que c’est ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Muriel donna le titre « Prévoir le temps par les dictons marins »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah je veux bien, cela m’intéresse vraiment, Madame&lt;br /&gt;- Bon les enfants, je vous laisse ensemble, vous avez du temps devant vous, mais faites attention aux nuages !&lt;br /&gt;- Oui, oui Mamie&lt;br /&gt;- Et toi, Muriel, que connais-tu de la météo ?&lt;br /&gt;- Tout ce que tu m’as appris, Mamie chérie …dit-elle en partant avec Yann.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis elle lui explique à sa façon : &lt;br /&gt;Il y a une chose certaine ici, le beau temps est avec nous quand les trainées des avions disparaissent aussitôt, c’est ce qu’a dû t’expliquer ma grand-mère. Lorsque les goélands sont posés en masse sur le stade de foot de Punel, ce n’est généralement pas bon signe. Mais la tempête est déjà là quand je les aperçois…… Je repris ma respiration……Il y a aussi sur l’horizon, les longs nuages étirés gris cuivré, les moutons très serrés et le phénomène de la tôle ondulée dans le ciel. &lt;br /&gt;Ce que ma grand-mère a de plus, c’est qu’elle le voit avant tous le monde, même ceux du sémaphore….qui eux ne regardent que les instruments et le moment présent…..Elle nous prévient au bar et nous le faisons savoir aux clients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et les histoires du soleil et le matin et le soir : me dit-il&lt;br /&gt;- Tu te rappelle avec Jean-Yves, lorsque nous regardions un coucher de soleil à Porz-Doun, vous vous étiez émerveillés en voyant les rayons du soleil transpercer les gros nuages dans tous les angles et frappant la mer ? lorsqu’on avait vu un peu de soleil, il était pâle, fade et la lueur était rouge.&lt;br /&gt;- Oui, je me souviens maintenant, mais c’était très joli.&lt;br /&gt;- Certes, mais le lendemain ….au mieux il vente et il pleut, au pire c’est bon coup de tabac…Tiens regarde, la couronne se forme déjà et l’on ne voit plus le soleil….Arrête toi on va regarder le sémaphore. Tu vois, ils ont mis un triangle avec la pointe vers le bas, ce qui veut dire que le coup de vent commencera dans le Sud-ouest.&lt;br /&gt;- Il faut absolument que je lise cela chez ta grand-mère : dit-il d’un ton décidé.&lt;br /&gt;- Elle a tous les almanachs du marin breton, tu auras le temps demain : lui dis-je.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis nous continuons notre chemin vers Kadoran pour essayer de revoir le phoque.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-9083005705772346930?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/9083005705772346930'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/9083005705772346930'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/28-la-neige-lapproche-de-la-tempete.html' title='28 La neige, l&apos;approche de la tempête.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-7588501186313398470</id><published>2011-12-23T17:42:00.001+01:00</published><updated>2011-12-23T17:42:29.526+01:00</updated><title type='text'>27 Faire face.</title><content type='html'>- Je vais devoir dire à Maman que Yann était chez Mamie, avant qu’elle ne le découvre par elle-même&lt;br /&gt;- Oui il est préférable que ce soit toi qui lui annonce, bon tu te lèves on part bientôt, car à 15h il faut rouvrir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les samedis sont toujours un jour d’affluence, nombreux sont les clients pour ces premiers jours de vacances où retrouvions d’anciennes connaissances, Ce matin déjà au bar avec les insulaires les conversations allaient bon train, chacun expliquait ce qu’il faisait sur le continent et demandait des nouvelles de ceux qui étaient absents de l’île, l’ambiance était à la joie, aux retrouvailles, papa était gai, tout le monde trinquait, Aujourd’hui ce n’est pas moi qui servait, c’était maman est tout le monde lui fait la bise. L’après- midi sera tout aussi agité, il nous faut faire vite…… !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la route et avant que l’on arrive avec la 4L, j’en profite pour le lui dire, et maman qui reste sans réaction… ! Comme si elle n’avait compris, voir que cela lui importait… ! En 3mn nous y sommes déjà…. ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mamie est dans sa cour avec les poules, nous entrons directement, Mamie ne semble pas surprise, nous installons toues les quatre autour de la table, mamie me dit d’entrée tu réalise un peu…. ! Je me rends compte qu’elle sait, Corinne est aussi surprise que moi, maman a du lui téléphoner, elles sont tellement complice qu’avec elle le mensonge n’est pas de mise, mamie me regarde sévèrement et me dit &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Merci de m’avoir pris pour une courge&lt;br /&gt;- Alors là non Mamie pas du tout seulement je ne l’avais plus en tête et puis cette saleté ne fait pas partie de moi…lui dis-je un peu sèchement, je ne voulais plus me laissé faire comme petite fille.&lt;br /&gt;- Tu n’a vraiment pas l’air de te rendre compte, tu as perdu deux mois de traitement, il ne faut plaisanter avec ça. Moi qui te croyais adulte tu me déçois   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman prend la parole est me demande qui c’est ce Yann, j’aurai quand même pu savoir non, tu ne crois pas… ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais maman je suis une jeune femme, je peux bien avoir des amis avec qui j’aime partager des loisirs&lt;br /&gt;- Et pour combien de temps&lt;br /&gt;- Huit, dix jours.&lt;br /&gt;- Dix jours non car tu seras déjà à l’hôpital Morvan à Brest&lt;br /&gt;- Heureuse de le savoir…. !&lt;br /&gt;- Tu crois quoi que tu va rester ici avec ce que tu as, ce n’est pas une angine ma petite.&lt;br /&gt;- Et c’est Mamie qui ira avec toi, elle logera dans l’appartement.&lt;br /&gt;- Bon qui c’est ce Yann : dit encore maman&lt;br /&gt;- Mais rien maman je ne l’ai même pas embrassé, et tu crois que j’ai envie de me faire caresser la poitrine… !&lt;br /&gt;- Bon il reste chez mamie, ont va pas le virer, mais je veux que tu dormes à la maison&lt;br /&gt;- Et pourquoi&lt;br /&gt;- Tout simplement par correction vis-à-vis de ta grand-mère et de nous aussi&lt;br /&gt;- De quoi ta peur ?&lt;br /&gt;- Je n’ai peur de rien, je te demande d’avoir de la correction&lt;br /&gt;- Mais maman tu ne vas pas être comme papa&lt;br /&gt;- Pourquoi t’irrites-tu s’il n’est qu’un ornithologue.&lt;br /&gt;- Parce que tu ne me fait pas confiance.&lt;br /&gt;- Dis-toi bien Muriel que si ton père sait que ta grand-mère loge un de tes amis et que tu y couches, c’est encore moi qui vais prendre.&lt;br /&gt;- Vous êtes une drôle de famille, vivement que je parte d’ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un long silence entre nous…que je ne pouvais plus faire durer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et si nous nous aimons ? lui dis-je sèchement&lt;br /&gt;- Cela ne se passerait ni ici, ni à Pern. Je te demande d’être discrète et tu es en âge pour le comprendre&lt;br /&gt;- Je le comprends, mais je suis aussi assez sérieuse pour dormir dans une maison sans me retrouver dans un lit automatiquement….on croirait que tu me prends pour une….&lt;br /&gt;- Je ne te prends pour rien de cela, je te demande de le comprendre vis-à-vis de ton père et de l’île, avec toutes ces commères derrières leurs rideaux.&lt;br /&gt;- Je vais te dire ce que j’espère, c’est partir avec lui sur le continent, ici, je commence à étouffer entre la peur du « qu’en dira t’on » et la vie que papa nous fait subir.&lt;br /&gt;- Sur ce point là je suis d’accord avec toi….dis-moi franchement, qu’as-tu comme expérience avec les garçons ?&lt;br /&gt;- Si c’est pour ce que tu penses, absolument aucune et j’espère bien que cela m’arrivera un jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman et mamie se mise à rire, elle me prit dans ses bras, et je me mise à pleurer comme une gamine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je te le souhaite&lt;br /&gt;- Maman je t’aime&lt;br /&gt;- Ce n’est donc pas pour lui que tu as loupé tes chimios&lt;br /&gt;- Je ne le connaissais même pas. &lt;br /&gt;- Il faut avant que tu te soigne et tu verras après &lt;br /&gt;- Cà commence à me faire peur cette maladie &lt;br /&gt;- Je l’ai vu mon petit oiseau des îles. C’est pour cela qu’il faut que tu gardes la tête froide, ne gâche rien, laisse nous faire, laisse faire les choses, elles viendront toutes seules, aller, essuie tes larmes, aller il faut repartir. Ça va être l’heure d’ouvrir. Je reviens te chercher ce soir vers 17h30. ok.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 15h le bourg prend vite son animation des grands jours, il en sera ainsi jusqu'à environ cinq heures du soir et dès que la nuit commencera à tomber, petit à petit, la rue centrale retrouvera le calme vite son calme avec la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne repart avec maman. Elle me fait un bisou et clin d’œil accompagné de son sourire habituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au même instant à Pern…Yann s’était réveillé de sa sieste, il ne savait pas combien de temps il avait dormi mais peu importe car ici le temps n’as pas la même valeur, surtout aujourd’hui !&lt;br /&gt;Pour revenir chez claire, il ne prit pas au plus court, il longea le bord de mer par la pointe de Pern et remonta jusqu’au fort de Trébéchou, puis de là, il coupa à travers champs jusqu'à la maison de Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après leur départ Claire et Muriel resta dehors le temps était doux, elles ce sont assise sur la meule du moulin :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mamie je m’excuse jamais je n’ai voulu te prendre pour une courge, j’ai juste chassé cette saloperie de ma tête et j’avoue y avoir bien réussi, si j’avais voulu le faire exprès je n’aurai pas mieux fait. &lt;br /&gt;- Mais pourquoi, &lt;br /&gt;- Je ne sais pas Mamie, mais ce n’est pas à moi, même si c’est dans moi, je l’ai complètement occulté. &lt;br /&gt;- Muriel il te faut la chasser n’on pas avec ta tête, mais avec des médicaments sinon c’est elle qui va te ronger jusqu'à la mort. Tu comprends cela, &lt;br /&gt;- Mais oui je le comprends. &lt;br /&gt;- Et j’irai te voir tout les jours.&lt;br /&gt;- Tu ne seras jamais seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant de temps Yann arrive devant le portail, tout en parlant Claire avait commencé à soigner ses rose de Noël, elle les désignait après que Yann lui eut posé la question, ils restaient tous les deux debout à admirer son parterre de pelouse où il ne restait guère de fleurs à cette époque de l’année&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Qu’as-tu observé : lui demanda Muriel&lt;br /&gt;- Rien de particulier, sauf que depuis deux jours, je sieste…. !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire leur proposa un thé, avant de rentré Yann scruta le ciel afin de voir de lire les nuages, il avait l’air satisfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle t’a appris à lire les nuages… ! &lt;br /&gt;- Oui, et j’aime bien, c’est vraiment très sympa de comprendre la météo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu’il était dans sa chambre, l’odeur du café au lait avait envahi la maison, à ce stade, on ne pouvait plus parler d’odeur, mais d’un parfum et il éprouvait de la joie en l’humant. Il y retrouvait là un peu de la vie de famille car il lui arrivait encore souvent d’aller chez sa grand-mère et comme chez Claire il y a aussi une grande boite en fer pleine de biscuits, les éternels petits beurs. Cela même où dans chaque paquet il y avait un drapeau en fer où il était écris derrière le nom de la capitale, la monnaie, le nombre d’habitants etc…. !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A table, c’est elle qui commence la discussion, Yann sentit qu’elle voulait lui tirer les vers du nez, il comprenait son comportement vis-à-vis de sa petite fille aussi il n’en rajouta pas. Il lui dit son ravissement pour Ouessant, sa passion pour les oiseaux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Est-ce que Ouessant n’a pas le pouvoir de renforcer les passions…. ? je suis venu pour rendre visite à Muriel, avec qui je partage la même passion et si possible voir une tempête… ! mais….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors là à Ouessant une tempête peu venir très vire…..ajouta Muriel.&lt;br /&gt;      &lt;br /&gt;Le Téléphone sonna, Yann fit un ouf en douce à Muriel, elle sourie. &lt;br /&gt;Dehors la nuit commençait à enveloppé la lande, les rayons dansaient et percés l’obscurité au dessus des maisons de Loqueltas. En allant se perdre dans l’horizon.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-7588501186313398470?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7588501186313398470'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7588501186313398470'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/27-faire-face.html' title='27 Faire face.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-9057491135570822823</id><published>2011-12-22T17:50:00.004+01:00</published><updated>2011-12-26T01:58:48.014+01:00</updated><title type='text'>26 L'arrivée chez Claire.</title><content type='html'>Yann, n’est pas renté tout de suite, il est allé voir le vieux moulin dont il ne reste que le fût de pierre circulaire, en son centre une grosse barre de fer dépasse encore, c’est autour d’elle que la meule tournait, la pierre est dans sa cour, elle sert de socle pour les pots de fleurs et à sa place c’est la mauvaise herbe qui l’a remplacé, même pas une gerbe de blé sauvage qu’elle triste fin pour un moulin qui donnait le pain…Vu la dimension du socle il ne devait pas être très important, peut-être une mètre cinquante de haut et autant de diamètre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Flânant encore son regard vers les rochers, vers la mer,  il entra doucement et n’avait d’yeux que pour cette maison comme un chat qui découvre son nouvel univers. Claire lui avait précisé que chez elle on se déplace uniquement en chausson, elle avait tendu une paire béguens, il s’y était immédiatement conforté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En lui faisant voir sa chambre, elle lui avait dit l’heure du repas, il eu assez de temps pour ranger quelques affaires dans un mobilier simple style des années cinquante, il avait eu le plaisir de retrouver un lit à cosy, certes il lui fallait avoir des nuits tranquilles…car le lit était juste d’une personne, après s’y être allongé, il l’avait trouvé confortable surtout sur ce gros édredon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vraiment une chambre de grand-mère pensa t-il, son armoire aux portes bombées il y en des tonnes aux puces. Non la glace n’est pas sale, elle juste piquée de partout, à l’intérieur les couvertures sentent bon la naphtaline, après y avoir placé ses vêtements en fermant il découvre deux motifs sculptés sur les portes….Un oiseau sur une branche…il rit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le réveil sur le cosy était à l’heure, elle avait donc tout préparé, même le lit était fait. Après y avoir placé ses livres, il vu que c’était l’heure. Ne sachant guère où aller, il se dirigea en écoutant les bruits, le petit couloir le conduisait vers la grande pièce meublé très chaudement et dans un style intimiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au vu du nombre de tableaux, bibelots, fauteuils, des livres partout y installer autre chose pouvait devenir très compliqué. Ce qui le surprenait le plus, c’était la pile de livre. Le meuble sous une des fenêtres en était submergé à tel point qu’il n’était plus possible de l’ouvrir… !&lt;br /&gt;Comme dans toutes les maisons de Bretagne, il y a l’éternelle cheminée, sur la poutre encore des livres, une bible toute seule sans livre dessus et plein d’autre chose un peu partout, et au dessus encore un Christ en bois avec sa branche de buis &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire en sortant de sa cuisine lui dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est bien vous êtes à l’heure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann comprit que claire avait quelques principes, les chaussons, la ponctualité…il pensa que pour les oiseaux la ponctualité ce n’est pas facile à respecter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pour ce premier repas, j’ai fait simple de la purée avec un œuf….Cela vous plait-il ? &lt;br /&gt;- Cela est parfais madame&lt;br /&gt;- Appelez moi Claire, il vous faudra prendre les coutumes locales, c’est bien plus pratique car de nombreuses familles ont le même nom, vous vous en apercevrez si vous aller au cimetière.&lt;br /&gt;- Je m’en suis déjà rendu compte car nous fréquentons beaucoup le cimetière d’Ouessant à cause des arbres, et pour aller dans Prad Meur c’est là ou les oiseaux sont presque les plus nombreux.&lt;br /&gt;- Vous connaissez déjà Prad Meur, oui c’est la deuxième fois que je viens à Ouessant et Prad Meur est incontournable, j’ai aussi vu beaucoup de Malgorn, Le Gall, et Tual.&lt;br /&gt;- Avez-vous un régime, êtes-vous difficile ?&lt;br /&gt;- Non, non rein de tout cela….répondit-il timidement.&lt;br /&gt;- Ah c’est bien votre mère vous a bien élevé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann ne répondit pas car à son ton tellement ferme et approbateur, qu’aurait-il pu dire ? et comment lui expliquer l’absence d’une mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Aimeriez vous découvrir quelques plats de notre cuisine locale, mais aussi quelques-uns des miens ?&lt;br /&gt;- Volontiers, cela me ferait même plaisir et me changerait de la cuisine sans caractère du resto U de Rennes avec trop souvent son steak fris et poulet petit pois.&lt;br /&gt;- Aimez-vous les algues ?&lt;br /&gt;- Je ne sais pas…..mais j’aime découvrir de nouveaux goûts, pourquoi pas….dit-il avec le sourire&lt;br /&gt;- Vous devez avoir faim après deux heures et demie de bateau.&lt;br /&gt;- Je suis surtout fatigué, car j’ai pris le train de nuit à Rennes.&lt;br /&gt;- Me permettez-vous d’être curieuse….ne sachant quoi répondre il dit oui par obligation&lt;br /&gt;- Vous me parlez de resto U et de Rennes, vous y faite quoi. ?&lt;br /&gt;- Je suis en biologie animale, en espérant aller jusqu’en thèse, c’est bon but et je pense en être capable vu que cela marche bien pour l’instant.&lt;br /&gt;- Et après&lt;br /&gt;- Je ne suis pas capable aujourd’hui de vous donner de réponse, j’aurais bien des opportunités en fin d’études.&lt;br /&gt;- Je crois qu’un bon avenir est devant vous, jeune-homme ! vous avez l’air de savoir ce que vous voulez faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann sourit, pendant tout le repas ils parlèrent ensemble, puis est arrivé l’instant du dessert, le seul qu’elle lui proposa était son flan aux algues, tout en le mangeant il fit la différence avec ceux de ses grands-parents fait avec des œufs et caramélisés au four….il le trouva très fade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le café et la vaisselle faite ensemble, Yann pris congé et avec ses jumelles, il marcha dans la lande à travers les hautes herbes et la fougère en évitant les massifs de ronces, quelques lapins surpris, quelques pipits dérangés, des moutons aux regards craintifs accompagnaient son trajet jusqu'à la grève, plus il avançait, plus le parfum de celle-ci était présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franchissant la dune de galets de Porz Nenv, il était devant l’immensité océane, seul avec le bruit du brisement des vagues, Assis, paisible, serein, se nourrissant de la puissance qui se dégage de l’élément marin, comme les autres occupants de ce lieu, des goélands posés face aux vents sur les rochers ou longeant le littoral dans un vol tranquille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans éprouver d’ennui, il lui semblait qu’il pourrait y rester des heures, il s’allongea après s’être fait un lit de galets et s’endormit surement dans des rêves de liberté retrouvés…. ! Le lendemain se passa ainsi, il en est comme cela depuis la nuit des temps, Pern est juste un lieu de rêverie, de flânerie depuis que la culture y a disparue.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-9057491135570822823?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/9057491135570822823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/9057491135570822823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/26-larrivee-chez-claire.html' title='26 L&apos;arrivée chez Claire.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-7736989745761310496</id><published>2011-12-22T12:43:00.011+01:00</published><updated>2011-12-22T13:35:14.135+01:00</updated><title type='text'>25 L'explication.</title><content type='html'>Alors que je me réveille, j’entends déjà du bruit, je jour n’est pas comme d’habitude, je regarde l’heure, 9h, affolé je saute du lit et je m’habille vite pour descendre, j’ai déjà une heure de retard, et je ne comprends pas pourquoi papa n’est pas venu tapé à la porte. Puis je réalise que maman doit-être dans le coup, enfin je ne tarde pas et j’arrive vite en bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papa me prend délicatement la joue et me demande si j’ai bien dormis, est il me dit va déjeuner tranquillement, maman arrive et me dit sèchement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ta bien compris, tu as assez fait de connerie maintenant tu me laisse faire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis elle m’embrasse tendrement, en me demandant comment je vais, lâchement je ne dis rien, je suis entre la révolte de plus rien contrôler et presque soulageais de ne plus affronter ma maladie, j’ai presque envie de leur donner et qu’ils s’en occupent eux même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne arrive et m’embrasse presque gêné de m’avoir dénoncé, je sens son malaise, je ne la regarde à peine, aucune des deux ne parle la première….elle passe derrière moi et me dit tu sais que je t’aime au moins, je penche la tête en arrière, et elle m’embrasse, je ne lui dis rien d’autre, j’ai comme un soulagement, d’évacuer ce poids avec elle. Je suis comme à plat sans presque plus de jus, ne contrôlant plus rien. C’est un sentiment bizarre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais au comptoir et maman me demande de m’occuper de la presse, c’est alors que je réalise, mais comment cela se passe à Pern… ! Je me dis qu’il y a cela, aussi, et puis je n’ai pas encore envie de m’en occuper, on verra bien…la matinée se passe entre les clients, tout va presque trop vite, trop bien une étrange chose se passe en moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois le repas terminé je me retrouve seul avec Corinne, et je lui demande des explications :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais je peux savoir qui t’en a parlé ?&lt;br /&gt;- Bah Josée qui veux-tu d’autre !&lt;br /&gt;- Et quand ?&lt;br /&gt;- Chez elle à Paris.&lt;br /&gt;- Tu as étais à Paris… ?&lt;br /&gt;- Oui, je ne voulais pas te le dite et je ne suis pas allé à Brest pour quelques jours, Lorsque Josée a reçu ta lettre sans que tu ne lui parle un seul instant de ta maladie, elle tout de suite comprit que tu l'occultais, et m’a demandé de venir le plus tôt possible, ce que j’ai fais, elle voulait même le dire à maman, c’est moi qui lui dit, non j’arrive. Je te signale qu’elle a fait lire la lettre au médecin, et c’est lui qui a compris, il parait que c’est un classique… ! En tout cas Josée a fait avec lui de qu’il fallait auprès de l’hôpital de Brest, tu ne seras pas dépaysé ce n’est pas loin de l’UBO.&lt;br /&gt;- Et comment cela va se passé ?&lt;br /&gt;- Je pense d’après ce que j’ai pu comprendre que cela ne t’appartiens plus, Maman a du passé plus d’une heure au téléphone, avec Josée mais aussi les médecins, j’espère pour toi qu’il ne sera pas trop tard… T’as vraiment du pot que Papa n’a rien soupçonné. Tu as pris une bonne paire de gifle en tout cas…&lt;br /&gt;- Je n’ai pourtant rien senti, j’ai été plus surprise qu’autre chose, je me demande même si je l’attendais quelque part, c’est bizarre….et tu ne sais pas tout….J’ai un ami ornitho qui loge chez Mamie.&lt;br /&gt;- Le mec que j’ai vu…..et pourquoi chez Mamie ? &lt;br /&gt;- Pourquoi pas ?&lt;br /&gt;- C’est ton chéri ?&lt;br /&gt;- Non pas vraiment, mais je l’aime bien comme copain, et il est ornitho&lt;br /&gt;- Maman le sait ?&lt;br /&gt;- Non je ne pense pas encore&lt;br /&gt;- Putain tu les collectionnes les unes après les autres, je crois que tu vas pouvoir faire une croix sur tes oiseaux, et surement sur lui aussi. D’ailleurs Maman, veux aller chez elle en début d’aprèm.&lt;br /&gt;- Elle ne sait rien, non pas encore, rassures toi je pense qu’elle a son idée, elle va faire comme pour papa&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu'elle lui a dit. ?&lt;br /&gt;- Tu dormais ce matin, et au petit déj avant d’ouvrir, elle lui a expliqué qu’elle m’a envoyé à Paris pour aller cherché la réponse des examens que tu avais fait et qu’elle ne lui en avait pas parlé avant qu’elle n’y croyait pas elle-même, et qu’avoir une boule aux seins, c’est pas forcément grave.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu’il a dit ?&lt;br /&gt;- Il a pleuré.&lt;br /&gt;- Notre père a un cœur….je n’y crois pas…!&lt;br /&gt;- Mumu, je crois que tu y va un peu fort….c’est vrai que je ne l’avais jamais vu pleuré.&lt;br /&gt;- A choisir je préfère son amour que sa pitié, au moins il va me lâcher la grappe.&lt;br /&gt;- Tu es chié de dire ça.&lt;br /&gt;- Bah quoi, il faut que j’ai un cancer pour attendre de lui de la gentillesse, &lt;br /&gt;- Il n’y que toi qui dit le mot de cancer… !&lt;br /&gt;- Corinne, lorsque que l’on t’envoie faire de la chimio…c’est bien pour cela quand même, pas toi aussi.&lt;br /&gt;- Mais pourquoi n’avoir rien dit même à moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle éclate de rire…. !&lt;br /&gt;- Ma petite Corinne, jamais tu n'aurai pu garder cela pour toi ! et si je te l’avais dit, je l’aurai aussi dit à Maman et puis oui j’y ai pensé, je voulais même le faire….et je ne le sais même pas moi-même…dès que j’ai été sur l’île cela m’est complètement sortie de la tête, je n’ai même plus touché à ma poitrine sauf avec un gant de toilette, je ne voulais plus en entendre parlé, je l’avais même chassé de ma tête, et puis ce n’est pas comme une rage de dent….cela ne fait pas mal. Même lorsque j’ai écris ma lettre à Josée je n’y ai pas pensé, sincèrement……j’ai honte pour Mamie, elle tant confiance en moi&lt;br /&gt;- T’inquiète elle ne sera rien&lt;br /&gt;- Mais quand même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te laisse Corinne j’ai faire un coup de sieste….Une fois seule la pression est trop forte je ne peux contenir mes larmes….Je métrise plus rien, mais je refuse encore de toucher cette poitrine qui m’a trahi, pourquoi me fait elle cela, pourquoi moi…..je sens le sommeil m’envahir je me tourne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-7736989745761310496?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7736989745761310496'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7736989745761310496'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/25-lexplication.html' title='25 L&apos;explication.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-4341144101380579647</id><published>2011-12-21T23:05:00.002+01:00</published><updated>2011-12-21T23:11:40.137+01:00</updated><title type='text'>24 La venue de Yann.</title><content type='html'>Ce matin n’est pas comme les autres, beaucoup de gens vont arriver avec le bateau pour ce premier jour de vacances, tous les scolaires seront de retour sans exception, mais aussi un grand nombre de ouessantins vivant sur le continent. Pour ces fêtes il y a un retour sur l’île aussi important que pour les fêtes de Toussaint, car il s’agit bien d’un retour et non d’une visite comme en été, à cette époque rare sont les vacanciers !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces jours là, il y a toujours une ambiance particulière comme une atmosphère d’excitation, L’îlien vient plus tôt pour faire ses courses et perd moins de temps. Beaucoup s’interpellent pour demander aux uns et aux autres si un des membres de la famille vient. C’est aussi un peu ma façon de demander des nouvelles de ceux qui ont dû partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les affaires d’hier ne comptent plus, toute l’île est concentrée sur l’arrivée de l’Enez. J’aime ces jours, même s’ils ne me concernent pas car l’île s’anime, elle vit, elle grouille, elle bouge enfin, tout le monde devient gai, nous sommes tout sourire, il y a même quelque chose de plus dans la façon de se vêtir comme si on recevait pour un jour de fête. Toutes ces matinées sont ainsi, nous sommes pris par la fièvre des retours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette douce euphorie générale, j’ai quelque chose à voir, je suis concerné puisque Yann arrive aussi et je suis sur le quai avec les autres, avec la même pudeur afin de ne pas trop faire voir sa joie, mais avec la même émotion intérieure, forte et intense, car nous sommes ainsi, sans exubérance, et dans l’attente tout le monde parle avec tout le monde, d’autant plus que la mer est calme. C’est un grand soulagement de savoir que la traversée se fera dans de bonnes conditions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attendre dans cette ambiance passe malgré tout assez vite et la vue du bateau arrivant derrière la pointe d’Arland est une joie et non un soulagement. Encore quelques minutes et tout un chacun s’en retournera avec les siens, heureux de se retrouver en famille. Ainsi va Ouessant depuis bien longtemps, l’effervescence de ce matin dans le bourg s’est déplacée sur le port du Stiff et s’évaporera à nouveau. L’après-midi les arrivants iront à Lampaul pour quelques emplettes afin de reprendre contact avec l’île, c’est un rite immuable à la vie sur Ouessant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques manœuvres habituelles que les marins exécutent avec une certaine routine, l’Enez est bien immobilisé à quai et juste devant l’échelle, car c’est marée basse et tout le monde devra y monter, encore un problème de plus pour les mamans avec les enfants. Comme tout le monde ici, je cherche le visage que j’attends, j’essaie de croiser son regard pour un premier signe de la main, un premier contact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fur et à mesure du débarquement, chacun de nous va à la rencontre de l’arrivant, c’est mon tour, mais je me sens frustrée car il ne m’est pas possible de l’embrasser sinon toute l’île le saura et papa aussi, alors je lui tends la main, et c’est lui qui me tend la joue, l’honneur est sauf, tout le monde se doutera que Yann n’est rien de plus qu’un ornithologue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis vient le tour de Corinne, alors là, nous nous prenons dans les bras, nous nous embrassons, nous nous donnons la main, nous rions et parlons sans fin, je lui présente Yann, je l’informe qu’il dormira chez Mamie et qu’elle ne dise rien à papa. Je l’accompagne au car en lui disant qu’elle prévienne Maman que j’arrive pour le repas, le temps de l’accompagner.&lt;br /&gt;Sur le chemin qui nous mène à Pern en vélo, lui harnaché de son sac à dos, moi avec son sac sur mon porte-bagage, nous parlons du voyage, des quelques oiseaux présents sur l’île et de la durée de son séjour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons de la chance, te temps est avec nous, pas de vent ou si peu, même si le soleil n’est pas là, le temps couvert reste calme. J’ai pris par Ker Héré pour lui éviter les côtes mais aussi  le bourg, ainsi l’on retrouvera la route à Mez ar Reun, sans aucune côte. Sur la plateau de Parluc’hen Yann est subjugué par cette rare beauté du phare du Créac’h sur fond de mer et le passage des bateaux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est magnifique, c’est la vue que je préfère d’Ouessant, c’est ici que j’aimerai avoir ma maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je le comprends ! Tout en l’approuvant nous continuons, il a le regard partout sauf devant lui, heureusement que nous ne sommes pas en voiture sinon je crois que nous aurions mordu les fossés ! Bien qu’il ait les jumelles autour du cou, il ne regarde pas les oiseaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Que dit le temps pour demain ?&lt;br /&gt;- Pour cela, il va falloir que tu le demande à ta logeuse…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’un ton curieux, il me demande&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle s’y connaît si bien&lt;br /&gt;- Même plus que bien, si tu me permets de m’exprimer ainsi, tu t’en rendras compte toi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sourit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- cela m’intéresse beaucoup,…. Je vais pouvoir apprendre à lire le ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann est déjà manifestement heureux de découvrir un peu plus Mamie, Alors que nous sommes prêts à tourner vers chez elle, je la vois revenir du bord de mer, elle marche sur le chemin, je me demande ce qu’elle a bien pu faire sur la grève car elle ne peut qu’en revenir. Qu’aurait-elle été faire d’autre sinon ramasser je ne sais quoi ! Je fais signe à Yann de s’arrêter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mamie revient de la grève, qu’est-ce qu’elle a encore eu besoin de cueillir ?&lt;br /&gt;- Je te trouve bien dure avec elle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la façon dont il me cela, je me sens obligé de lui donner des explications.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce n’est pas que je sois dure, mais elle a encore de vieilles manies d’autrefois, elle va ramasser du bois d’épave ou des algues&lt;br /&gt;- C’est interdit…, ?&lt;br /&gt;- Absolument pas, mais j’ai toujours peur qu’il lui arrive quelque-chose.&lt;br /&gt;- Et quoi ?&lt;br /&gt;- Qu’une vague plus forte l’emmène.&lt;br /&gt;- A l’âge qu’elle a, elle doit savoir ce qu’elle fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne lui ai pas répondu, d’ailleurs quoi répondre, il avait peut-être raison. Elle arrivait avec le sourire et je ne me sentais pas le courage de lui en faire le reproche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes déjà là ! C’est bien, vous avez eu une belle mer !....Vous avez fait bon voyage ?&lt;br /&gt;- Oui, même un peu trop calme, mais enfin pourquoi s’en plaindre, comment allez vous madame,&lt;br /&gt;- Bien comme vous voyez, mais pas aussi bien que vous….oh non…c’est beau d’être jeune…..je ne vous tends pas la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps elle me tend les sacs…..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais Mamie qu’as-tu trouvé comme trésor sur cette foutue grève ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en s’embrassant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu vas lui faire manger tes algues ?&lt;br /&gt;- Oh pas de force, il aura le choix, il est assez grand.&lt;br /&gt;- Mais pourquoi ce bois, tu n’en a pas assez ?&lt;br /&gt;- Si mais je n’allais pas le laisser sur place, c’est très bien pour allumer le feu, ça sert toujours ! vous avez de la chance Yann, le temps semble tenir pour quelques jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensemble, ils parcourent les quelques dizaines mètres sur le chemin bordé des murettes, les champs sont envahis de fougères et de ronces. Les moutons entretiennent encore quelques îlots herbeux. Ce n’est que devant la porte de la cour que je les embrasse pour vite rejoindre la Penn ar Bed. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes essoufflée, enfin j’arrive juste à temps, Corinne est là qui m’attend d’un ton presque agressif elle me reproche d’avoir loupé ma dernière séance de chimio, je lui demande de ce taire, car maman arrive…..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourquoi tu ne veux pas que j’en parle devant maman ?&lt;br /&gt;- Je ne leur ai rien dit.&lt;br /&gt;- Tu es complètement cinglée m’a pauvre sœur…et pourquoi&lt;br /&gt;- J’ai envie de vivre&lt;br /&gt;- Vivre….mais tu ne va pas faire long feu&lt;br /&gt;- Et mamie ?&lt;br /&gt;- Rien non plus&lt;br /&gt;- Non mais tu es malade&lt;br /&gt;- Bah oui, et qu’est-ce que cela va changer ?&lt;br /&gt;- Te faire soigner&lt;br /&gt;- Si à vingt ans j’ai déjà un cancer, de toute façon je vais ne pas faire long feu. Si tu veux bien on n’en reparlera plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute l’après midi je sans Corinne tendu et prête à lâcher le morceau à maman, heureusement nous avons des clients maman est très occupée, et Corinne part en balade….l’étreint se ressert je ne sais pas comment je vais pouvoir tenir, je me palpite, ma boule est toujours là, je l’avais oublié et je ne voulais plus les toucher, je l’avais presque oublié, même oublié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le repas du soir nous sommes ensemble heureuse, puis tout d’un coup Corinne éclate en sanglot…..je ne comprends pas pourquoi….et elle lâche maman Muriel va mourir…. ! Maman me regarde complètement ébahi… la salope elle m’a piégée me dis-je de suite….sans comprendre son cri de détresse, son désespoir, ces sanglots sont des convulsions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais je peux vous comprendre toutes les deux.&lt;br /&gt;- Maman j’ai un cancer du sein….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne lui dit depuis le mois de Septembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et tu me m’a rien dit….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans que je les ai vu venir, je me suis ressues une paire de gifle, qui m’a cloué sur place, je ne me rappel même plus de la dernière. Je n’ai même pas eu envie de pleurer, et je lui ai tout expliqué, que j’ai découvert cela cet été, que j’en avait parlé à Josée qui aussitôt m’avait envoyé chez le père d’une de ses collègues de travail, et que quelques jours plus tard, je savais, et j’avais demandé à Josée de ne rien te dire, pour te l’annoncé moi-même, et puis je n’ai pas eu le courage, je n’ai même pas ouvert la lettre pour l’hôpital de Brest, que le médecin de Paris voulait que je commence du suite….etc….etc…que je ne voulais plus en entendre parlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais je suis ta mère quand même, pourquoi ne rien me dire&lt;br /&gt;- Je ne voulais pas partir d’ici&lt;br /&gt;- Et Mamie….&lt;br /&gt;- Elle ne sait rien non plus&lt;br /&gt;- Elle va être heureuse de savoir ton mépris pour nous.&lt;br /&gt;- Quel mépris…. ! je vous aime, et puis j’ai le droit de vivre normalement&lt;br /&gt;- Heureusement que ton père est aux encornets….comment je vais rattraper le coup maintenant ? Non mais tu crois que je n’en ai pas assez comme cela….Ma fille qui refuse de voir la réalité…même devant sa maladie….Il va bien quand falloir te prendre un jour en charge tu ne crois pas….Je te demande une chose tu ne dis plus rien et tu me laisse faire, ou alors tu t’arrange avec ton père et Mamie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après encore quelques mots, je décide d’aller me coucher, nous embrassons toutes, il est tard, on verra demain me dis-je.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-4341144101380579647?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4341144101380579647'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4341144101380579647'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/24-la-venue-de-yann.html' title='24 La venue de Yann.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2311304786801650001</id><published>2011-12-21T10:16:00.007+01:00</published><updated>2011-12-21T10:58:33.507+01:00</updated><title type='text'>23 Le retour à Loc Gweltas.</title><content type='html'>Depuis quelques jours j’ai changé de rythme, le soir je me rends chez Mamie, ainsi le Penn ar Bed n’est plus uniquement à la fois mon lieu de vie et mon travail. Couper ce lien m’est utile et salutaire même si le parcours en cette période se fait toujours de nuit en soirée et au jour naissant le matin. Mamie est heureuse de me retrouver le soir, elle m’attend pour le repas, dès que j’arrive, elle éteint la télé, elle me presse de questions : Qui est venu aujourd’hui ? Comment va-t-il ? As-tu des nouvelles d’un tel ou de l’autre ? Alors qu’est-ce qui c’est passé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis pour elle le lien avec l’autre partie de l’île, je suis son « Télégramme », pourtant elle le lis. Elle doit attendre l’heure de mon retour avec impatience et je crois qu’elle serait vite inquiète de mon absence. Les trois km qui nous séparent du bourg ne sont rien en mobylette ni même en vélo, sauf les jours de vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir le temps est sans vent, j’ai pris le vélo afin de ne pas toujours lui prendre sa mobylette car mon père profitant du temps calme, ira cette nuit à la cale du Stiff pêcher l’encornet. Volontairement je n’ai pas mis la dynamo et je roule sans lumière, seul les rayons du phare du Créac’h au moment de leur passage diffusent une lueur tout à fait suffisante pour éclairer la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois un court moment, je suis éblouie par un faisceau, surtout vers Parluc'hen, car toutes les lentilles ne sont pas réglées au même niveau d’horizon, certaines sont plus basses que d’autres, J’aime profondément le ballet des rayons dans l’obscurité. Chaque soir ou presque à chaque fois que je le peux, je profite du spectacle qui m’est offert, je me dis, même si l’on s’habitue à tout, ne plus voir la nuit me manquerait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque la route est dans son prolongement, elle brille de ses reflets, notre île est toujours très sombre, il n’y a pratiquement pas d’éclairage urbain, c’est heureux car l’on peut aussi, mieux voir les étoiles, La nuit n’est pas inquiétante, elle est féerique à condition d’être dehors ce soir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nuits de tempête, les veuves de marins redoutent le vent car il leur parle, il réveille des souvenirs en sifflant sous les portes, dans les fenêtres, s’infiltrant jusque dans les chambres, infernal, endiablé, terriblement insupportable, il est là sans répit à rappeler les terribles circonstances des naufrages de leurs maris. Son lit clos renforce l’angoisse, c’est pour cela que je n’y dors plus. Maintenant j’affronte les nuits de tempête, je ne ferme même plus les volets afin que la lueur rentre dans la chambre et qu’elle éclaire le ruissellement de la pluie sur les vitres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit est noire et froide, elle glace les esprits, la nuit des phares est vivante, elle rassure et le vent sifflant ou hurlant n’a plus d’autre effet que celui de pousser obliquement les gouttes s’écoulant des vitres de ma fenêtre. Nonchalamment je continue ma route, je n’ai pour compagnons que quelques lapins sprintant à mon arrivée et des fenêtres allumées où derrière les rideaux se meuvent quelques familles, il n’est pas encore huit heures et toute l’île est chez elle. Heureusement que le phare tourne, sinon ce serait vraiment lugubre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je quitte les dernières maisons de Loc Gweltas pour l’unique maison habitée de Pern, au loin la lueur me fait entrevoir la villa des tempêtes, cette célèbre maison du livre « La mer » de Kellerman. Jadis, existait dans ce lieu une corne de brume à piston, actionnée par un manège de deux chevaux ouessantins, aujourd’hui, il ne reste que des ruines et la race de chevaux s’est éteinte comme la race de vache et bientôt celle des moutons si cela continue !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même nos phares en mer risquent d’être désertés, des études sont en place pour remplacer les hommes, depuis la réussite du phare de Nividic, je tiens cela d’un client ingénieur aux pharbal, ce sera dans 10 ans, mais qu’est-ce que 10 ans… !! Il m’est difficile de penser que derrière ces feux, il n’y aura que des machines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme chaque soir Mamie a allumé la lumière dans la cour, j’ouvre la porte et j’entre dans un autre monde, en effet, celle-ci à peine ouverte, je savais déjà quelle serait la nature du repas : Des crêpes. Tout en me déchaussant, assise sur le fauteuil près de la porte d’entrée, je remarque que la lumière est plus douce, plus orange, aussitôt je me demande pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonsoir Mamie, c’est moi&lt;br /&gt;Je l’entends vaguement répondre sans comprendre exactement, peu importe ! Plutôt que les chaussons, j’ai choisi les béguens car j’ai perçu une musique peu habituelle, ce n’est pas la télé, c’est bien un disque et je crois d’Alan Stivell son chouchou, depuis qu’elle l’a vu en concert, elle va user le disque ! Fini les Servat, Gweltas, Gwernig, pourtant ce dernier porte le nom de son père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès que j’entre dans sa Penn brao, tout en m’exclamant d’émerveillement, je prends Mamie dans mes bras et je l’embrasse plus que d’habitude tout en lui disant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais pourquoi Mamie ?&lt;br /&gt;- C’est la sainte Azénor.&lt;br /&gt;- Et alors ?&lt;br /&gt;- Azénor est le symbole de la justice et de l’honneur retrouvé chez la femme.&lt;br /&gt;- Tu es vraiment unique Mamie, mais personne ne la fête. !&lt;br /&gt;- Moi si, je te ferai lire « Bretagne des Saints » de Florian Le Roy.&lt;br /&gt;- Promis mamie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui avais répondu cela pour ne pas entamer une discussion et surtout pour ne pas gâcher sa fête, car c’est vraiment une fête pour me faire plaisir. Je pensais aussi qu’était-il arrivé à sainte Azenor pour qu’elle trouve une justification par apport à sa vie ? Elle me rendait curieuse de lecture ! Est-ce de la magie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A nouveau sa magie s’est révélée dans la décoration de sa table avec rien ou presque, mais avec tant de goût dans le choix des tons, dans l’emplacement des divers objets pour une composition parfaite. Sur la table une grande nappe grenat, sur celle-ci, des assiettes assorties,&lt;br /&gt;Des coupes avec des bougies flottantes, d’autres sur des bougeoirs et tout autour des feuilles de houx dorées et des petits paquets avec des rubans frisés dans les mêmes tons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur une des assiettes, que je suppose être la mienne, un cadeau. Je suis là, émerveillée, radieuse, heureuse, ne sachant quoi dire, mais exprimant milles exclamations. &lt;br /&gt;Mamie près de moi me regarde et savoure son plaisir de ma voir si joyeuse, elle est ravie.&lt;br /&gt;Je la prends dans mes bras et l’embrasse très fort en la remerciant, puis je l’entends me dire&lt;br /&gt;- C’est pour toi&lt;br /&gt;- Ma petite mamie chérie ! merci, merci.&lt;br /&gt;Elle me prend par la main, me conduit à la table vers ma place et me donne son cadeau, je reconnais déjà au toucher un livre. Je l’ouvre délicatement car c’est toujours dommage de sacrifier l’emballage d’un cadeau, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le livre de Xavier Grall « Le cheval couché »  réponse au Cheval d’Orgueil. &lt;br /&gt;Nous avions regardé ensemble au début Juillet l’émission Apostrophe entre Grall et Jakez Hélias et je me souviens avoir dit….J’aimerais lire son livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mamie comme c’est gentil de me l’offrir, cela me fait vraiment plaisir&lt;br /&gt;- Tu voulais bien ce livre ?&lt;br /&gt;- Oh oui ! j’en avais vraiment envie, d’autant plus que des amies l’on lu et l’on trouvé remarquable.&lt;br /&gt;- Ce n’est pas tout, viens…. !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me prend par la main pour me conduire vers son fauteuil, je m’y assois puisque tel est son désir. Elle me tend un parchemin fermé par un ruban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est aussi pour toi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je comprends qu’il s’agit d’un texte, sûrement un poème, mais de qui ? Otant le ruban je déroule doucement le parchemin, les bords sont brulés, un trait est peint sur tout le tour et en haut et en bas l’imitation d’un roulage. Je suis au comble de la joie lorsque j’en lis le titre : Délivrance.&lt;br /&gt;Je lui prends la main, le fait asseoir sur mes genoux, je la blottis contre moi, mon émotion est tellement forte que je ne peux m’empêcher de verser quelques larmes tout en l’embrassant, elle se ressaisit et me dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce n’est pas le moment, voyons !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me sèche les larmes avec ses doigts et me demande de lire. &lt;br /&gt;Ce texte est pour moi un moment très fort, je me revois à Dublin au National Stadium, nous étions quelques françaises venues en séjour linguistique et par tous les hasards Alan Stivell y donnait un concert. Il nous avait été autorisé de nous y rendre, ce fut une soirée très forte et intense, les irlandais par leur ambiance et leur joie en avait fait une fête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici venu le temps de délivrance&lt;br /&gt;Loin de nous toute idée de vengeance&lt;br /&gt;Nous gardons notre amitié avec le peuple de France.&lt;br /&gt;Mais nous abattrons les murailles honteuses&lt;br /&gt;Qui nous empêchent de regarder la mer&lt;br /&gt;Les miradors qui nous interdisent&lt;br /&gt;Nos plus proches frères de Galles, d’Ecosse, d’Irlande&lt;br /&gt;Et nous dont le nom connu des goélands et des cormorans&lt;br /&gt;Fut banni de tous les langages humains&lt;br /&gt;De toutes les bibliothèques, de toutes les cartes terrestres&lt;br /&gt;Nous ouvrirons nos cœurs de paysans et de marins pêcheurs&lt;br /&gt;A tous les peuples de la planète terre &lt;br /&gt;Et nous offrirons nos yeux au monde&lt;br /&gt;Est-ce prétentieux de nous croire égaux&lt;br /&gt;Est-ce trop demander que de vouloir vivre&lt;br /&gt;Nous ferons tomber la pluie sur le monde meurtri&lt;br /&gt;Et nettoyer le sang graisseux&lt;br /&gt;Dont se nourrissent les soi-disant puissants &lt;br /&gt;Et donner à boire aux assoiffés de justice&lt;br /&gt;Et les feuilles repousseront &lt;br /&gt;De Bretagne en Espagne&lt;br /&gt;Du Mali au Chili&lt;br /&gt;D’Indochine en Palestine&lt;br /&gt;Bretagne centre du monde habité&lt;br /&gt;Tu seras un refuge pour les oiseaux chassés pétrolés&lt;br /&gt;Pour les femmes en prison, torturées&lt;br /&gt;Pour les vieillards bombardés&lt;br /&gt;Celtie au croisement des peuples du Nord et du Sud&lt;br /&gt;Aux confins di vieux monde et du nouveau monde&lt;br /&gt;Aux frontières de la terre et de la mer&lt;br /&gt;A la limite du monde visible et du monde invisible…..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alan Stivell.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce texte je l’avais lu et relu, au lycée il était pour nous tout l’espoir de l’autre Bretagne celle des antis Plogoff. Il est dans la lignée de Glenmor, cet autre poète avec lequel nous nous trouvions en pleine harmonie, ses mots avaient un sens, une signification qui nous touchaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors cela te plait ? me dit-elle&lt;br /&gt;- Ton cadeau me va droit au cœur, Mamie ! et toi tu aimes de texte ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle eu un moment de silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je dirais qu’il me touche plus que je ne l’aime, ce qui me touche, c’est son âme bretonne….Je me rappelle l’époque où même ici sur l’île à l’école nous ne devions pas répondre en breton lorsqu’on nous parlait en français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle acquiesce d’un signe de tête dans un silence plis long puis reprend :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ton père parle peu le breton, toi n’en parlons pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux que sourire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est aussi pour cela que votre mouvement culturel est si fort !&lt;br /&gt;- C’est aussi le tien !&lt;br /&gt;- Oh non, ce n’est pas le mien, même si je m’en sens proche, même si je l’ai suivi dans Bretagne magazine que tu as tant lu et relu et dont je regrette la trop vite disparition…Bon Muriel, ce soir c’est fête,  je change de disque.&lt;br /&gt;- Peux-tu mettre Le retour des celtes !&lt;br /&gt;- Ce soir c’est ta fête, je mets ce que tu veux, mets donc le disque toi-même, je vais servir l’apéritif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que je place le disque de Youenn Gwernig, elle revient avec une bouteille de cidre et son sirop de mûre qu’elle prépare elle-même, je l’affectionne particulièrement. Sitôt l’apéritif servi avec ses petits biscuits, nous parlons de la prochaine venue de Yann, de son installation de la discrétion afin que papa n’en sache rien. Mamie précise qu’elle est libre d’accueillir qui elle veut chez elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Yec’hed mad Mamie&lt;br /&gt;- Yec’hed mad Muriel, à tes rêveries celtisantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du tac eu tac, je réponds : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Buhez ar sent ce qui veut dire la vie des saints.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle rit franchement, garde son verre en l’air&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, mais sans être Kadoudal une martyre si tu préfères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait visé juste en parlant de mes rêveries celtisantes, il est vrai qu’ici on ne peut que rêver. Ce n’est ni Brest, ni Quimper impossible de se retrouver entre nous autour d’une table à délirer ou tout simplement lire du Gwernig, du Grall, Gracq, Glenmor. Bizarrement tous commence par un G, de la bonne racine de Gaélique tout çà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regrette que sur l’île, il ne soit pas possible d’aller voir des amis pour les avertir : ce soir il y a fets noz chez untel. Bien qu’il y ait des fêtes dans nos deux discothèques qui ne sont en fait que des bars avec de la musique, avec encore des gens saoul. Elles n’ont rien à voir, avec nos inspirations, nos mélodies du moment sont Stivell et Servat, nos stars d’un mouvement naissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà mon paradis parfois obscur, mais je sais que quoique je sois la plus heureuse du monde ailleurs, mes tripes seront toujours sur cette terre de sel, sur ce caillou recouvert de lichens, dans cette lande où prolifèrent les ronces, dans ces parkous envahis de saules. L’isolement, le fait que la vie s’écoule sans vraiment d’avenir, l’attente, tout cela n’est pas obscur en soit, c’est surtout une question d’habitude, d’éducation et de pouvoir vivre de riche moments comme ce soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir c’est le paradis, comme souvent avec Mamie, son ouverture d’esprit, même si elle a trouvé son refuge, elle vie harmonieusement. Sur notre caillou, tout passe par les relations humaines, tout est conditionné par les rapports avec les uns et les autres, ici et peut-être plus qu’ailleurs, à moins d’être doté d’un caractère solitaire, alors ne pas communiquer devient un don. Il est impératif de s’accepter, de faire fi de sa rancune, de ne jamais fermer sa porte, mais surtout de respecter autrui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mamie revient avec une pleine assiette de crêpes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel on commence par une crêpe au jambon, coulemelle de Pern, fromage et œuf de mes poules, cela te convient-il ?&lt;br /&gt;- Ce sera parfais Mamie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reconnais ses crêpes au blé noir, après quelques mots, un bon verre de cidre, elle revient avec deux autres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel, tu vas les goûter avec ma recette de Madagascar&lt;br /&gt;- Quoi ?...je sens mais je ne trouve pas.&lt;br /&gt;- C’est avec du poulet au Curry.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la première bouchée je trouve que le goût du poulet se marie très bien à la crêpe, mais avec sa préparation, c’est un délice ! Avec elle il n’y a pas moyen de boire autre chose que du cidre, dommage ! J’ai eu droit à une autre avant ses traditionnelles au chocolat et à la noix de coco, je n’ai pas pu résister non plus à en prendre une deuxième, si bien qu’a la fin du repas j’étais comme une outre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant le repas, nous parlons de l’île comme souvent, je ne m’en lasse pas. Ce soir elle explique la vie des jeunes filles et des femmes d’autrefois qui par l’absence des hommes partis en mer, les obligeait à se débrouiller seules, elles avaient acquis une étonnante détermination et une indépendance pour leur avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mariage était pour elles indispensable et elles le réalisaient le plus vire possible, car il n’était pas question de vivre sans foyer ou alors elles quittaient l’île. Plus que la tradition, elles avaient la charge de se trouver un mari, dont le rite établi était la confection d’un gâteau chez les beaux-parents. Si le jeune homme acceptait d’en manger, l’affaire était conclue, il s’agissait aussi d’une affaire car chacun apportait de la terre pour assurer la subsistance de la famille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était souvent dit que les ouessantines n’étaient pas des sentimentales, pouvaient-elles l’être réellement ? En avaient-elles la possibilité ? Il n’y a encore pas si longtemps, le mari ne revenait qu’une à deux fois par an, et à son époque, il n’était de retour qu’au bout de deux ans. &lt;br /&gt;Ce qu’elle m’expliquait, je l’avais déjà entendu chez mes copines, leurs mères étant petites ne reconnaissaient pas leur pères quant ils revenaient, ils étaient des étrangers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela m’avait fait souvent frémir, tout comme le lourd tribut qu’on donné les Ouessantins dans les guerres, environ trois fois plus de morts que la moyenne, à celle de quatorze, mais aussi celle de quarante. Je me dis qu’il n’est pas étonnant qu’elles doivent se chercher leur mari et pour ce qui est du choix, je préfère ne pas y penser ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’hérite quand même d’un drôle de passé ! Dans le fond ma grand-mère ne s’en est trop mal sortie. Je le lui ai fait remarquer elle ne m’a pas répondu. Certaine d’entre elles ont dû finir comme femme de ménage dans les grandes villes de Bretagne, ou à Paris.&lt;br /&gt;Un instant je reste rêveuse, bien que confiante, je me pose la question, que vais-je devenir ? En tout cas je sais au moins ce que je ne veux pas être ! mais cela suffit-il, car je sais bien qu’au fond de moi-même, je ne resterai pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore deux semaines et Yann sera là, je suis heureuse qu’il vienne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2311304786801650001?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2311304786801650001'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2311304786801650001'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/23-le-retour-loc-gweltas.html' title='23 Le retour à Loc Gweltas.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-1232312098409939768</id><published>2011-12-18T12:54:00.002+01:00</published><updated>2011-12-18T12:54:41.114+01:00</updated><title type='text'>22 La réponse de Yann.</title><content type='html'>En ce matin un peu comme les autres, à l’approche de l’hiver, tout est morose, les nuages courent, poussés par les mêmes vents qu’hier et il en sera demain comme il en est depuis des lustres ainsi va le temps sur mon île. Les Rythmes ne changeront qu’avec les prochaines fêtes, car entre toussaint et noël personne ne vient plus nous voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien qu’heureuse de nous retrouver entre nous après quelques semaines, la monotonie s’installe à nouveau, alors c’est par le courrier que nous nous trouvons, que je trouve la mesure du temps. Les migrations terminées, les oiseaux sont comme les êtres humains, ils s’installent dans l’hiver, mais sur Ouessant les oiseaux n’hivernent pas, eux ont la possibilité de partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marguerite la factrice avec ses bonnes nouvelles m’a apportée une lettre de Yann, c’est par un nouveau poème qu’il me répond. Comme je le remerciais de sa dernière livraison et lui demandais ses sources d’inspirations, il m’a répondu cela :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui m’inspire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tard tu se venue dans mon esprit&lt;br /&gt;Comment, je ne serais le dire ?&lt;br /&gt;Pour qui, je ne saurais l’écrire ?&lt;br /&gt;Alors qui m’inspire pour ces rimes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu’en pleine nuit, je me réveille&lt;br /&gt;Croyant une insomnie, ma tête est pleine&lt;br /&gt;Alors je noircis des pages de poèmes&lt;br /&gt;Puis la tête vide, revient le sommeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ai-je deux vies ? Une inconnue en moi ?&lt;br /&gt;Une qui vit dans mon sommeil&lt;br /&gt;En offrant son fruit au réveil &lt;br /&gt;S’agirait-il de l’âme, celle de la foi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou est-ce toi ma bonne étoile ?&lt;br /&gt;Qui malgré ton absence ici bas&lt;br /&gt;Continue à guider mes pas&lt;br /&gt;Jamais, je n’espère te décevoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce qu’un don ? C’est trop étrange&lt;br /&gt;Ne sachant quoi t’offrir en échange&lt;br /&gt;En récompense pour encore et encore&lt;br /&gt;Alors de tes offrandes, je t’honore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense Muriel, que tu dois te poser la question, mais qui est sa bonne étoile ? Ma bonne étoile est ma mère, je suis persuadé lorsqu’il m’arrive un événement heureux, qu’elle y est pour quelque chose, à l’inverse je pense qu’elle a autre chose à faire quand il ne survient rien de bon, mais cette dernière éventualité m’arrive si peu.&lt;br /&gt;Ne crois pas que je sois métaphysique, j’ai simplement besoin de croire que je peux encore vivre avec elle malgré son absence, c’est pour moi une façon réconfortante de refuser une vérité intrinsèque, un peu comme toi sur ton île avec les oiseaux. &lt;br /&gt;Un jour je t’expliquerai mieux, plus en détail, comment elle nous a quittés pour un autre monde, mais comme toi je ne suis jamais seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je souhaite te rejoindre bientôt sur ton caillou, mais pas avant les fêtes de fin d’année. J’ai encore envie avec toi, de dévaler les pentes, d’avaler les montées, de lutter contre le vent en vélo, tout en observant les girouettes au bleu d’Ouessant pour voir si les dieux nous serons favorables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime aussi me retrouver avec toi, nous avons tant de points communs. Je me sens comme envoûté par toute cette âme ouessantine. Toi, j’ai envie de te prendre dans mes bras. Ton île, j’ai envie qu’elle me serre dans ses pinces. Ta grand-mère, j’ai envie qu’elle soit la mienne. Depuis, j’ai le sentiment que mon monde est sans cachet, que ma ville est sans âme, que mon appartement est sans vie, pourtant dans la pièce où je vis principalement, j’ai accumulé livres, posters, cartes marines et postales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que m’arrive t-il ? Comment se peut-il que l’on puisse tomber amoureux de tout à la fois ? Peut-être parce-que tu es tellement imprégnée de ton île ?  Ou est-ce la magie de cette terre, de ce caillou qui me rend si vulnérable. Voilà je me suis jeté à l’eau, à toi de m’en tirer, je te tends la main comme un naufragé qui happé par le courant, d’en remet corps et âme à son sauveteur. En écrivant cela je pense au bain à la plage d’Arland…quelle douche froide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te conjugue, je nous conjugue, un mot qui m’est cher…Liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’attendrai le jour auprès de toi, je liberté&lt;br /&gt;Avec mon amour et ma tendresse, tu liberté&lt;br /&gt;De notre arbre de vie naîtra un fruit, il liberté&lt;br /&gt;Nos forces mutuelles fendrons les vents, nous liberté&lt;br /&gt;De vous voir heureux c’est mon bonheur, vous liberté&lt;br /&gt;Ils nous envieront pour le meilleur, ils liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma chère Muriel, je t’embrasse tendrement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Yann.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après l’avoir lu plusieurs fois, je me suis enfin décidée à aller chez Mamie pour avoir son impression, voire son jugement.&lt;br /&gt;Une fois les brèves amabilités, chacune de nous prit sa place, installée dans son rocking-chair un plaid sur les genoux, elle se balance lentement, lisant en silence, de temps à autre, elle avale une gorgée de thé, replace ses lunettes, et recommence une seconde lecture.&lt;br /&gt;Moi assise au sol, sur le tapis, je suis aussi fébrile et aussi impatiente que j’ai pu l’être à la remise des prix en attendant que l’on prononce mon nom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence est tel que le lointain bruit de la mer emplit la maison, les vagues une à une nous rabâchent leur même litanie, poussées obstinément par les vents d’Ouest dont la fureur et la violence ne trouvent pas toujours de mots, pourtant la maison de Mamie n’a rien de funèbre pour recevoir tant de coup de boutoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel message dois-je comprendre de la lettre de Yann, est-il amoureux de moi ou de l’île ? d’un geste tranquille Mamie ôte ses lunettes, je la sens prête à parler, même un peu gênée, son visage est grave, elle semble rassembler ses idées, elle cherche à ne pas me blesser, je crois que je connais déjà la suite. Me tendant la main, elle me demande de venir près d’elle, je me blottis contre ses jambes, la tête appuyée contre sa cuisse, sentant sa main se poser dans mes cheveux, elle commence à me parler, sa voix est rassurante et calme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel, je suppose que tu n’en as pas parlé à ta mère ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, effectivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce que tu me demandes n’est pas facile, mais cela me fait plaisir car j’ai tant de chose à te dire maintenant que tu es en âge de comprendre… .j’avais ton âge à quelques années près lorsque j’ai connu ton grand-père….lui ne m’a jamais écrit de poèmes, mais il s’asseyait près de moi et me parlait….On parlait des bateaux, de la nature, de l’île…A notre époque, nos parents nous parlaient uniquement pour le travail. Mon père ne nous disait jamais bonjour parce que cela n’existe pas en vrai breton…De plus il mélangeait son gallois et le breton….Chez nous on ne parlait pas pour ne rien dire, ni même lorsque tout allait bien…Combien de fois ai-je entendu dire « si je ne dis rien, c’est que tout va bien ». Alors j’ai été sous le charme, quelqu’un enfin s’intéressait à moi ! Il m’en avait plus en quelques rencontres que mon père depuis ma naissance….Et qu’il était beau dans son uniforme blanc de capitaine ! Ses yeux avait la couleur du bleu le plus profond, il aimé notre île et nous avions fait le projet d’y revenir à sa retraite. Je lui avais plu, alors j’étais la plus heureuse et la plus fière sur l’île !...Me marié avec un capitaine, moi fille de paysans pauvres ! Toutes les filles de l’époque m’ont enviée. Secrètement, nous avions toutes envie de partir avec un prince charmant. « J’avais trouvé le mien » !.&lt;br /&gt;Elle marque une pose un peu plus longue que les autres, puis après un long silence, elle reprend. Nos regards sont dans des directions différentes, il en est mieux ainsi pensais-je.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’avais trouvé le mien, mais le mien était beau aussi aux yeux des autres femmes. Il suffisait qu’une catin lui pérore des jérémiades avec des plaintes larmoyantes pour qu’il se comporte comme un malotru. Je ne supportais plus qu’il soit l’opprobre de sa famille, de nos connaissances et de nos relations militaires. Je te dis cela pour que tu réfléchisses. Je connais peu Yann, mais il ne faudrait pas que ton envie de vivre une autre chose t’aveugle. Je crois que Yann est surtout amoureux de l’île et que tu représentes l’élément fédérateur…..avez-vous eu une discussion ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, jamais à ce propos.&lt;br /&gt;- Quels sont tes sentiments envers lui ?&lt;br /&gt;- Je me sens bien avec lui, il me plait.&lt;br /&gt;- Que penses-tu de sa lettre ?&lt;br /&gt;- Je pense un peu comme toi, mais le crois sincère aussi, je te réponds franchement, je ne veux pas tricher avec toi.&lt;br /&gt;- Tu le crois sincère ?&lt;br /&gt;- N’aie pas peur, Mamie, je ne suis pas encore prête à faire mes bagages !&lt;br /&gt;- Il faudra bien que je finisse mes études&lt;br /&gt;- Que fait-il ?&lt;br /&gt;- Je n’en sais trop rien, je l’avoue…&lt;br /&gt;A son rictus, je m’empresse de rajouter :&lt;br /&gt; -    Je voulais simplement avoir ton avis sur sa lettre, n’aie aucune crainte, je ne vais pas faire de bêtise et puis je vais t’avouer franchement, je me rends bien compte que ma place n’est pas derrière un bar à servir des verres d’alcool pour chasser les idées noires des clients et attendre leurs propos de fachos de zinc, refaisant le monde entre deux tournées ! Tu parlais de jérémiades, je dirais que leurs propos n’est qu’un catalogue de gémissements, de rodomontades suborneuses. Combien d’entre eux ne sont que des birbes n’ayant que des façons de soudards ! J’ai rarement entendu de paroles sensées dans ce salmigondis et lorsqu’ils me donnent un pourboire, je leur réponds « merci pour le pour lire » …cela ne plait pas à papa mais peu m’importe. C’est vrai que j’ai envie de vivre autre chose, Mamie, mais je sais aussi que je ne vivrai pas n’importe quoi.&lt;br /&gt;    -    Comme je te comprends ma petite fille.&lt;br /&gt;Pendant qu’elle me dit cela, je sens ses tendres caresses dans mes cheveux.&lt;br /&gt;- Sais-tu quand il viendra sur l’île ?&lt;br /&gt;- Non pourquoi ?&lt;br /&gt;- Je te propose qu’il loge chez moi, de cette façon nous le connaitrons mieux&lt;br /&gt;- Je te remercie Mamie&lt;br /&gt;- Ne me remercie pas, je fais aussi cela pour moi. Je serais triste de te voir ou de te savoir plus tard comme trop d’entre nous….Nous sommes devenues des terriennes sans terre, sans ferme. Nos hommes des marins sans bateau, sans destination et nous tous, nous regardons la terre et le mer parce qu’elles sont là, nous avons connu la vie sur Ouessant…. Et ce ne sera pas par le tourisme que l’on retrouvera notre dignité, nous n’y trouverons que servitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir la lumière est restée allumée fort tard sur Pern, je suis restée pour dormir, la lueur des éclats du phare m’a bercée avant mon sommeil.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-1232312098409939768?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1232312098409939768'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1232312098409939768'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/22-la-reponse-de-yann.html' title='22 La réponse de Yann.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2604049847825595182</id><published>2011-12-16T02:35:00.004+01:00</published><updated>2011-12-16T02:48:57.726+01:00</updated><title type='text'>21 La partie de pêche.</title><content type='html'>Bercée par le bruit régulier du moteur Beaudoin nous nous dirigeons dans la baie de lampaul, lorsqu’on la regarde sur une carte elle ressemble étrangement à une pince de crabe.&lt;br /&gt;Sitôt le sortie du chenal d’entée du port entre les bouées de Men ar Blank et Men ar Groas, Fanch me donne toujours la barre, jusqu’à la fin de la baie, la navigation ne présente aucune difficulté et il me suffit de passer au milieu entre le Youc’h Korz et Porz Coret, nous ne sommes pas ballotés par les flots, le temps ne se bourre pas, l’horizon est clair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fanch est sur le pont arrière, il prépare les cannes, après être venu prendre quelques boîtes dans un des coffrets, taper sur le baromètre, tout en jetant un œil satisfait, il est reparti en me disant comme à l’habitude :&lt;br /&gt;- Ne mets pas trop de barre, reste à zéro.&lt;br /&gt;Alors que nous dépassons le Youc’h, il se signe comme toujours à l’avant du bateau, puis vient boire une gorgée d’alcool… tout en s’essuyant avec sa manche, il souffle comme un cheval.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aperçois déjà les sternes en pêche, je les vois plonger de toute leur hauteur, j’entends les cris un « Kir-rèk »  très caractéristique, c’est bon signe, car si les sternes pêchent des petits poissons, sûrement des lançons, cela veut dire aussi que les bars sont en dessous.&lt;br /&gt;Fanch a déjà le regard fixé sur l’endroit, il ne semble pas satisfait….je lâche mollement&lt;br /&gt;- Satisfait patron ?&lt;br /&gt;Il scrute, observe, enlève sa casquette, se gratte la tête, trépigne sur place, remet sa casquette.&lt;br /&gt;- Les conditions sont idéales, mais c’est aussi l’endroit le plus dangereux qui soit&lt;br /&gt;Il s’arrête un long moment puis reprends :&lt;br /&gt;- Ici les lames te prennes, te soulèvent, et te déposent sur la grande fourche ou pire sur le siège. Tu n’a rien vu et tu te retrouves avec la roche en fond de cale…même avec mon doris c’est risqué…..pourtant en une heure de pêche tu remplis ton bateau à en couler.&lt;br /&gt;Il ne rit plus, son ton est sérieux, sa voix est sans appel.&lt;br /&gt;- Ne regrette rien, Muriel on aurait tout perdu peut-être ! Donnes moi la barre et va enverguer un pantalon.&lt;br /&gt;Tout en disant ces paroles, d’un geste de la tête, il me montre le coffre, de là je sors un vieux bleu, il brille d’écailles de poisson collées à la toile, un bout me sert de ceinture, une fois prête, je lui demande où l’on va. Il se retourne, retape à nouveau son baromètre en disant :&lt;br /&gt;- Ah ! si j’avais un barographe !....on va au congre, tant pis pour le bar.&lt;br /&gt;- Tu penses que c’est vraiment trop risqué ?&lt;br /&gt;- Si je le pense ! ici il y a bien longtemps une vague est venue, elle nous a portés comme une mouette sur la crête des vagues, par chance nous n’avons rien touché à la descente.&lt;br /&gt;Il s’arrêta net et je lisais la frayeur sur son visage, puis il reprend :&lt;br /&gt;- Va doué, si nous avions touché le moindre caillou la coque aurait explosé et s’en était fini pour nous.&lt;br /&gt;Je n’insiste pas et ne dis plus rien, nous passons devant les sternes, il ne tourne pas la tête, comme pour ne pas regarder vers le malheur, des fois que…..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En mer, personne ne joue et plaisante avec cela, en aucun cas on ne provoque le mauvais sort, ni même d’un regard.&lt;br /&gt;Fanch est complètement différent sur son bateau, je crois qu’ici, c’est le vrai personnage, alors qu’à terre il évacue sa crainte, il laisse croire qu’il est un marin sans peur.&lt;br /&gt;Ici il ne fanfaronne plus sur ces combats avec les monstres des mers en s’esclaffant à chaque phrase, son regard est tout autre, pas de ceux qui l’on si profond que lorsqu’on y entre dedans on a vite pied, non, fanch n’est pas de ceux que je connais et que le côtoie tous les jours, même s’il m’a toujours surprise avec sa bouteille de gnole et son verre de gwin gwenn, à chaque retour de pêche, comme tout bon marin, il craint et respecte la mer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous arrivons entre la Jument et Men Krenn Toull, en dessous trois épaves : L’Ardgartan, le Miranda, le Vercingétorix et plus loin, l’Aghia Varvara, un paradis pour les congres, de plus nous sommes bientôt à l’étale, c’est là qu’ils mordent le mieux. Nous sommes dans une marée de Syzygie, en pleine vive-eau, nous avons toutes les chances de prendre une grande variété de poissons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir stoppé le moteur et attaché au cœur de l’ancre un orin au cas où elle se coincerait, Fanch la jette à la mer, une fois celle-ci au fond, il tend l’orin, règle la bouée et la jette à nouveau. Puis sans dire son secret, se règle avec la chaîne de l’ancre sur des points bien précis en fonction de repères pris en alignement sur l’île, son but est juste au-dessus d’un trou à congre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant peut commencer la partie de pêche, non sans avoir conservé avec les gardiens du phare de la jument. C’est pour eux une aubaine parce qu’ils peuvent avoir des nouvelles de l’île et échanger d’autres mots que ceux de leur solitude. Sur leurs phares perdus en mer ils ont désappris à parler, alors voir un pêcheur, c’est à nouveau la vie qui vient vers eux pour rompre leur isolement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fanch est en plein préparatif il extrait le stronk, un sac de toile de jute rempli de restes de poissons, de sable, de galets. A peine l’a-t-il sorti de l’eau du baquet qu’une très forte odeur se répand tout autour de nous, sans perdre la moindre seconde, il fonce à l’avant pour le plonger, une fois dans l’eau de mer, il le secoue puis l’amarre solidement tout en disant :&lt;br /&gt;- Bon appétit les petits…..c’est l’appât le plus sûr qui soit, mais faut avoir le courage de l’entretenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’a préparé une canne montée petit pour prendre soit du maquereau, du chinchard ou du mulet afin de servir d’appât pour le congre, voir le lieu jaune. Pendant que je m’amuse au lancer, il se prépare bas de ligne spécialement pour le congre avec un coulisseau et comme plomb, une chaine de mobylette afin qu’elle ne se bloque pas au fond sur les épaves. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la douce et longue houle, le bateau se berce, la mer est limpide et calme, le soleil augmente l’effet de transparence, avec des rythmes réguliers, je lance et ramène ma cuillère.&lt;br /&gt;- Fanch, j’ai quelque chose !!&lt;br /&gt;Il se précipite vers moi et me dit :&lt;br /&gt;- Ferre ! &lt;br /&gt;D’un violent coup en arrière, je tends le fil, dès que je relâche, je sens ma canne vibrer et se tirer, je mouline régulièrement sans trop forcer, la résistance bien présente n’offre pas un refus obstiné, mon poisson n’est sûrement pas très gros. Je commence à découvrir des reflets brillants, Fanch a l’épuisette en main, a peine le poisson a-t-il commencé à être visible que déjà il me dit :&lt;br /&gt;- Un tacaud c’est parfait, Muriel, il n’en fallait pas plus.&lt;br /&gt;Dés qu’il est sur le pont après l’avoir assommé, il découpe des sommets des filets et les place sur ses hameçons. Je sens que la pêche va être sérieuse car fanch se met une large ceinture au niveau des reins, puis après avoir lancé sa canne, il fixe les deux crochets sur son gros moulinet américain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes maintenant tous les deux les yeux fixés sur sa canne et c’est encore moi qui la première ramène un autre tacaud, mais cette fois-ci nous le gardons bien vivant, Fanch le met dans son vieux fût en bois, une arrivé constante d’eau me mer permet la survie des poissons. Pendant ce temps, j’ai hérité de la lourde canne du patron, heureusement aucun congre n’a voulu mordre, et c’est encore moi qui eus cette fois un chinchard, il termina lui aussi dans le vivier, avec toute les félicitations d’usage que peut recevoir un pêcheur chanceux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis avant que la chance ne revienne à nouveau c’est fanch qui me demande de vite remonter ma ligne de prendre le bastroc.&lt;br /&gt;- Muriel, remontes moi le harnais plus haut ! &lt;br /&gt;C’est ce que je fis rapidement…&lt;br /&gt;- N’oublie pas de mettre un gant&lt;br /&gt;- Non non, je prends garde&lt;br /&gt;Je sens tout l’effort que déploie Fanch, la canne courbée, le fil tendu, le corps en arrière, les mains bien placées, manœuvrant vite le moulinet, c’est l’instant où il faut faire vite pour éviter que le poisson se courbe et fasse l’hélice sinon il cassera tout.&lt;br /&gt;- Prépares toi, Muriel gaffe le bien !&lt;br /&gt;Le congre est allé faire surface plus loin que prévu et commence à ce courber, Fanch a tout de suite lâché le frein pour lui donner du fil, le congre a disparu de nouveau. Après un court moment, il a à nouveau mouliné fermement. &lt;br /&gt;- Ah ! je t’aurais mon garçon lâcha t-il …Va Muriel, prépares toi, ce coup-ci c’est la bonne ! &lt;br /&gt;Bien calée sur mes pieds, prête à gaffer, je fixe la ligne attentivement pour la sortie du poisson, la ligne zigzague de plus en plus violemment à la surface, l’instant va venir.&lt;br /&gt;Tout se passe alors très vite, comme un reflexe, je le tiens, d’un geste ferme il bascule le congre sur le pont, je suis soulagée car les secousses sont tellement puissantes et intenses que j’aurais eu grand peine à m’en sortir toute seule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois sur le pont, celui-ci donne de violents coups de queue en se tortillant dans tous les sens. Avec son maillet, il l’assomme pour enfin le saigner jusqu'à ce que celui-ci presque mort, ne bouge plus, car lui enlever la vie n’est pas chose facile ni même de récupérer l’hameçon. Pour cela, il lui bloque la gueule grande ouverte afin de ne pas se faire écraser les doigts.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à midi, nous avons pêché avec intensité, Fanch avait assez de vif, j’en profitais pour sortir les jumelles et observer les oiseaux marins et plus particulièrement les puffins et les labbes. J’aime cet isolement surtout lorsque c’est ainsi, sans mur de mer devant nous. Le calme semble devoir durer, la marée descendante crée juste quelques brisants supplémentaires dès que les roches affleurent, ni la houle ni le vent ne se sont levées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en profite pour lire et relire reçu d’Yann, en me demandant ce que je dois en penser ? Est-ce une déclaration d’amour ? Est-ce tout simplement un hommage aux femmes en général ? Dois-je le faire lire à Béatrice et Anne-Marie ? Je n’ai pas eu le courage de la montrer à maman, elle qui écrit de si belle choses ! La fin me trouble et m’enchante en même temps. Je suis encore toute émue de le lire, Si fanch ne se doutait de rien, je le lirais à voix haute en pleine mer. Le plus dure sera la réponse car il va bien falloir que j’en fasse une, mais quoi lui dire ? Je ne peux tout de même pas lui avouer ce que j’ai ressenti à sa lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous aime&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Woman, femme, girl, vous les filles&lt;br /&gt;Combien parmi nous ont écrit sur vous&lt;br /&gt;Jusqu’à perdre le fil de la nuit&lt;br /&gt;Pour les mots d’une lettre d’amour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Woman, femme, girl, vous les filles&lt;br /&gt;Combien parmi nous ont chanté pour vous&lt;br /&gt;Les yeux fermés sous la pluie&lt;br /&gt;A crooner des hymnes d’amour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Woman, femme, girl, vous les filles&lt;br /&gt;Combien parmi nous ont dansé avec vous&lt;br /&gt;Tremblant d’émotion, d’envie&lt;br /&gt;Sur de langoureux slows d’amour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Woman, femme, girl, vous les filles&lt;br /&gt;Combien parmi nous ont aimé tout de vous&lt;br /&gt;Dans des lits remplis de soupirs&lt;br /&gt;A ce rompre le cœur d’amour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Woman, femme, girl, vous les filles&lt;br /&gt;Comprends cette envie de sentir&lt;br /&gt;Ton frémissement dans le lit&lt;br /&gt;Pour rythmer le propre de ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que je laisse le temps s’écouler après cette nouvelle lecture dans ma somnolente rêverie, Fanch me demande à nouveau de l’aide&lt;br /&gt;- Muriel, c’est le dernier, après on mange&lt;br /&gt;Pendant que je l’aide, il rajoute :&lt;br /&gt;- Il y a bien longtemps que je n’ai pas relu une lettre dix fois de suite…j’aimerais bien que cela m’arrive à nouveau, enfin je ne doit plus avoir l’âge pour cela !&lt;br /&gt;Puis il se tait et un long silence s’installe, m’a-t-il vu rougir de la tête aux pieds ?  Fanch a compris et visiblement, il ne m’en veut pas de l’avoir un peu abandonné à sa pêche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant que nous mangions, j’ai nettoyé le pont, il en avait bien besoin à cause de la matière visqueuse que dégagent les congres et surtout leur sang dû à la pointe acérée du bastroc, il faut dire qu’un vrai professionnel gaffe un congre sans trop le blesser, ce n’est pas vraiment mon cas… ! Alors que nous mangeons tous les deux sur le pont, il me dit :&lt;br /&gt;- Muriel, c’est bien de vouloir rester avec nous sur l’île, mais ici c’est fini, il n’y a plus rien, plus d’avenir, même moi, je vis avec les restes du passé…. ! &lt;br /&gt;Je ne réponds pas, mais acquiesce d’un sourire approbateur.&lt;br /&gt;- Tu sais, on ne nait plus ici et lorsque l’on s’y marie c’est pour le folklore et on repart sur le continent après le restaurant.&lt;br /&gt;Il y eut un moment de silence et il rajoute :&lt;br /&gt;- Tu as toutes les chances de réussir ailleurs et tu reviendras après.&lt;br /&gt;Comme je ne répondais pas, il me dit :&lt;br /&gt;- Tu trouve que je me mêle de ce qui ne me regarde pas ?&lt;br /&gt;- Non, absolument pas, mais je t’écoute….que veux-tu que je te répondre, je me trouve mieux sur l’île que sur le continent.&lt;br /&gt;- Tout le monde est mieux ici, ce n’est pas le problème, mais à part tenir un bistrot, un commerce, que veux-tu faire d’autre…..ou être instituteur, c’est encore la meilleur place sur l’île…intelligente comme tu es, tu as mieux à faire ailleurs, crois moi…enfin.&lt;br /&gt;Puis à nouveau, nous plongeons dans un long silence, tout en mangeant, fanch surveille ses lignes flottantes, mais de ce côté cela ne semble pas plus vraiment se bousculer.&lt;br /&gt;L’après-midi, je reprends ma place au lancer, j’ai la surprise de prendre quelques brezhel, il n’aime pas que je dise maquereaux, alors qu’il prend un lieu jaune… !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes rentrés plus tôt que prévu, le port n’ayant plus d’eau, c’est au corps-mort que l’Uxisama allait passer la nuit avec le doris et nous avons rejoint le quai avec le youyou. J’eus droit à quelques poissons pour la maison et un congre pour Mamie afin qu’elle fasse sa délicieuse terrine. Nous nous séparâmes avec un gros bisou, il me prit délicatement le menton et me dit : &lt;br /&gt;- l’amour ce n’est pas comme les hirondelles, cela ne revient pas à chaque printemps !...&lt;br /&gt;Et il me sourit tendrement, sans autre parole, il se retourne et s’en va vers la Duchesse-Anne d’où il était venu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2604049847825595182?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2604049847825595182'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2604049847825595182'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/21-la-partie-de-peche.html' title='21 La partie de pêche.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2680909915471068182</id><published>2011-12-14T20:51:00.004+01:00</published><updated>2011-12-14T20:56:16.064+01:00</updated><title type='text'>20 Le bateau de fanch</title><content type='html'>Ce matin je me rends directement au port, je suis invitée à une partie de pêche avec le roi des pêcheurs, Fanch, le vieux loup de mer.&lt;br /&gt;Il pêche tous les poisons car il sait où aller les chercher, mais aussi comme un peu tous les marins il pose des casiers pour le homard et la langouste. Son bateau lui vient de son père, un vrai bateau de pêcheur avec une vraie cabine où l’on se tient à trois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’on y rentre sur un côté seulement par une vraie porte, bien qu’étroite, elle se ferme avec une clenche. A l’intérieur, un loquet supplémentaire afin que les vagues ne l’ouvrent pas une fois calée dans sa feuillure. Pour permettre plus de place, celle-ci s’ouvre vers l’extérieur. Les deux côtés de la cabine sont vitrés. Sur la partie arrière deux hublots. D’ailleurs ils ne servent à rien. Au-dessus de l’un, un clou est planté pour servir de porte-manteau et pour l’autre, le carreau est tellement sale que l’on ne peut voir au travers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vitre de devant est séparée en trois parties égales pour faire résistance aux paquets de mer.&lt;br /&gt;La peinture des montants déborde sur celles-ci, au centre se trouve un essuie-glace, de part et d’autre….quelques autocollants des pompiers, de la SNSM, de l’école, etc….Une classique roue en bois comme barre patinée par le temps. De chaque côté du marbre descend une chaine qui plonge sous le plancher dans deux conduits, de chaque côté, la manette des gaz et l’embrayage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la partie droite, à l’opposé de la porte, dans le coin avant sur une étagère à rebord, un compas mobile, fermé dans sa boite et surtout un clinomètre. C’est cet ustensile qui me fascine le plus, il sert à mesurer la gîte, et le panneau en porte la trace. Contre le panneau droit, une pompe à bras, entre le hublot derrière lui, un baromètre avec thermomètre. L’horaire des marées est coincé dans une pince à linge qui elle, est visée sur un des montants,&lt;br /&gt;avec sa montre pendu à un clou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est bricolage à l’intérieur, même le banc qui lui sert à s’asseoir devant la barre est une planche posée au milieu des deux coffres, ces derniers servent de sièges pour deux autres personnes. Vissée sous le toit de la cabine, une radio qui elle est toute neuve ! Au centre, un plafonnier cassé dont la collerette en inox est piquée par le sel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au milieu des deux coffres, une trappe, elle se rabat contre le panneau arrière et s’attache avec un crochet pour descendre dans la cale avant à l’aide d’une petite échelle. En pas dans la poulaine, c’est encore pire, impossible de se tenir debout. Sur l’un des flancs une minuscule couchette, elle épouse les membres, va se caler contre les bordées et termine sur l’autre flanc après avoir enrobé l’étrave d’avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut y dormir qu’en chien de fusil, elle lui sert en fait plus de débarras. Y a-t’il dormi au moins une fois ?&lt;br /&gt;Face à celle-ci, sur l’autre flanc, un minuscule et unique réchaud posé sur une planche bricolé entre deux membres. Sur d’autres planches, des assiettes ébréchées et fêlées, des verres patinés, une poêle culotée comme une vielle pipe, deux casseroles aux poignées tournantes ou branlantes. Sur la cloison centrale séparant la partie arrière une multitude de pointes où pendent milles objets pour la pêche, mais aussi des boules, des mailles, des poulies, des épissoirs, des boutes et filins, des crocs, deux fanaux à Fresnel, sur le sol un taquet de bois, une toletière, une ancre classique, une couronne sous le réchaud et quatre couvertures pour d’éventuels naufragés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tout est éclairé avec une ampoule beaucoup trop faible, aucune autre source de lumière sinon celle du puis de la cabine. Aucun fond de pot de peinture n’est jamais venu en bas, par contre pour la cabine, les tons multicolores viennent incontestablement de divers fonds de pots, ou chaque nouvelle couche a recouvert l’ancienne, c’est sûrement ce que explique toutes les rides dans la peinture. !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La position avancée de la cabine fait que le pont avant est petit, les deux passavants étant étroits il faut se tenir à la lisse et faire attention où l’on marche car les pied des pavois est allongées, une gaffe de sauvetage et sur l’autre flanc un bastroc et un foême. Une fois devant presque tout l’espace est occupé. Sur le pont est vissé un brise lame, il conduit directement vers les dalots. L’étrave d’avant se termine par une bitte à épontille, sur chaque bord, un chaumard, au centre des deux, un taquet de fer est fixé sur le pont.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque contre la cabine, un guindeau à manivelle, son câble qui teint l’ancre Marrel passe une bouche de pont, coulisse sur le davier et pivote sur côté de l’étrave. Suspendue contre un panneau de la cabine sous les vitres du devant, une couronne entourée de guirlandes, c’est contre elle que je m’adosse, assise sur le pont, c’est aussi ma place préférée à bord avec les pieds sur la glêne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur tout le tour du bateau est fixée une guirlande dont les anses descendent assez pour que des naufragés puissent s’y suspendre. Fanch a fait un effort particulier afin d’équiper son bateau pour un éventuel sauvetage en mer. Il a une radiogonio avec un Decca Navigator, il est toujours branché sur Radio-Conquet. Aux quatre angles du bateau, il a fixé des échaudis afin de lancer des longs bouts à la mer, il a même bricolé une petite échelle de coupé pour qu’ils leurs soient plus facile de monter à bord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pont arrière est conçu entièrement pour la pêche, au milieu du bateau, derrière la cabine, le mat est fixé en fond de cale dans son emplanture, il se distingue à travers l’écoutille. De chaque côté des haubans om peut apercevoir les deux écrans, rouge à bâbord, vert à tribord et sur milieu la boule. Au pied du mât se trouve fixé un mât de charge avec son palan simple, il sert surtout à tendre une bâche en plein été pour se protéger du soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques coffres pour mettre les bouées de casier, les lignes, les épuisettes, les palangnes. Des coffrets plus petit pour les angons, les avançons, et divers hameçons tels les turluts pour les encornets et surtout, son fût de chêne qui lui sert de vivier pour les vifs. La partie arrière est plus fournie que celle de la proue pour un amarrage sans problème les jours de gros temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est bateau de pêche idéal, sur lequel je suis toujours heureuse de me trouver, j’ai l’impression que dessus, rien ne peut m’arriver ; mais ce qui me fait le plus rire, c’est que dans des coffres il toujours une bouteille de gnole d’avance, c’est un alcool brut d’eau de vie de cidre ! Je me demande souvent si un moteur ne pourrait pas fonctionner avec ! ?&lt;br /&gt;A chaque fois qu’il passe le Youc’h Korz, il s’en enfile une gorgée pour trinquer à la réconciliation entre Saint Guénolé et Saint Gildas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon la légende ces deux saints n’arrêtaient pas de se disputer, un jour, Saint Guénolé prit un caillou et le lança sur Saint Gildas, mais il tomba au milieu de la baie de Lampaul. Ce rocher a maintenant deux utilités, une est celle d’héberger de rares oiseaux marins, des pétrels tempêtes, et l’autre de savoir si l’on peut sortir de la baie. En effet, face au large, se trouve une grotte, lorsque les vagues rentrent à l’intérieur elles ressortent en formant un parapluie, si ce dernier se forme bien, impossible de sortir de la baie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, ah Muriel, Muriel !&lt;br /&gt;Je reconnu le rire puissant et la forte voix de Franch. Me tournant, je le vois descendre le chemin, il arrive de la Duchesse-Anne avec toujours son pas gaillard, il continu à me parler tout en marchant, arrivé sur le quai alors que je suis sur le plat bord arrière, il me dit : &lt;br /&gt;- Alors moussaillon, o, est à son poste, c’est toi qui a ouvert la cabine ?&lt;br /&gt;- Oui Fanch.&lt;br /&gt;- Mais tu sais où est la clef ?&lt;br /&gt;- Tu la caches toujours devant moi… !&lt;br /&gt;Avec son gros rire, il dit :&lt;br /&gt;- Il va donc falloir que je trouve une autre nouvelle cachette !&lt;br /&gt;A peine a-t-il franchi la passé, que sur le pont il ôte sa casquette de toile et salue son bateau.&lt;br /&gt;-     Uxisama ! Mon vieux compagnon, je te présente mes hommages matinaux…ah ah ah, il nous faut du poisson pour une cotriade, celle des grands jours de fête, ah ah ah.&lt;br /&gt;Puis il se dirige vers moi, me tend son panier&lt;br /&gt;- Tu le descends dans la poulaine…..as tu ce qu’il faut car on rentre ce soir ?&lt;br /&gt;- Oui oui, j’ai tout prévu.&lt;br /&gt;Curieuse, je regarde l’intérieur et je vois une bouteille de vin blanc, du far noir, du pain et deux boites de pâté.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, il descend dans la cale arrière pour faire chauffer le moteur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2680909915471068182?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2680909915471068182'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2680909915471068182'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/20-le-bateau-de-fanch.html' title='20 Le bateau de fanch'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-1653680331905248291</id><published>2011-12-14T17:19:00.004+01:00</published><updated>2011-12-14T17:25:27.735+01:00</updated><title type='text'>19 La lettre.</title><content type='html'>Ma très chère sœur,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Josée, je me décide à t’écrire, j’ai de la brume dans la tête, du crachin dans les yeux. Je redoute le moment où je devrais partir parce qu’ici vraiment, cela ne s’arrange pas.&lt;br /&gt;Notre père ressemble de plus en plus au personnage d’Etienne Morvan dans « les croix de cires » de Serge Laforest, tu sais le Fleuve noir écrit sur Ouessant. Sauf que ce dernier n’a jamais n’a pas gravi un à un les échelons de l’alcoolisme, parfois, j’en arrive à avoir des idées que je n’ose te dire, tellement elles sont inavouables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour compenser sa faiblesse, il impose une terreur qui est inversement proportionnelle. Notre pauvre mère encaisse à peu près tout, afin de ne pas lui compliquer son existence, je me plie, je ne réponds pas, tu ne peux savoir son mérite, un jour, je t’avouerai un secret, elle nous a aimées plus qu’elle-même. &lt;br /&gt;Au fond je ne regrette pas d’être restée à la maison cette année, même si cela m’est souvent pénible à vivre. J’ai négociée avec papa grâce à l’aide de maman afin de ne pas rentrer en fac cette année et attendre l’année prochaine. L’UBO, quant à elle, n’a pas vu d’objection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papa m’a imposée de dures conditions de travail, il pensait sûrement que je dirais non. Heureusement que je me suis accommodée. J’arrive malgré tout à aller voir les oiseaux, même s’il exige que je fasse les mêmes horaires que lui. Parfois j’en arrive à me demander s’il ne serait pas plus gentil avec maman si je n’étais pas à la maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, sur l’île le climat est dur, nous avons sans arrêt des vents d’Est, beaucoup sont enrhumés, à chaque lessive, il nous faut toujours nettoyer les fils à linge avant d’étendre ! Comment pouvez-vous respirer à Paris ? Car ici en quatre jours, les fils sont noirs de crasse. Vivement le retour des vents d’Ouest même s’il fait moins beau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est de la famille, nous avons reçu une autre carte de Joël, cette fois-ci, elle vient de Panama. Il aura donc fait le Japon, Hong-Kong et Singapour, c’est un joli voyage. Sa nouvelle compagnie lui ouvre d’autres horizons, il est sur un transconteneur neuf et moderne. Sur sa carte, il explique qu’il rentre en Europe par Hambourg et repart aussitôt vers l’Amérique du Nord. &lt;br /&gt;Il ne refera sûrement plus les côtes d’Afrique, ils ne sont pas encore équipés pour recevoir des containers.&lt;br /&gt;Il m’a demandé d’embrasser tout le monde et de lui donner des nouvelles. J’ai une adresse à Hambourg pour lui écrire, un bureau de sa compagnie. Sur ces cartes précédentes, il me parle de pays grouillant de monde, je les garde précieusement, j’aime en enlever une du mur, au hasard, et la relire.&lt;br /&gt;Etre un garçon sur l’île, c’est quand même moins compliqué et ils ont le choix : la marchande, la royale, les pharbals.&lt;br /&gt;André quant à lui doit être toujours dans son sous-marin Le Daphné, c’est drôle son commandant à le nom d’un oiseau « Lacaille », mais de lui aucune nouvelle entre les débarquements et il reste à Lorient comme d’habitude, et il ne veut plus entendre parler de papa. &lt;br /&gt;Au moins en restant célibataire, il ne fait la vie dure à personne, c’est ce qu’il m’a expliqué sur une lettre. Nous nous écrivons toujours, il m’a demandé de ne pas oublié de lui répondre pour rester en contact avec Ouessant.&lt;br /&gt;A ce propos, il voulait que mamie lui tricote une paire de béguens, et Joël aussi.&lt;br /&gt;Pour Joël je lui envoie des cartes postales qu’il peint en tableau, il m’a demandé si je pouvais lui faire des photos de l’ïle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne veut peindre qu’Ouessant pour faire des expositions dans les ports des lignes régulières. Il me dit que le temps passe plus vite et qu’il préfère peindre plutôt que d’aller en piste pendant les escales. Il a même trouvé des asiatiques qui font des peintures suivant des photos, et il a juste la place pour les signer, il appelle cela des rustines. &lt;br /&gt;Voilà les dernières nouvelles des frangins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi j’écris toujours un peu, et je t’envoie trois poèmes en pensant à mon futur exil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revoir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retournerai à Ouessant&lt;br /&gt;Sur un bateau bleu de mer&lt;br /&gt;Je veux revoir l’océan&lt;br /&gt;Avec ses rochers de Pern&lt;br /&gt;Je veux revoir les tempêtes&lt;br /&gt;Venant droit des Amériques&lt;br /&gt;Rapide comme des vols de mouettes&lt;br /&gt;Transportant les flocons d’écumes&lt;br /&gt;Sur des bouquets d’amaryllis&lt;br /&gt;Aux couleurs de soleil couchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sentir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retournerai à Ouessant&lt;br /&gt;Sur des flots de bruit de mer&lt;br /&gt;Je veux sentir la lande&lt;br /&gt;Toute humide noyée de sel&lt;br /&gt;Je veux sentir les embruns&lt;br /&gt;Dans la solitude de l’hiver&lt;br /&gt;Quand se pose les goélands &lt;br /&gt;Se réfugiant des au-delà&lt;br /&gt;Blottis à l’envers des murets&lt;br /&gt;Comme nos moutons dans l’hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entendre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retournerai à Ouessant&lt;br /&gt;Sur des ailes d’oiseaux de mer&lt;br /&gt;Je veux entendre les vents&lt;br /&gt;Violents et glacés du Gwarlarn&lt;br /&gt;Je veux entendre le frémissement&lt;br /&gt;Du mervent des mers du Sud&lt;br /&gt;De ceux qui porte les passereaux&lt;br /&gt;Du Kornog aux allures de bison&lt;br /&gt;Faisant frémir les sentinelles&lt;br /&gt;Dans les feux de solitudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te les soumets tel que je les ai écris, peux-tu me dire ce que tu en penses avant d’y réfléchir à nouveau.&lt;br /&gt;Pour les fêtes de fin d’année, je pense venir quelques jours chez vous, savez-vous si vous viendrez à Ouessant ?&lt;br /&gt;Maman et Corinne se joignent à moi pour vous embrasser tous deux. Embrasse ton mari pour nous.&lt;br /&gt;Ma très chère sœur, kénavo, je t’embrasse très fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Muriel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : En t’imaginant à ton travail, avec tes collègues j’ai écris des vers. Les quatre premiers sont pour toi, les quatre autres pour elles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur des touches d’azertyuiop&lt;br /&gt;Tu pianotes des mots, des notes&lt;br /&gt;Que d’autres recevront en note&lt;br /&gt;Au reçu de l’enveloppe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans des pièces sans cachet,&lt;br /&gt;Egayées de présences parfumées&lt;br /&gt;Vous faite danser vos menottes&lt;br /&gt;Sur des touches d’azertyuiop.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-1653680331905248291?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1653680331905248291'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1653680331905248291'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/19-la-lettre.html' title='19 La lettre.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-6494664918536100400</id><published>2011-12-14T11:49:00.002+01:00</published><updated>2011-12-14T12:00:14.248+01:00</updated><title type='text'>18 Le Rêve</title><content type='html'>De la fenêtre de ma chambre, assise sur la balustrade, je me décidais enfin à me lancer. &lt;br /&gt;Les bras le long du corps, je filais dans l’air, je pénétrais l’espace dans une douce descente, j’avais assez pris de vitesse pour amorcer une remontée. &lt;br /&gt;Je venais de découvrir le vol ondulatoire, dans la rue qui même au mène au bas du bourg vers le port, j’ondoyais librement, sans effort particulier, je zigzaguais au grès de mon plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tournant autour des maisons, pénétrant dans les jardins, passant les fenêtres ouvertes, ressortant par d’autres, montant et descendant dans l’espace à ma guise. Sans être un oiseau, je dominais l’apesanteur. Dès que j’étais près du sol, j’avais toujours assez de vitesse pour reprendre un peu de hauteur et replonger et ainsi de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma liberté de mouvement dans les airs me rendait ivre de joie, j’étais euphorique, j’avais l’aisance l’agilité de certains oiseaux. En arrivant au port, je me jouais du petit muret de pierre que je ne pouvais franchir à l’ordinaire, j’ondulais dessus, je le passais, le repassais, j’entrais et ressortais de Porz-Paol, je sortais sur le talus, puis sur celui d’en face, en passant autour des bateaux, en le traversant d’un coup d’élan, à la façon d’un merle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’évoluais dans un monde sans obstacle où les bateaux sur leurs béquilles me semblaient penauds, les autres plus loin, se dandinaient dans le clapot, mais sans grâce, j’allais vers eux, tournant, ondoyant, virant, ils étaient prisonniers dans leurs chaines…..puis je quittais le port pour aller évoluer sur la mer…à la façon de la houle, des vagues, de ses creux et sommets, j’ondule, je les domine comme peut le faire une mouette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles ne me surprennent plus, je m’en joue, je m’en amuse, je les frôle de toute de toute leur hauteur, de leur colère, elles ne peuvent plus m’atteindre. De leurs petits doigts transparents qu’elles lancent vers moi, aucun me peut m’attraper, elles retombent, s’écrasant toutes lamentablement alors que moi je ris. Je vais vers l’une, vers l’autre, toutes essaient mais aucune ne réussit. Je longe les vagues en maitre, pour une fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me pose le long de la plage, la mer est devant, j’entre dans son être, je la pénètre, je suis dans l’eau comme dans l’air, le plaisir m’enivre autant. Je frôle le fond, les rides du sable sont comme de petites dunes, je les survole, les surnage. Entre la surface et le fond, je virevolte dans l’espace marin, j’aperçois la lune à travers la transparence de l’eau. Elle danse en ce contorsionnant, prenant des formes irréelles et changeantes instantanément avec des géométries sans nom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les étoiles ne sont plus ces points lumineux qui ont tant guidé de marins, mais des lignes frisantes dans des mouvements ondulatoires constants. Parcourant plus loin j’entre dans une forêt, à Ouessant la forêt est sous la mer pour que le vent ne commette pas son œuvre destructrice d’obstacle à la croissance, comme il a fait sur l’île. Mais dans celle-ci, les arbres sont bizarre, ils ondulent avec le courant, les feuilles ne sont que de longues et de larges tiges étroites, ils n’ont ni tronc, ni écorce, leur couleurs sont un mélange de tons de printemps et d’automne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette jungle je me fraye un passage en écartant ses arbres souples, l’avance avec légèreté, devant moi, je fais fuir de drôles d’oiseaux, ils en on l’allure. Ils montent, descendent et virent soudainement, mais ici ces drôles d’oiseaux ont des formes particulières, les ailes sont des nageoires, ils ne se posent pas sur les branches, ils semblent qu’ils se dirigent avec la queue, je suis dans un monde de silence. Je n’ondule plus je marche sur le fond, ces choses bizarres me tournent autour, des gros des petits, des bandes. Leurs plumages étincellent de milles reflets comme des diamants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette forêt, je reconnais le pioca de mamie, je veux le prendre, il se pousse avec grâce. Tout m’enivre dans ce monde de douceur au rythme lent. Après en être sortie, se dresse devant moi une montagne de roche, lugubre et sans vie, puis contre celle-ci, une masse sombre, inerte, rouillée, un enchevêtrement de tôles, doucement j’arrive vers elle, elle est couverte d’algues, à mon approche une multitude de poissons s’enfuient nerveusement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reconnais là un bateau, je tourne autour, grattant sur la coque, je découvre un reste de peinture. Au fur et à mesure, je lis son nom : UXISAMA.  C’est le nom que donna de navigateur grec Pythéas à Ouessant lorsqu’il a découvert l’île quatre siècles avant J.C.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cherchant autour du bateau, je découvre des hublots, ils sont opaques et je ne puis rien voir à travers. Je décide de les gratter, j’insiste et insiste encore, il me semble découvrir derrière une forme je m’approche, mon père ! Je pousse un grand cri, j’hurle littéralement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel, Muriel, qu’as-tu ?&lt;br /&gt;Je sens une violente secousse, j’ouvre les yeux, je vois ma mère, elle me parle, elle me secoue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais Muriel, qu’as-tu ? Qu’est-ce qui t’arrive !&lt;br /&gt;- Oh maman ! maman !&lt;br /&gt;Sanglotant, je me jette dans ses bras.&lt;br /&gt;- Maman, j’ai vu papa là au fond !&lt;br /&gt;- Réveille-toi Muriel, ma chérie tu as rêvé.&lt;br /&gt;- Oh maman ! maman ! j’ai fait un drôle de rêve. Reste avec moi ne part pas.&lt;br /&gt;- Ma petite fille chérie, mon petit oiseau des îles à quoi tu as rêvé ?&lt;br /&gt;- Je sais plus, je dais plus mais la fin était affreuse….Ma petite maman chérie reste dormir avec moi, un peu, je ne veux en rêver à nouveau, oh non ! oh non.&lt;br /&gt;- Mais non, rassure-toi, on ne fait pas deux fois le même rêve, aller viens dans mes bras, viens…&lt;br /&gt;Je reste un moment éveillé, elle est toute chaude, je suis bien, blottie contre elle…..je ne sais qu’elle heure il est, mais dehors j’entends un rouge-gorge chanter, cela me rassure, je suis à nouveau dans un monde de vivants….j’attends un nouveau sommeil, qu’il arrive vite.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-6494664918536100400?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/6494664918536100400'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/6494664918536100400'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2011/12/18-le-reve.html' title='18 Le Rêve'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2636770297165759274</id><published>2010-11-10T21:59:00.001+01:00</published><updated>2010-11-10T22:11:33.153+01:00</updated><title type='text'>17  Coutumes d’un autre monde.</title><content type='html'>La nuit était intense, très noire, les huit rayons du Créac’h perçaient comme ils le pouvaient cette brume cotonneuse, lorsqu’un rayon nous croisait il n’était plus blanc, pendant un court instant il avait toutes les couleurs de l’arc en ciel.&lt;br /&gt;Les faisceaux de lumière arrivaient encore à se jouer de l’intensité des nuages, à chaque passage la lueur nous permettait de retrouver notre chemin dans l’herbe dense.&lt;br /&gt;Devant nous le phare magistralement planté, droit comme un i, habillé de deux bandes noires et au sommet les lentilles les plus puissantes que l’homme ait pu construire. Parfois et par des nuits très clair, les gardiens anglais du phare du Lizard écrivent « Ushant to flash » en fait ils aperçoivent les éclats sous la ligne d’horizon, Un patron de pêche à 150 milles dans le noroit affirme avoir observé les éclats du Créac’h, il a expliqué au bar qu’il avait une haute couverture nuageuse qui réfléchissait et renvoyé les rayons au large.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mamie me fait voir les oiseaux dans les rayons, à chaque fois qu’ils traversent un faisceau, il se produit un point lumineux. &lt;br /&gt;Tous ces oiseaux sur le chemin migratoire se sont perdus dans le brouillard, beaucoup d’espèces voyagent la nuit. &lt;br /&gt;Ils sont attirés par sa puissante clarté, l’image vers la sortie du tunnel sera souvent fatale car beaucoup tournent en rond autour du phare jusqu’à l’épuisement total, d’autre foncent sur la lentille.&lt;br /&gt;Ce phénomène attire des prédateurs : les hiboux des marais, les chats et nous….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec ma grand-mère, nous observons les hiboux des marais qui attrapent leurs proies en vol, nous en avons vu jusqu’à quatre chasser ensemble autour du phare. Les chats sont plus discrets, ils sont surtout attirés par les cris des oiseaux et n’ont aucune peine à en trouver complètement épuisé sur le sol.&lt;br /&gt;Nous les humains, c’est autre chose, dans sa jeunesse je comprenais très bien cette pratique, mais aujourd’hui, dans le dernier quart du siècle, alors que le prochain ne sera que modernité, utiliser encore une telle pratique pour se nourrir à quelque chose d’homme des cavernes.&lt;br /&gt;L’apport économique d’une viande complémentaire n’a plus vraiment lieu d’être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que je rêvasse mamie ainsi que plusieurs autres iliens cherchent des oiseaux au sol, même si je me délecterai de cette fricassée ou de cette daube, je n’ai pas vraiment une grande motivation d’y participer.&lt;br /&gt;En regardant le phare tourner, je ne peux m’empêcher de penser à ce monde qui finit et à l’autre qui ne commencera jamais sur notre île.&lt;br /&gt;Ma sœur Josée a sûrement raison, l’île sera toujours à la remorque du continent, il ne restera que quelques irréductibles pour y vivoter.&lt;br /&gt;Mon père noye son ennui, ma grand-mère s’accroche à un passé et se sécurise comme elle peut dans la dévotion, ma mère a sacrifié son bonheur pour nous, moi je me rattache à ce caillou parce-que je me sens mal à l’aise dans un monde qui va trop vite et qui m’étouffe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que c’est surtout grâce à la beauté, à la pureté du paysage, à la profondeur de l’horizon, à l’absence de civilisation industrielle, de monuments civiques que notre île est souvent jugée comme un paradis de liberté. Mais au fond, je me demande si les problèmes humains ne se décuplent pas à cause de l’insularité. &lt;br /&gt;Sa grosse lampe balaie la lande, moi avec l’haveneau dès que je vois une grive ou une bécasse  je la capture avec ce dernier, Claire fait le reste, elle lui casse les vertèbres en lui tournant la tête, et il n’est pas rare que l’oiseau cri un dernier coup… ! Son sac est déjà bien rempli, satisfaites nous rentrons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le balayement des torches sur le sol, comparé aux balayages des rayons du phare a bien quelque chose d’irréel dans le temps. J’en mesure à cet instant le profond décalage. Rejoignant Pern, deux rayons coup sur coup nous accompagnent, Ils nous passent au-dessus en traversant la brume, nous ne voyons devant ni l’éclat rouge de la jument, ni sur la côte le feu blanc de Nividic. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière nous, le mugissement de la corne de brume du Créac’h s’estompe peu à peu ainsi que la lueur des rayons dans la lande. C’est une ambiance digne des petits lutins et de viltansou à vous glacer le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma très chère Mamie « ici coutume fait loi » surtout lorsqu’il est écrit dans la bible qu’il est permis de se nourrir d’oiseaux (Genése 9,3) comme ceux interdits à la consommation, mouette et cormoran (Lévitique 11,13).&lt;br /&gt;J’ai le souvenir de nos discussions où seuls les enfants pouvaient tirer des bénéfices de la vente des oiseaux : « Ne vent-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre père » (Matthieu 10,29). Donc pour elle, rien ne pourra interdire de ramasser les oiseaux au phare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ne vent-on pas cinq passereaux pour deux sous » (Luc 12,6). C’était donc sous ces tarifs que les enfants avaient le droit de vendre des oiseaux. Pour les adultes ils n’avaient qu’à se donner la peine de venir les chercher, eux ne pouvaient en vendre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la même façon, Mamie respectait les corbeaux car dans la bible il est écrit « Considérez les corbeaux, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni cellier ni grenier, et dieu les nourrit. Combien ne valez-vous pas plus que les corbeaux ! » (Luc 12,24).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Milles souvenirs me reviennent, lorsqu’un ornithologue ami reprochait la cueillette des grives au phare, elle lui répondait du tac eu tac : Mon ami, c’est vous qui n’êtes pas en accord avec les Saintes Ecritures, vos filets n’y sont pas encensés.&lt;br /&gt;« Notre âme s’est échappées comme l’oiseau du filet des oiseleurs » (Psaumes 124,7). Et lui donnait cette feuille en lui disant :&lt;br /&gt;- lisez donc cela plus tard : &lt;br /&gt;- « Dégage-toi comme la gazelle de la main du chasseur, comme l’oiseau de la main de l’oiseleur (Proverbes 6,5). &lt;br /&gt;- « Il se trouve parmi mon peuple des méchants ; ils épient comme l’oiseleur qui dresse des pièges….etc » (Jérémie 5,26). &lt;br /&gt;- « S’ils partent, j’étendrai sur eux mon filet, je les précipiterai comme les oiseaux du ciel » (Osée 7.12).&lt;br /&gt;- « Le prophète est un filet d’oiseleur sur toutes ses voies » (Osée 9,8).&lt;br /&gt;- « C’est lui qui te délivre du filet de l’oiseleur » (Psaumes 91,3).&lt;br /&gt;- « Jette-t-on le filet devant les yeux de tout ce qui a des ailes » (Proverbes 1,17).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois elle ne disait que ces deux derniers pour clouer le bec à tous ses interlocuteurs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces textes, je les connaissais, elle les avait écris et punaisés sur le mur de ma chambre de Pern.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait deux livres de chevet, son dictionnaire et sa bible, pour cette dernière, c’était beaucoup plus qu’une simple lecture, elle y cherchait une justification aux coutumes de l’île parce que selon elle, l’autarcie d’Ouessant avait été aussi culturelle et le rôle des recteurs successifs n’était pas étranger à ses principales règles de vies :&lt;br /&gt;« Faites droit à l’orphelin, défendez la veuve » (Esaïe 1,17).&lt;br /&gt;« De porter  de longs cheveux est une gloire pour la femme parce que la chevelure lui a été donnée comme voile » (1e Epître aux Corinthiens 11,15).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même dans les naufrages leur des tempêtes, elle y voyait l’œuvre de Dieu :&lt;br /&gt;« Des vagues furieuses de la mer, rejetant l’écume de leurs impuretés » (Jude 1,13)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque cela n’allait pas avec mon père, elle me lisait des passages de l’Epître de Paul aux Ephésiens. Papa ne voulait plus la voir car il ne supportait plus qu’elle lui en lise concernant ses excès de boisson : (Proverbes 23, 20/30). (Epître aux Ephésiens 5,18). Etc…etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces lectures ne sont pas pour moi une corvée car je sais que j’adapterai ma conduite en fonction des évènements de la vie et de ma moralité, mais pas de la bible.&lt;br /&gt;« Comme l’oiseau qui erre loin de son lieu » (Proverbes 27,8). Pourquoi avait-elle écrit cette phrase dans l’entrée de sa maison ?.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2636770297165759274?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2636770297165759274'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2636770297165759274'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2010/11/17-coutumes-dun-autre-monde.html' title='17  Coutumes d’un autre monde.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-6880424669008872385</id><published>2010-06-27T12:10:00.002+02:00</published><updated>2010-07-21T22:26:20.945+02:00</updated><title type='text'>16 Rester ou partir.</title><content type='html'>Depuis mon retour de Paris, à mi-septembre, tout est allé très vite, les évènements se sont succédés les uns après les autres, ils m’ont fait perdre la notion du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais devoir vite prendre ma décision, soit partir en fac ou rester travailler à la maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnellement, j’ai envie d’essayer de rester même si travailler à la maison risque de ne pas être facile, et puis si ça ne va pas, cela me fera une année sur l’île.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papa est absent, aujourd’hui il est à Brest. Maman sera plus disponible, j’ai envie de parler de cela avec elle avant que les clients n’arrivent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’ai entendu se lever, je vais attendre qu’elle ait fini sa toilette pour en faire autant. Je me pose mille questions et me fait mille réponses. S’il n’y avait qu’elle, ce serait si facile !&lt;br /&gt;Mais il va falloir négocier avec Papa, me laissera t’-il une certaine forme de liberté d’horaire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est mon tour, j’y vais, maman en sort tout juste, elle se coiffe en marchant la tête penchée, elle se passe la brosse à l’intérieur des cheveux, je la trouve très belle et encore plus dynamique de la sorte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle pourrait jouer dans une pub à la télé. Je m’avance vers elle, je l’embrasse pendant qu’elle continue à se coiffer. Elle me tape sur les fesses en me disant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu ne pourrais pas t’habiller un peu plus&lt;br /&gt;- On n’est toutes seules !&lt;br /&gt;- Ce n’est pas une raison… tu fais vite aujourd’hui, je compte sur toi… ! Du pain grillé comme d’habitude…&lt;br /&gt;- Oui, oui, maman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis déjà sous la douche, je l’entends descendre, je vais vite me préparer, j’ai envie de lui faire plaisir, tant pis pour ma douche câline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que je me maquille un minimum, je l’entends en bas, l’odeur de pain grillé se fait sentir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est bientôt près Muriel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh là, là, vite je suis encore nue, que vais-je mettre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’arrive dans deux minutes… ! en pensant qu’au moins je vais la rassurer, je fonce dans ma chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sors un jean, place mon pull angora rose au dessus, l’ensemble rend bien sur lit, cela devrait aller, le première culotte fait l’affaire, je remets le même soutien-gorge, m’habille, un coup d’œil dans la glace, c’est parfait, je fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman déjeune déjà, mes tartines sont prêtes, pain grillé, beurre, miel, je passe derrière elle et lui fait un gros bisou, elle s’est parfumé, c’est ce que j’ai oublié de faire.&lt;br /&gt;Pendant que nous déjeunons, je me décide à lui parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Maman, j’ai envie de rester au moins cette année, pour travailler avec vous.&lt;br /&gt;- Tu ne préfère pas aller à la fac avant ?&lt;br /&gt;- Cela me parait moins grave de perdre une année avant, que de devoir le faire après.&lt;br /&gt;- Et ton Père&lt;br /&gt;- Je voulais d’abord t’en parler à toi pour avoir ton avis&lt;br /&gt;- Cela m’arrange c’est sûr, maintenant que Corinne est au lycée à Brest….mais aller à la fac c’est ton avenir, ne oublie pas !&lt;br /&gt;- Mon avenir peut-être aussi sur l’île, après vous, il faudra bien que quelqu’un reprenne le commerce.&lt;br /&gt;- On n’y est pas encore, ma pauvre Muriel…et comment vas-tu faire pour supporter ton père ?&lt;br /&gt;- Je ferais de mon mieux.&lt;br /&gt;- Eh oui, tu feras pour le mieux ! me dit-elle d’un ton complètement désabusé, ce n’est pas si simple, il faut que je t’explique quelque-chose. A une certaine époque, j’ai failli divorcer et partie ailleurs. (je pense que c’était donc ça les lettres, elle avait eu un amant. Je reste de marbre pour ne pas qu’elle devine mes pensées.)&lt;br /&gt;- Lorsque je suis allée voir à la caisse des commerçants pour me renseigner sur mes droits, j’ai eu la stupéfaction d’apprendre que je n’existais pas. Ton père ne m’a jamais déclarée, je n’avais ni retraite, ni sécurité sociale, rien, A tel point que s’il lui arrive quelque-chose, je ne sais même pas si je pourrais garder le fond. (et dire que je voulais le faire disparaître ! J’aurais aussi en quelque sorte, tué ma mère ! c’est affreux, je suis un monstre !)&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu’il t’arrive Muriel, ça ne vas pas ?&lt;br /&gt;- Non, non rien je pense à toi, ça me bouleverse. Je ne pouvais quand même pas lui avouer mes intentions ! Et aurais-je été jusqu’au bout de mes pensées ?&lt;br /&gt;- Est-ce que tu comprends mieux la situation ? J’ai déjà eu un mal fou pour qu’enfin je puisse cotiser, alors avec toi, comment vais-je pouvoir faire pour le convaincre ?&lt;br /&gt;- C’est pour cela que tu n’es pas partie ?&lt;br /&gt;- Ce n’est pas aussi simple, mais il y a du vrai. Il y avait vous trois, Josée était encore ici, Corinne était petite et partir à l’aventure avec vous trois vous aurait fait souffrir, et aurais-je été plus heureuse en vous sachant malheureuses ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle marque un temps d’arrêt  &lt;br /&gt;- Alors je suis restée plus pour vous que pour moi, seule, je n’aurais pas hésité un instant&lt;br /&gt;- Tu t’es sacrifiée pour nous ?&lt;br /&gt;- Il y a un peu de cela…mais jamais je ne vous en ferai la reproche… si j’en avais un à faire, c’est à lui…et sa façon de m’avoir considéré…et puis il est vrai que le ne me suis jamais souciée de mon avenir, je lui faisais absolument confiance en tout, quelque part, je suis un peu responsable.&lt;br /&gt;- Et tu savais où partir à l’époque ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma question n’était pas insidieuse, je voulais savoir si c’était lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, je savais, mais j’ai eu peur de franchir le pas. Je ne pouvais pas risquer de vous mette en péril. &lt;br /&gt;Après un silence.&lt;br /&gt;- Si un jour tu as des enfants, tu comprendras.&lt;br /&gt;Et elle rajoute : &lt;br /&gt;- Tu comprendras&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai l’impression que c’est lui, mais je ne veux pas me permettre de lui demander, sinon elle saura que j’ai trouvé les lettres.&lt;br /&gt;Cette discission continua bien après que nous ayons fini le petit déjeuner. J’ai compris le retour de ses lettres. Sachant qu’elle ne ferait pas le pas, ils avaient rompu et il les lui avait retournées.&lt;br /&gt;C’est à mon avis l’explication la plus plausible. Elle aurait donc fait un double sacrifice pour nous, rester avec notre père et refuser l’amour de cet homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait une autre hypothèse. Si la sachant sans ressource et avec nous, c’est lui qui avait rompu ?&lt;br /&gt;Mais non, ce n’est pas possible puisqu’elle vient de me dire « J’ai eu peur de franchir le pas ».&lt;br /&gt;Si mon idée est juste, cet homme est des plus généreux, il nous aurait prises toutes les quatre sans rien. Alors que mon père n’a même pas pensé à l’avenir de maman, il faut être abject et vil. Si maman pouvait avoir confiance en moi et m’en parler !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je réalise aussi que je ne peux être sa fille puisque que ma jeune sœur Corinne était là.&lt;br /&gt;Bien que nubile, tout ceci ne m’encourage guère à avoir une vie de couple, pourtant parfois, j’aimerai me laisser bercer dans une tendre histoire d’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère se lève pour se préparer à ouvrir aux clients. Je me charge de tout ranger à la cuisine. Il ne fait aucun doute que nous allons passer une bonne journée ensemble, sans cris et sans heurts. Certains clients ne sont pas mécontents de l’absence de papa, d’ailleurs maman est unanimement et infiniment appréciée par tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois je trouve qu’elle a des dons pour dispenser le bonheur autour d’elle. Que moi, sa fille en soit, irradiée, rien de plus normal, mais son aura est telle qu’elle la communique aux clients grâce à sa bonne humeur, sa gentillesse et son sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en éprouve une grande fierté, c’est pour moi un enseignement de vie…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques hures tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;….Nous arrivons déjà en fin d’après-midi. Dehors c’est un temps d’automne, la brume tombe avec la nuit, une froide humidité enveloppe l’île. Rien qu’à regarder les clients, lorsqu’ils rentrent, je n’ai pas besoin de sortit pour me faire une idée du temps. Il me suffit de les voir se frotter les mains, les bras, se secouer les épaules et respirer bruyamment pour comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi le deuxième qui me dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cette nuit va être un temps pour aller aux grives !&lt;br /&gt;C’est aussi ce que je pense, mais pas pour les mêmes raisons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La journée a été assez calme dans l’ensemble et maman a envie de fermer assez tôt, de plus, les clients ne trainent pas. Aussitôt les courses faites à l’épicerie, au tabac, ils repartent tous très vite, peu restent assis en salle.&lt;br /&gt;- Muriel, ta grand-mère au téléphone !&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu’elle veut ?&lt;br /&gt;- Tu verras, viens&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis surprise, quoique je me doute un peu.&lt;br /&gt;- J’arrive maman, tu finiras de nettoyer la machine à jambon ? je la prends à la cuisine.&lt;br /&gt;- Allo mamie, que veux-tu….Pourquoi ?...Avec ce temps !...Ce n’est vraiment pas raisonnable….J’en parle à maman….D’accord.&lt;br /&gt;- Maman, je crois que Mamie ne va pas bien…., elle veut aller aux grives sous le phare cette nuit, elle me demande de venir l’accompagner !&lt;br /&gt;- J’avais compris et je savais que c’était pour cela, elle m’en a déjà parlé lorsque je suis allé la voir.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que je fais maman.&lt;br /&gt;- On ne sait jamais ce qui peut lui arrivé ! je te laisse la mobylette, tu y feras attention sinon père en fera un drame…. Je n’ai pas envie qu’elle fasse comme en septembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ces paroles, je me sentis responsable. Si j’avais respecté mon engagement, mamie ne serait pas allée seule cueillir son Pioca alors que la mer était mauvaise, une marée de 103, Elle veut toujours faire ses flancs elle-même. Elle n’est pas Bretonne pour rien.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-6880424669008872385?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/6880424669008872385'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/6880424669008872385'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2010/06/16-rester-ou-partir.html' title='16 Rester ou partir.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-606138131372512827</id><published>2010-05-13T17:34:00.001+02:00</published><updated>2010-05-13T17:35:46.168+02:00</updated><title type='text'>15  Les filets dans Arland</title><content type='html'>L’orientation de ce vallon encaissé est favorable à l’abri des oiseaux, il descend du Nord vers le Sud et son ruisseau se jette sur le sable blanc de la plage, au large Molène. &lt;br /&gt;Les vents dominants de secteur Ouest et Est ont ici un peu moins d’impact sur les arbres où seule la canopée est constamment balancée, &lt;br /&gt;Les plus hautes futaies des saules n’ont pas plus de 5 à 6m, l’ensemble est assez compact, la largeur du stang n’excède pas dix mètres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En haut et au début du vallon, la végétation est plus diversifiée, un magnifique aloès côtoie des essences d’arbre plus nombreuses. C’est là, que les filets sont disposés en forme de T.&lt;br /&gt;Justement ce matin au lavoir « La maréchale » rince son linge avec sa fille. &lt;br /&gt;Après quelques mots avec nous, nous continuons la descente, tous les passages stratégiques que peuvent emprunter les oiseaux dans leurs déplacements sont barrés de filet verticaux de 2 mètres de hauteur.&lt;br /&gt;Suivant la largeur des dits passages les bagueurs ont haubanés à chaque extrémité de sorte qu’il nous faut zigzagués pour éviter les filets d’environ 5 à 6 m à vu de nez. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous arrivons à mi-parcours du vallon et c’est là sur le muret qu’Yvon et ses bagueurs ont installés leur Q.G., une table de camping, avec des chaises pliantes, assis l’un en face de l’autre, chacun d’eux à sa tache, l’un prend des mesures, l’autre les transcrit. &lt;br /&gt;L’oiseau repartira avec une bague métal à la patte, lui qui n’avait aucune identité s’en trouvera une avec un numéro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ces bagues mises sur les pattes des oiseaux d’Ouessant n’ont pas le même symbole que dans l’Égypte ancienne où le fauconnier avait sur lui le même anneau que son oiseau comme dans un mariage d’amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je mesure dans cette pratique, l’immense dissociation entre la pensée poétique et la manipulation scientifique. L’oiseau des poètes et des libertaires y perd là toute symbolique.&lt;br /&gt;Pourtant je pense souvent qu’aucune autre mer portant une île, n’a connu une telle magnificence dans la diversité et l’origine de la gent aillée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur notre caillou, ils sont venus à la fois de la toundra sibérienne, des immenses plaines d’Amérique du nord, des mers arctique et antarctique, j’ai toujours éprouvé plus de gratitude dans mon imaginaire avec des observations furtives que de les voir distinctement mais aussi pitoyablement prisonniers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rejoins Saint John Perse (des oiseaux) « de tous les animaux (….) l’oiseau (….) par son incitation au vol, fut seul à doter l’homme d’une audace nouvelle ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, lorsque malheureusement un oiseau meurt dans les filets, je souhaite que comme dans l’iconographie médiévale, son âme d’échappe de son corps sous la forme d’un autre oiseau.&lt;br /&gt;Les oiseaux ici sont à l’image des bateaux, ils passent, les uns fendent le vent, les autres brisent les eaux, nous, les rampants ne pouvons que vouloir les imiter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi ces oiseaux qui passent, certains diront-ils après leur séjour ici, ces saintes paroles :&lt;br /&gt;« Je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ». Cela changera de ce que les marins du monde entier disent en croisant au large d’Ouessant « qui voit Ouessant voit son sang ».&lt;br /&gt;Notre île, si belle soit-elle, n’est quand même qu’un morceau de terre altérée par la mer.&lt;br /&gt;L’oiseau y est surtout en transit, car peu peuvent s’en accommoder pour s’y sédentariser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est par cela que les bagueurs du muséum sont si nombreux à venir, d’ailleurs pendant longtemps, l’île même leur centre de formation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’arrive en bas du vallon d’Arland, Yann est là, il démaille les oiseaux prisonniers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour Yann, lui dis-je en le voyant penché sur sa proie, il semble avoir des problèmes avec une aile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- ca va Muriel me répond t-il sans me regarder, comme si tout aller bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu le tiens mal, Yann ! prends le bien entre ton index et le majeur, sors le vers toi et dégage le filet vers l’avant, ça va venir tout seul, aller n’ai pas peur de tirer ! Yann a fait ce que je lui au dit et l’oiseau s’est sorti lui-même les ailes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne savais pas que tu démaillais aussi bien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai aussi appris cela depuis mon jeune âge&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quel âge&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quatorze ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu as vraiment pratiqué l’ornithologie très jeune !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que nous parlons, il place l’oiseau dans un petit sac de tissu, ferme l’ouverture avec un long cordon, et le pend à son cou pour avoir à nouveau les mains libres et passer au suivant.&lt;br /&gt;Ces tournées ont lieu environ toutes les vingt minutes. Une fois au poste les poches sont triées et pendues séparément.&lt;br /&gt;Yvon les prend une à une, extrait l’oiseau, lui place à la patte, lui mesure l’aile, contrôle ses réserves de graisse et enfin le pèse.&lt;br /&gt;Yann a proposé à Béatrice de prendre l’oiseau dans ses mains pour lui rendre la liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah oui, avec plaisir, dit-elle avec la même joie que l’on reçoit un cadeau.&lt;br /&gt;- Donne tes mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu gauche, Béatrice n’ose pas le prendre de peur de lui faire mal. Il lui place donc l’oiseau dans ses mains et lui demande de les fermer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Béatrice tend les bras en avant, le regard de tous est fixé vers elle, elle les ouvre, l’oiseau en jailli comme éjecté à l’aide d’un ressort, il se pose à notre vue, s’ébouriffe, lâche une fiente et disparaît dans un océan d’éternité comme un infime satellite traversant l’univers céleste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est merveilleux dit-elle hilare, je ne l’ai même pas senti dans mes mains tellement c’est léger ! &lt;br /&gt;Je lui explique que parfois, je participe à deux opérations ; le contrôle de ses réserves de graisse.&lt;br /&gt;Pour cela, ma main immobilise l’oiseau, sa tête entre deux doigts, son dos contre l’intérieur de ma main, je lui tiens les pattes, c’est alors que je lui souffle vigoureusement au niveau de la gorge afin de voir si sa fosse claviculaire est pleine ou vide de graisse.&lt;br /&gt;Me voyant faire Béatrice s’exclame &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cela ne m’étonne plus qu’il se remette toutes les plumes en place avant de partir ! et rajoute : &lt;br /&gt;- C’est vraiment nécessaire cette technique barbare ?&lt;br /&gt;Son ton est très désapprobateur, je n’ose pas lui dire que je la comprends. Avec une voix qui se veut convaincante, je lui explique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est un renseignement précieux pour comprendre son comportement dans une étape migratoire. Grâce à l’état de l’adiposité, on sait s’il repartira tout de suite ou s’il devra reconstituer des réserves sur place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre opération est le pesage : je glisse l’oiseau dans un cône ; la tête vers la bas, suspendu à un peson, je lis de la sorte son poids.&lt;br /&gt;A l’expression de Béatrice, elle ne sera jamais une bagueuse d’oiseau !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anne-Marie arrivée en contretemps a déjà remplacé Yann dans la transcription des données pour aider Yvon. Elle connaît par cœur l’orthographe des noms latins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les deux premières opérations, c’est Yvon qui les exécutent ; La délicate pose de la bague, celle-ci doit être jointe à la perfection et enfin, la mesure à un demi-millimètre près de l’aile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai appris avec lui et en compagnie de Mr Julien, ils appréciaient mes petits doigts, à l’époque. Il voulait même m’apprendre le violon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui fais voir le filet avec ses trois poches tombantes, et lui explique comment l’oiseau en le percutant tombe en bas de celle-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il n’en mort pas, me dit-elle.&lt;br /&gt;- Non, si on le libère avant 20mn, c’est pour cela que l’on fait une tournée tous les quarts d’heure &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons fait une tournée ensemble, et je relâche aussitôt des oiseaux déjà bagués par nous même, cela arrive souvent de les reprendre très vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est 11h à midi l’opération s’arrête comme d’habitude, j’en profite pour dire au revoir nous descendons la route d’Arland vers la cale, je suis pressée de connaître le jugement de Béatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors qu’en penses-tu ? &lt;br /&gt;- Pas mal… J’ai vu qu’il te regarde souvent en tout cas… &lt;br /&gt;- Bof, tu crois ? &lt;br /&gt;- Tu n’a pas remarqué, vraiment ?! &lt;br /&gt;- Si mais pas plus que ça..&lt;br /&gt;- Il semble être intéressant et j’aime bien sa voix.&lt;br /&gt;- Tu l’as aussi remarquée !&lt;br /&gt;J’étais contente que Béatrice ait été sensible à ce détail, décidément nous nous ressemblons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- D’où est-il &lt;br /&gt;- De Normandie&lt;br /&gt;- Ce n’est pas la porte à côté&lt;br /&gt;- Hé ! Tu ne vas pas un peu vite Béa ?&lt;br /&gt;-  Il faut savoir de que tu veux Muriel, si tu me demandes ce que j’en pense, c’est que tu as une idée, non ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle m’a surprise, j’en suis interloquée, j’ai envie de me dérober et de ne pas répondre, mais je me sens prise au piège.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu oublies, il a peut-être quelqu’un.&lt;br /&gt;- Souhaites-tu vraiment qu’il en ait une autre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La garce, elle me met au pied du mur, elle a devinée. Je n’ai pas envie de rentrer dans son jeu, même si au fond de moi, je sais qu’elle a raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes arrivées sur la cale et nous nous asseyons sur la digue, la mer est belle. &lt;br /&gt;En face de nous au fond du fromveur, le phare de Kéréon, derrière Molène et au loin la pointe St Mathieu.&lt;br /&gt;Voir si loin en automne est assez courant, malheureusement selon le dicton populaire, voir le continent est annonciateur de pluie.&lt;br /&gt;Eu regardant la plage, je pense au Milles et Un Contes de la nuit et ses filles oiseaux se posant pour se baigner et abandonnant leur plumage sur la rive afin qu’un garçon s’en empare. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me voici comme elles, désormais dépendante d’une volonté masculine, mais sans soumission apparente. Elles, la captivité leur fait éprouver la nostalgie de la liberté et elles pourront à nouveau s’envoler vers de nouveaux espaces qu’après avoir retrouvé leurs vêtements de plumes.&lt;br /&gt;Comment puis-je faire ressentir mes pensées, mes rêves à Béa ? &lt;br /&gt;Peut-être qu’Anne-Marie me comprend plus ?&lt;br /&gt;Personne ne peut vraiment me comprendre, Yann le pourrait-il sans me faire subir de cruelles épreuves ?&lt;br /&gt;Celles de mon père me suffisent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-606138131372512827?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/606138131372512827'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/606138131372512827'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2010/05/15-les-filets-dans-arland.html' title='15  Les filets dans Arland'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-7158798010338011778</id><published>2010-03-21T16:53:00.003+01:00</published><updated>2010-03-21T17:07:54.308+01:00</updated><title type='text'>14 Yann</title><content type='html'>Yann ne me semble pas comme ces touristes que l’on nomme les chinchards qui d’emblée ne remarquent que nos contraste à l’image de nos phares modernes et vieux, blancs et noirs comme nos moutons.&lt;br /&gt;Des couleurs de la bruyère et de nos ajoncs, des arbres plus petits que nos maisons, de belles maisons entourées de friches et de ruines.&lt;br /&gt;Puis, bien longtemps après, lorsqu’ils parlent aux, ou des iliens, c’est pour dire ou penser si fort que l’on n’a pas besoin de les entendre pour comprendre : Mais comment peut-on vivre ici ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann, lui n’a pas vu cela. Il a tout de suite eu envie de partager notre qualité de vie. La première chose qu’il a vue chez nous, c’est l’absence de toute pollution. Pour lui, nos ruines et nos friches ne sont pas synonymes de misère et d’abandon. Il a aussi très bien compris que la modernisation de notre ancienne maison, mon père ait fait agrandir les fenêtres pour que la lumière y entre et que l’habitude qui avait encore cours il y a à peine cinquante ans, à évolué, tout simplement parce que nos maisons peuvent être chauffées grâce à la centrale électrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a très bien compris aussi que si nos anciens ont pu vivre sur l’île, c’est bien grâce à eux-mêmes et sans vraiment le concours de l’état. Celui-ci n’a fait que prendre nos hommes pour sa marine.&lt;br /&gt;Ce n’est qu’aujourd’hui et depuis assez peu de temps, que le gouvernement nous modernise en nous influant de l’argent pour la réalisation d’équipements collectifs. Ceux qui n’y voient de l’assistanat sachent, c’est un juste retour des choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann me comprend bien, nous nous comprenons bien, lorsqu’il dit lui-même :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les îles ne pourront jamais vivre au même rythme que le continent et le dégagement des richesses produites ne peut avoir cours que pour les îles très proches de celui-ci à l’exemple de Batz ou alors être un petit continent à l’image de Belle-Île. Mais pour des petites îles éloignées et d’un accès difficile comme vous, il est impératif qu’il vous aide plus que d’autre.&lt;br /&gt;La solution idéale serait qu’il vous fournisse un outil de production en prenant à sa charge l’apport des matières premières et le dégagement des richesses produites. Car aucune entreprise n’acceptera et ne pourra prendre à sa charge un tel surcoût dans la vente de son produit face à la concurrence. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’explique à Béatrice que nous avons eu cette discussion en rentrant de chez ma grand-mère et j’ai été surprise de voir un tel décalage entre ses idées et les nôtres. Je savais aussi que ma grand-mère n’avait pas envie du progrès, mais là elle m’a soufflée, elle n’a en fait, envie de rien, sinon de vivre un peu comme avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu sais Muriel, pour nos grands-parents si gentils soient-ils avec nous, ils ne conçoivent pas que nous puissions faire notre avenir ici, pour eux, réussir sa vie, c’est partir sur le continent.&lt;br /&gt;- Parle-moi plus de Yann, comment le trouves-tu ?&lt;br /&gt;- Si pendant le trajet, il m’avait pris la main, je ne lui aurais pas refusé.&lt;br /&gt;- Tu l’aime ?&lt;br /&gt;- Je ne sais pas, mais je me sens bien en accord avec lui, je le trouve sympathique et je crois que je pourrais l’aimer…il me plait bien …j’aime ce qu’il dit, ce qu’il pense.&lt;br /&gt;- Ah, ah, Muriel tu es séduite !&lt;br /&gt;- Oui peut-être bien&lt;br /&gt;- Je le connais ?&lt;br /&gt;- Non je ne crois pas&lt;br /&gt;- Il est beau ?&lt;br /&gt;- Pas vraiment, disons qu’il a du charme.&lt;br /&gt;- Tu me le feras connaître ?&lt;br /&gt;- Je sais qu’en principe il bagne les oiseaux demain avec Yvon dans Arland.&lt;br /&gt;- Je n’ai jamais vu comment cela se pratique, tu y vas Muriel ?&lt;br /&gt;- Si tu viens vient avec moi, je veux bien&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La soirée est très avancée, d’autant plus que nous avons lu et parlé de nos livres. Étant imprégnée des oiseaux de Saint John Perse, j’en lis quelques passages à Béatrice. Il est tard, nous fermons la lumière.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-7158798010338011778?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7158798010338011778'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7158798010338011778'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2010/03/14-yann.html' title='14 Yann'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-4947787488498148554</id><published>2010-01-30T21:45:00.003+01:00</published><updated>2011-12-22T10:00:27.007+01:00</updated><title type='text'>13 - Le sauvetage.</title><content type='html'>Je ressens une tension particulière dans cette maison, l’explication de Jean est pesante.&lt;br /&gt;Sa femme, Marie, est pourtant habituée, mais peut-on rester calme et stoïque lorsque son mari raconte son sauvetage. Elle sait qu’il a encore risqué sa vie pour en sauver une autre, c’est ainsi depuis longtemps comme celle d’un funambule sur son fil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie-Thérèse sa fille, qui est la maman de Béatrice, est encore plus captivée. Peut-être parce que son père est pour elle un héros : L’image qu’elle s’est forgée de lui est celle d’un être hors du commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ces pilotes sur les côtes de France sont de la même trempe, leur métier en mer est si périlleux qu’il forge un type d’homme capable d’affronter les pires conditions de navigation.&lt;br /&gt;Ce sont des marins de l’extrême. Béatrice est complètement admirative et radieuse, pour elle, c’est presque de la routine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis sa tendre enfance elle a été bercée de tous ces récits, de toutes ces aventures. Chez elle, il n’y a eu des marins comme son grand-père, Jean Cuillandre, son mécano, ses matelots, ses amis les gardiens de phare, que des hommes de l’extrême. Je l’envie car l’univers du café de mon père n’est pas le même, ils ne sont pas de la même trempe ! bien au contraire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous étions arrivés chez la mère de Béatrice sans savoir ce qui s’était passé, nous revenions avec la chatte.&lt;br /&gt;A l’explication du sauvetage, Béatrice dit :&lt;br /&gt;- Tu es formidable pépé.&lt;br /&gt;Elle était heureuse, elle souriait de savoir que son grand-père avait encore réalisé un acte héroïque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Michel, un gardien de La Jument, avait une crise d’appendicite aigüe. L’hélicoptère, une alouette avait bien tenté l’hélitreuillage sur le phare, mais les conditions de vent étaient telles que le pilote ne put rien faire.&lt;br /&gt;Et ce n’était pas faute d’avoir essayé plusieurs approches, mais il faut dire que le gardien était dans un sale état et cela rendait encore plus impossible son évacuation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne restait donc qu’une solution, faire l’évacuation avec la vedette. La Ouessantine était au mouillage à Argenton, il fallait donc transporter Jean et son mécano à pied d’œuvre.&lt;br /&gt;C’est ce qui fut fait, l’hélicoptère a pris les deux marins à Lampaul, de là, cap fut mis sur Bannec, Molène et ensuite vent arrière jusqu’à la côte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pilote ne pouvant pas consulter ses cartes, c’est Jean qui le guidait pour rejoindre le port d’Argenton.&lt;br /&gt;Bien que l’atterrissage eut lieu dans la plus extrême des solitudes, peu de temps après, il y avait des dizaines de personnes sur le quai, avec leurs transistors branchés sur Radio-Conquet les gens de mer suivaient l’événement.&lt;br /&gt;Ici les gens savent que si l’hélicoptère arrive dans un tel déluge, il se passe quelque-chose de grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que Jean, et Jeannot son mécanicien, s’apprêtaient à prendre le canot pour rejoindre leur vedette au corps-mort, un de ses amis pêcheur du continent, viens le voir et lui dit :&lt;br /&gt;- Jean, c’est de la folie, cela brise du Four à la côte, tu ne pourras jamais sortir.&lt;br /&gt;Et Jean lui dit : &lt;br /&gt;- Il y a un homme à sauver&lt;br /&gt;- Où çà ?&lt;br /&gt;- Un gardien de La Jument risque de mourir d’une crise d’appendicite, il faut l’évacuer absolument.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux hommes avaient été obligés de crier pour s’entendre.&lt;br /&gt;- Bonne chance, je sais que tu feras pour le mieux, et tout bas il dit : « Au cas ou que Dieu lui fasse paix ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De là, Jean et Jeannot partirent avec la vedette pour rejoindre le Stiff. &lt;br /&gt;Il fallait prendre Jean-Jacques le médecin, un matelot, un nouveau gardien et filer vers la Jument. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean avait perçu une certaine inquiétude chez Jeannot son mécano, bien que ce dernier eut une extrême confiance dans son patron, il ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine crainte. &lt;br /&gt;Pour rejoindre le Stiff, Jean n’a qu’un unique instrument, le compas, cap au 250°, vitesse 9,5 nœuds, soit environ quatre vingt dix minutes de traversée dans le déferlement des vagues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est alors qu’ils croisèrent une masse sombre et que Jean cru bon de dire à son mécano :&lt;br /&gt;- N’ai pas peur, il n’y a pas de danger, j’ai l’habitude de voir ce bateau, nous sommes sur le bon chemin.&lt;br /&gt;Jeannot avait dû se sentir rassuré puisqu’il dit :&lt;br /&gt;- Quel temps de boucaille ! ce ne sont que des paquets de mer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois au Stiff, Jean en profita pour aller se changer, il était comme une soupe, plus rien n’était sec sur lui, Jeannot fit de même.&lt;br /&gt;Ils avaient un peu de temps devant eux, la marée descendait, mais il fallait quand même faire vite. &lt;br /&gt;De retour au Stiff, le nouveau gardien avait été choisi, c’est le plus léger qui fut embarqué afin que la manœuvre pour le treuiller au phare soit le moins pénible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinq hommes étaient maintenant dans la vedette pour rejoindre La Jument, Jean était le plus confiant car il avait plus de repères pour se guider. Son cap au 240°, la visualisation des côtes du Sud de l’île et les précieux brisants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il leur a fallu quarante minutes pour descendre le Fromveur, le courant était avec eux, au phare, le gardien valide jette sa bouée dans le courant afin qu’elle arrive sur la vedette, le matelot a réussi sans trop de peine à récupérer la ligne, la marée remontait déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tenant la barre avec don dos, le levier de l’embrayage dans sa main droite, la manette des gaz dans la main gauche, surveillant ses hommes, les vagues, la manœuvre, à partir du pont arrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean doit présenter sa vedette par l’arrière et toujours parallèle au treuil, quelle que soit la force du courant, la hauteur de la houle, il ne doit être ni trop près, ni trop loin, par ce temps, à environ 150m de La Jument, les vagues ont 5 à 6m de hauteur. &lt;br /&gt;Le gardien valide a réussi seul à treuiller le remplaçant, il a dû se surpasser dans l’effort. Pour descendre le malade, il a fallut placer celui-ci dans un sac de ravitaillement tellement il était mal.&lt;br /&gt;Il ne tenait plus debout et jamais il n’aurait réussi à se maintenir assis sur le ballon. Il n’y avait donc que cette solution, les gardiens l’avaient placé dans un sac neuf.&lt;br /&gt;Le descendre a été ensuite une manœuvre faite avec mille précautions, il est arrivé à bord comme dans un fauteuil, enfin presque !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il restait une dernière manœuvre à effectuer, restituer le filin (hale-a-bord) au gardien. Pour le lester, le matelot y a attaché un bidon de butane, le tout a été lancé au plus près du phare.&lt;br /&gt;Pendant que les gardiens se chargeaient de cette récupération, la Ouessantine filait vers le Stiff.&lt;br /&gt;A bord Jean-Jacques Gonin avait fait un diagnostic du malade, puis avait demandé par radio son évacuation sur Brest, il repartira donc avec l’alouette.&lt;br /&gt;Cela aurait été plus rapide par Lampaul, mais l’entrée de la baie était absolument impossible, les vagues passaient par-dessus le Youc’h-Korz.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le retour ne fut que formalité, ils avaient à nouveau la marée avec eux. Jean rajouta avant de finir :&lt;br /&gt;- Heureusement que la marée était avec nous, sinon aurions-nous réussi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa femme lui demande :&lt;br /&gt;- Et Mic ?&lt;br /&gt;- Il s’en sortira, c’est un gaillard.&lt;br /&gt;- Sais-tu papa que nous avons essayé de te voir, nous étions au Runiou et nous n’avons absolument rein pu distinguer !&lt;br /&gt;- Cela ne m’étonne pas car parfois, les grains étaient d’une telle intensité que je voyais tout juste la jument. Jean se pris la tête dans ses mains et rajouta :&lt;br /&gt;- Quelle tempête ! Quelle tempête ! il secoue la tête et Marie dit : &lt;br /&gt;- Enfin tu es avec nous, c’est le principal. Jean ne répond pas.&lt;br /&gt;- Et que serait-il arrivé si vous n’aviez pas pu effectuer l’évacuation ?&lt;br /&gt;- Ce qui est prévu dans le règlement des gardiens de phare me répond t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marithé répondit avec l’angoisse sur son visage&lt;br /&gt;- Il vaut mieux ne pas y penser, ma pauvre Muriel ! Oh non.&lt;br /&gt;- Dans tous les phares en mer, il y a de quoi effectuer une chirurgie d’urgence, c’est son compagnon qui aurait pratiqué l’opération de la dernière chance.&lt;br /&gt;- Mais comment ? demandais-je à nouveau.&lt;br /&gt;- Par téléphone avec un médecin du continent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’idée de l’acte, je n’ai demandé aucune autre explication.&lt;br /&gt;Au cours du récit, Jean avait pris deux grandes assiettes de potage aux légumes…&lt;br /&gt;C’est bien après que l’on a pu parler des retrouvailles de la chatte Nouche. En fait, elle s’était trouvée malencontreusement enfermée dans la crèche d’Hélène et si elle ne l’avait pas entendu miauler, elle y serait peut-être encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’expliquais qu’Hélène en a parlé à ma mère pour savoir à qui était cette chatte.&lt;br /&gt;Pendant que Béatrice ressemble quelques effets, j’embrassais tout le monde et quittant Kervasdoué nous partons vers le bourg, elle dormira à la maison, j’ai tant de choses à lui dire !&lt;br /&gt;Sur le chemin je dis à Béatrice que le vie de son grand-père me fait penser à ces gens de rien, mais qui pas leur courage, leur bravoure, leurs sens du devoir n’ont pas hésité à chaque fois à offrir leur vie pour arracher à la mer celle d’un autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle m’explique ensuite que pendant la guerre, la dernière, alors qu’il était en mer, il avait sauvé deux pilotes allemands, après un combat aérien, l’avion touché par les anglais est tombé en mer.&lt;br /&gt;Son grand-père avait réussi à monter sur l’aile, à extraire les deux pilotes et les ramener à Ouessant. En échange pour le remercier, il avait obtenu la libération de deux prisonniers de guerre français. Un Ouessantin avait été libéré, et il ne sut jamais rien pour le second.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu’un homme ordinaire n’aurait entrepris aucun sauvetage et personne ne lui aurait des reproches, peut-être même aurait-il eu des félicitations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean se devait de sauver les hommes, il est un médecin de la mer, son serment d’Hippocrate il l’a prononcé au large.&lt;br /&gt;Nous croyons que ses hommes là ne peuvent concevoir qu’un être humain puisse périr noyé sans qu’il ne tente l’impossible, c’est ce que nous nous disons en parcourant le trajet où je vais retrouver mon père.&lt;br /&gt;Que j’aurais été fière d’avoir un père comme lui !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Papa fut agréable, il a bien accueilli Béatrice, Après le repas nous sommes allées dans ma chambre, pour lui parler de Yann.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-4947787488498148554?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4947787488498148554'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4947787488498148554'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2010/01/13-le-sauvetage.html' title='13 - Le sauvetage.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2372418754756341769</id><published>2009-12-31T22:55:00.001+01:00</published><updated>2009-12-31T22:57:23.652+01:00</updated><title type='text'>12 - Journées obscures.</title><content type='html'>Je marche face au vent, la pluie cingle mon visage, mes joues sont noyées à la fois par les gouttes et les larmes.&lt;br /&gt;Le cœur meurtri, je pleure de colère, de déception, de répulsion, de tristesse. C’est mon père et j’en éprouve de la haine. J’ai pourtant envie de l’aimer, je ne demande que cela.&lt;br /&gt;De plus en plus, j’ai des pensées de délivrance, je souhaite qu’il nous quitte, qu’il disparaisse de notre vie. Détester mon père est une idée qui m’est pénible, déroutante, cela me met mal à l’aise. &lt;br /&gt;Si je ne peux l’aimer vivant alors je l’aimerai mort. Je suis face à la baie, son bateau est devant le corps-mort. Je n’ai pas osé dire à ma grand-mère mon idée de provoquer une panne afin qu’il ne rentre plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne pouvait-il être à la place de mon oncle, son frère ? Les seuls souvenirs que j’ai de lui sont de furtifs moments agréables. Son visage est devenu flou dans ma mémoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leur chalutier de pêche la « Jeanne Gougy », en panne en pleine tempête, avait été drossé et renversé sur les roches noires près du cap Lizard. Seul le cuisinier protégeait dans une poche d’air s’en était sorti au bout de trois jours, les sauveteurs avaient découpés la coque du bateau, tous les autres marins sont morts noyés, dont mon oncle.&lt;br /&gt;Cette tragédie de la mer ressortait souvent dans les repas de famille. Je pense que si son bateau est pris dans le kensy par des vents de norois, il ne devrait pas survivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais déjà une idée, je sais qu’il a toujours une réserve de carburant dans son bateau. Je sais aussi qu’une des plaisanteries favorites des garçons du collège à Brest est de mettre du sucre dans les réservoirs des mobylettes afin qu’elles tombent en panne. Je pense que c’est pareil sur un bateau, mais comme c’est plus gros, il doit falloir en mettre plus.. ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si j’ai honte de moi, de mon comportement, de mes pensées, je ne l’ai pas pour maman, je la comprends et je crois que j’aurais fait comme elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense encore aux lettres que j’avais trouvées et qu’elle avait écrites à un homme. J’ai reconnue son écriture, je l’ai comparée avec celle des lettres qu’elle m’envoyait au collège.&lt;br /&gt;Il n’y a aucun doute, ma mère a eu un amant, peut-être l’a-t-elle encore ? Si nous avions été heureuses, jamais je ne lui aurais pardonné, mais là, comment refuser le bonheur, l’amour ? Ce ne peut être du vice.&lt;br /&gt;Ces lettres étaient sans enveloppes, toutes ensembles, avec un ruban. Sur la première, une page : A détruire après ma mort.&lt;br /&gt;C’est donc qu’elle l’avait aimé très fort et qu’elle ne voulait pas détruire les lettres de son vivant, au risque que son secret soit découvert.&lt;br /&gt;Parmi ces lettres, aucune photo, toutes commençaient par « mon petit oiseau des îles » invariablement. Les seules dates étaient les jours de la semaine avec l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère a des dons de poète, cela je l’avais remarqué il y a longtemps, souvent elle nous disait des phrases de mots tendres dans des doux monologue, c’était joli et harmonieux. Lorsque nous étions malades, Corinne et moi, c’était pour nous un plaisir d’entendre ses phrases et de recevoir ses caresses.&lt;br /&gt;Je ne peux m’empêcher de penser « avait-il été malade ? L’a-t-elle soigné comme elle le faisait pour nous. »&lt;br /&gt;Qui est cet homme ? Je n’aurai jamais le courage de le lui demander puisqu’elle veut l’emmener avec elle dans sa mort !&lt;br /&gt;Il m’arrive encore de démonter le double fond de la commode pour lire ses lettres.&lt;br /&gt;Je sais maintenant parfaitement exécuter cette manœuvre sans aucune difficulté et puis, lorsque ma chambre est fermée, j’ai le temps de tout cacher pour ne pas être surprise, surtout par mon père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à elle, je sais qu’elle ne pourra rien me dire, sinon trouver une autre cachette, mais je serai déçue car j’aime garder ce trésor, je m’en sens la gérante, le garant.&lt;br /&gt;Plus je les lis, plus je me dis, serais-je capable un jour d’écrire de si beaux poèmes à celui que j’aimerai ? Il m’est même arrivé de penser que j’aurais aimé avoir comme père cet homme qu’elle chérissait. Comment pourrais-je les unir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que faire disparaître mon vrai père m’en ferait aimer un autre ? Et puis, cet autre père, a-t-il aussi des enfants, une femme ? Est-il tout simplement en vie ? Aime-t-il encore ma mère ? Car il a dû l’aimer pour qu’elle lui écrive d’aussi belles lettres commençant toujours de la première à la dernière par Mon petit oiseau des îles. Ce terme me rapprochait de ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me rappelle ses caresses, ses yeux brillants d’amour, la douceur de sa voix lorsqu’elle me disait : Tu es mon petit oiseau des îles. Qui suis-je dans ces moments là ? Lui à travers moi, moi à travers lui, ou un peu des deux à la fois ? De qui suis-je le fruit ? De cet amour ou tout simplement mon père ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’ayant aucune photo, j’ai beau me regarder des heures dans la glace, je ne peux savoir à qui je ressemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman m’est encore plus proche, je l’a connais un peu plus, ma chère mère, je sais son secret, je le partage un peu.&lt;br /&gt;Ma seule tristesse, mon seul regret, c’est que dans ses lettres il y’en ait que pour lui comme si nous n’existions pas ou plus.&lt;br /&gt;Que notre père y soit absent, je comprends, mais nous ses filles ?&lt;br /&gt;Je ne me suis jamais aperçu qu’elle ne nous donnait moins d’amour pour en garder un peu plus pour lui. Elle avait donc le cœur si grand, si généreux ou est-ce tout simplement que l’amour donné ne se dose pas ? Que l’amour pour les uns n’enlève rien aux autres ? Que cela doit être beau d’aimer, je me sens vraiment jeune, trop jeune. &lt;br /&gt;Mais elle me donne confiance, la force d’espérer et d’attendre pour être aimée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense à mes petits flirts de Brest, jamais je n’ai eu envie de leur écrire d’aussi belles choses, suis-je faite pour être aimée ? D’autant plus que mon père ne n’aime pas, mais est-il mon père ? Et si c’était l’autre, le petit oiseau des îles ? Pourquoi j’aime tant les oiseaux ? Y’a-t-il un rapport ?&lt;br /&gt;J’aimerais me blottir dans ses bras pour qu’il me câline, pour qu’il me garde comme un bébé, j’ai encore envie d’être petite, même si je veux grandir vite. Et que c’est long de devenir adulte !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis assise, il pleut toujours, son bateau se balance, mes idées sont confuses, mon horizon s’obscurcit, comme on dit, j’ai le blues, plutôt que de penser à choisir ses parents, si eux-mêmes pouvaient vraiment se choisir au fil de leur vie, voire nous demander notre avis, cela serait moins perturbant et multiplierait nos chances de mieux s’entendre avec eux et d’être plus heureux. &lt;br /&gt;J’ai beau penser, je ne vois que cette solution, non, ce n’est pas possible, je ne peux pas être responsable de sa mort, c’est un crime, et puis comment faire sur cette île où le moindre geste ou la moindre allée et venue est remarqué ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis las et j’écris,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux de l’amour&lt;br /&gt;Je veux de l’amour&lt;br /&gt;Mon caillou, je t’aime comme une folle&lt;br /&gt;Garde-moi sur toi, avec toi&lt;br /&gt;Oh continent, je ne veux pas que tu m’aime&lt;br /&gt;Je ne veux pas que tu m’aime&lt;br /&gt;Si je viens à toi&lt;br /&gt;Rejette-moi, rejette-moi&lt;br /&gt;J’ai peur de partir&lt;br /&gt;Peur de ne plus te voir&lt;br /&gt;Peur de l’absence&lt;br /&gt;Peur du manque de mer&lt;br /&gt;Peur du manque d’horizon&lt;br /&gt;Mais aussi peur d’aimer, d’être ailleurs&lt;br /&gt;Peur de moi&lt;br /&gt;Peur de toi&lt;br /&gt;Garde-moi, garde-moi&lt;br /&gt;Je veux que tu m’aimes&lt;br /&gt;Je veux que tu m’aimes&lt;br /&gt;Je veux trouver cette force&lt;br /&gt;Force d’aimer&lt;br /&gt;Force de rester&lt;br /&gt;Force de vivre&lt;br /&gt;Je suis là à toi&lt;br /&gt;Pour toi, pour moi&lt;br /&gt;Que je reste sur l’île&lt;br /&gt;Dans mon île&lt;br /&gt;Mon Ouessant&lt;br /&gt;Mon paradis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sens le froid m’envahir, j’ai le cœur en larmes, la chaleur me quitte, je dois bouger, marcher et revenir chez moi car c’est mon chez moi malgré tout.&lt;br /&gt;Le vent souffle toujours autant, il ne me donne aucun répit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En repartant je remarque que je ne suis plus seule, une silhouette se dessine dans la lande, le vent me le fait entendre, elle semble crier ou appeler. &lt;br /&gt;A-t-elle aussi le blues pour être dehors par un temps pareil ? Ceux qui s’aiment sont au chaud et ensemble, pas ici, ou alors c’est à n’y rien comprendre dans cette île de vent qui est obstacle à tout. &lt;br /&gt;Dans le vent on se courbe, on ne marche plus, on reste chez soi et tout devient obscur. Lorsque c’est fini, on compte les jours et lorsqu’il est trop long à revenir, on se demande ce qu’il se passe, comme si il y avait quelque chose d’anormal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos chemins font que la silhouette et moi marchons l’un vers l’autre. Maintenant, c’est clair elle appelle quelqu’un, mais qui ? Tout d’un coup, je reconnais Béatrice et j’ai compris, elle cherche son chat. &lt;br /&gt;Elle est revêtue d’un ciré jaune de pêcheur, d’une coiffe en plastique transparent et d’une paire de bottes bleues de régatier. Son équipement pourrait lui permettre d’affronter tous les temps. Elle m’a reconnue et vient vers moi, avant même de dire bonjour, elle me demande&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu n’aurais pas vu ma chatte, celle qui a trois couleurs, la Néréos ? (1).&lt;br /&gt;- Non, Béa.&lt;br /&gt;- Ce n’est pas normal, elle n’est pas rentrée depuis hier soir, avec ce temps, elle est toujours à la maison d’habitude !..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) du nom du bateau le Néréo d’où une chatte s’est échappée et est arrivé sur l’île après son naufrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussitôt, nous pensons aux chasseurs de lapin ! Ceux du continent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourvu qu’ils ne l’aient pas tué ! me dit-elle, elle rajoute.&lt;br /&gt;- Y’en a marre de ces pauvres mecs, pourquoi les font-ils venir ? S’ils confondent un lapin avec un chat ?! &lt;br /&gt;Elle semble désespérée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je n’arrête pas de chercher depuis ce matin et rien, rien, ce n’est pas normal, il s’est passé quelque-chose.&lt;br /&gt;- Au revoir, si tu la vois, tu me téléphones, surtout, je continue…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je la rassure comme je peux. A peine ai-je fini de parler qu’elle est déjà partie.&lt;br /&gt;Je pense en moi-même à leur erreur d’avoir introduit des lapins sur l’île. Depuis, il y’en a des dizaines de milliers à tel point qu’il faut faire venir des chasseurs du continent afin d’essayer d’en venir à bout. Mais ces chasseurs là, pensent que nos chats sont errants alors qu’ils ne sont qu’en liberté.&lt;br /&gt;Sur notre île tous les animaux sont libres d’aller où bon leur semble, leur grillage, c’est la mer.&lt;br /&gt;Alors il est courant qu’ils tuent nos chats lorsqu’ils se promènent dans la lande, et cela, malgré leur avoir demandé de changer de comportement.&lt;br /&gt;Mais c’est toujours pareil, rien n’a changé, ce n’est pourtant pas malin de comprendre cela, d’autant plus, que même si les chats tuent de jeunes lapins, cela n’en sera que mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je continue mon chemin, le jour baisse vite, c’est une triste soirée d’octobre, la corne de brume se met à mugir de temps à autre.&lt;br /&gt;En regardant le phare, je m’aperçois qu’il n’est pas encore allumé. Autant la baie de Lampaul peut être charmante, autant elle peut être triste voire même lugubre. L’horizon est gris, sans frontière, la pluie battante est cinglante, le vent vous glace des doigts jusqu’au dos.&lt;br /&gt;Décidément ce n’est pas ma journée, il y a des jours comme çà !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement ma grand-mère va me préparer un bon et grand café au lait dans sa Penn brao et Penn lous à la foi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’il est bon de penser à ce goût et à cette odeur en marchant dans un tel déluge. J’imagine que cela doit être encore plus triste pour les gens qui n’ont plus rien, comment peut-on vivre sans chaleur ?&lt;br /&gt;J’arrive à la hauteur de le cale de Bougézen où seuls quelques paillent, les canots sont montés, les corps-morts sont vide.&lt;br /&gt;Dans les près, les moutons épars, semblent ignorer le temps, il est vrai que leur épais manteau vaut bien mieux que nos effets.&lt;br /&gt;Plutôt que de passer par Loqueltas, je longe la côte jusqu’au fort de Trémuchou. Mes seules autres rencontres ont été avec des oiseaux ; des craves à bec rouge, quelques alouettes, des pipits farlouses, enfin peu de chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de rentrer, j’ai encore pu observer quelques pouillots véloces dans les tamaris. Heureusement que les oiseaux me permettent de me changer les idées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’en entrant chez ma grand-mère, j’aperçus Yann qui était là.&lt;br /&gt;- Mais que fais-tu là, tu n’es pas parti ?&lt;br /&gt;- Si, mais je suis déjà revenu&lt;br /&gt;- Et depuis quand es-tu sur l’île&lt;br /&gt;- La fin de la semaine dernière&lt;br /&gt;- Chez qui loges-tu ?&lt;br /&gt;- Au camping&lt;br /&gt;- Au camping ! et tu n’as pas froid ?&lt;br /&gt;- Si, mais je n’ai pas vraiment le choix, vu mes finances&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne réponds pas car quoi dire, que puis-je dire ?&lt;br /&gt;Ils sont tous les deux assis à la table, je m’aperçois qu’ils ont dégusté un flan, les ramequins sont vides, la boite de biscuits est ouverte. Mamie me dit :&lt;br /&gt;- Yann est là depuis une demi-heure, nous faisons plus ample connaissance.&lt;br /&gt;- Et de quoi parlez-vous ?&lt;br /&gt;- De l’écomusée du Niou, de Marianne Stephan, je lui explique que je suis triste de voir cette ferme devenir un musée, même si cela vaut mieux qu’une ruine ou qu’une résidence secondaire. Yann a été visiter le Niou et je lui explique mon île à cette époque et comme tu dis, ma chère Muriel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me regarde fermement en disant cela.&lt;br /&gt;- Mon égoïsme de voir persister mon île la plus authentique possible avec les chemins d’an tans&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je la coupe pour lui dire :&lt;br /&gt;- Je suis sûre que Yann n’est pas d’accord avec toi !&lt;br /&gt;- Et alors, mes idées valent bien les vôtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle poursuit&lt;br /&gt;- Pour quel besoin d’aller si vite, alors que toute la vie productive s’éteint à petit feu et inéluctablement. Pourquoi transformer tous les petits chemins en route ? Si ce n’est pour aller plus vite en voiture et à l’abri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann dit :&lt;br /&gt;- Cela pourra peut-être permettre de relancer autre chose ?&lt;br /&gt;- Et quoi ?&lt;br /&gt;- Je ne sais pas vraiment !&lt;br /&gt;- Ayant connu la vie de la grande ville, je ne suis pas revenue ici pour vivre cela. Bien que ne voulant pas imposer aux autres mes choix, j’ai toujours l’idée obsédante en moi de ne pas trop perdre ce qu’a été ma jeunesse heureuse, malgré la dure vie de travail des champs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ni Yann, ni moi n’avons répondu. Je suis un peu comme elle. La soi-disant relance de l’île sert souvent de prétexte pour faire aboutir des projets destructeurs pour le paysage, comme une thalassothérapie à Porz doun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’explique à Yann nos combats où nous avions été tous ensemble contre ces projets et contre celui de la basse d’hélicoptères de combat.&lt;br /&gt;Notre discussion a duré fort tard, il faisait déjà nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis partie avec Yann. Maman m’avait appelé au téléphone. Nous avons fait un long chemin ensemble. Il ne pleuvait plus, le phare balayait la nuit sur nos têtes. Les rayons s’éclataient en enfilade sur les pans des maisons.&lt;br /&gt;Nous n’avions pas besoin d’éclairage pour voir notre chemin, la nuit sur Ouessant a quelque chose de magique et de féerique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2372418754756341769?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2372418754756341769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2372418754756341769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/12/12-journees-obscures.html' title='12 - Journées obscures.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-4184960200341611109</id><published>2009-12-16T20:47:00.004+01:00</published><updated>2009-12-16T20:49:14.137+01:00</updated><title type='text'>11 - Lire mon île.</title><content type='html'>Il me semble que l’après-midi va être agréable, le temps reste calme, il ne change pas et l’horizon du noroit au suroit.&lt;br /&gt;Mamie est restée dans la maison, elle trouve toujours quelque-chose à entreprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai envie de lire le livre de Marie Le Franc, « Dans l’île ». Après avoir parcouru quelques pages, j’ai vu que l’action se passait Pern et à Ker Nevez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime lire les livres sur les lieux de leur action, notre île a l’avantage de pouvoir se le permettre, puisqu’il me faut de chez moi, environ 15 à 20mn de vélo pour aller à chaque extrémité. Il en était ainsi pour tous les livres :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Porz Doun, pour : Le phare, et La lumière enchainée.&lt;br /&gt;A Pern, pour : La mer.&lt;br /&gt;A Penn ar Roc’h, pour : Les îles de la miséricorde.&lt;br /&gt;A Kadoran, pour : Le sang de la sirène.&lt;br /&gt;A Goubaz, pour : Ouessant.&lt;br /&gt;A Porz Paol, pour : Grandeur des îles&lt;br /&gt;A Gwalgrac’h, pour : Filles de la pluie.&lt;br /&gt;A Penn ar Land, pour : Un homme d’Ouessant.&lt;br /&gt;Au Créac’h, pour : Au large d’Ouessant.&lt;br /&gt;Etc. Etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis trouvé un rocher qui me cale bien le dos, et un coussin fait d’herbe et de mousse.&lt;br /&gt;Au fur et à mesure de ma lecture, je trouve des situations déjà lues dans d’autre livre.&lt;br /&gt;Ce n’est pas étonnant, car Odette du Puigaudeau dans grandeur des îles, en a repris des passages.&lt;br /&gt;Je suis surprise, je retrouve encore le personnage de Barba. Décidément, celle-ci est tenace, un peu comme si chaque nouvel auteur avaient copié sur les précédents.&lt;br /&gt;Parfois j’en ai assez de lire ces mêmes termes dans les mêmes livres : La proëlla, les goaskeddous, l’île de l’épouvante, la mouliguen, le naufrage du Drummond-Castel et du clocher de lampaul, le Vesper avec les scènes de beuverie collective, le Mikonos et le croisement des moutons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si l’écriture et le style en sont agréables, il n’y rien de nouveau et peu d’originalité. Notre île était-elle donc si petite que cela ? Pour qu’à chaque fois, on y retrouve les mêmes mots, les mêmes aventures passées.&lt;br /&gt;Parfois les termes changent d’orthographe ; (Broëlla au lieu de Proëlla). (Païanet au lieu de Baïanet) et j’en passe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime lire mon île avec ce mélange d’histoire, de culture, de tradition et de romanesque, même si certaines choses me heurtent. &lt;br /&gt;Béatrice à raison je ne me laisse pas assez bercer, je vis trop fort mon île. &lt;br /&gt;Je me souviens de discussion où elle m’a dit : les gens de Colmar, de Toulon, et Bayonne se moquent de savoir si les lieux, les choses sont bien orthographiés, ils ne lisent que l’intrigue ou l’histoire, eux, ils veulent rêver.&lt;br /&gt;Je m’aperçois que je pense en lisant et que je ne sais plus ce que je lis, mais où ai-je la tête ?&lt;br /&gt;Je reviens en arrière pour reprendre le fil du roman. Celui-ci raconte des scènes de la vie Ouessantine entre les deux guerres, vers la fin des années 1920.&lt;br /&gt;Mon évolution dans la lecture me fait penser à deux mondes qui n’ont plus rien à voir entre eux, seuls les lieux me sont familiers, les cinquante ans qui nous séparent me paraissent des siècles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos deux jeunesses n’ont rien de commun, je me sens à des années-lumière de Soazic, l’héroïne du roman, comment notre île a pu changer autant ?&lt;br /&gt;Je suis surprise par l’isolement des îliennes à cette période. La connaissance du monde extérieur ne pouvait se faire qu’avec la rencontre des touristes, mais elles semblaient se méfier de certains d’eux, surtout des photographes et des écrivains.&lt;br /&gt;Le livre D’André Savignon ; Filles de la pluie. A visiblement laissé des traces dans la mémoire collective. &lt;br /&gt;Marie le Franc en parle en ces termes : « Toutes redoutaient la publicité et savaient qu’on avait déjà écris sur elle. Un livre surtout, qui peignait les Ouessantines comme de chaudes amoureuses soulevait leur indignation. Si la plupart ne l’avaient pas lu, elles en citaient le titre et connaissaient suffisamment son contenu disaient-elles pour en éprouver une grande colère, prêtes à régler son compte à l’auteur s’il remettait les pieds dans l’île. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que bien que ce livre soit un roman, le paragraphe n’est lus de l’ordre du romanesque, mais découle d’une certaine vérité car j’en avais déjà entendu parler par ma grand-mère. Ces femmes cherchaient en fait un mari pour se sortir de l’île, rien de plus.&lt;br /&gt;Certaines affirmations m’exaspèrent, comme la traduction d’Enez Eusa en : Ile de l’épouvante. Alors que cela veut dire : l’île haute. C’est le troisième livre qui reprend cette fausse traduction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rêve à la vision de cette lecture : « les chevaux aussi suivaient leur fantaisie. Ils galopaient par petits groupes, enivrés de leur liberté, déployant dans leurs ébats, une discipline et un art si parfaits qu’on les eût dits guidés par un dresseur invisible.&lt;br /&gt;Ils suivaient à la file, le même sentier, puis se mettaient à galoper à longues foulées autour d’un champ, comme sur une piste maintenant entre eux les distances et soudain faisant volte-face dans un merveilleux mouvement d’ensemble.&lt;br /&gt;Ils manifestaient par leur hennissement, par le port de leur tête, par l’envol de la crinière et le vif martèlement du sabot leur plaisir d’avoir l’île entière pour jouer, bondir et se cabrer. &lt;br /&gt;L’île sauvage semblait faite pour eux. Le spectacle qu’ils offraient, d’une beauté strictement physique, était enivrant à regarder. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce passage in extenso de son roman me fait rêver, j’imagine très bien voir les chevaux à Pern,&lt;br /&gt;Mais malheureusement cela n’aura plus jamais cours sur notre île. Heureuse, Marie le Franc !&lt;br /&gt;Pensais-je. &lt;br /&gt;Cette autre lecture me faisait moins rêver car je la savais vraie : « tous les quatre avaient à l’épaule une carabine. Ils chassaient des oiseaux de mer. Point n’était besoin de permis. Les jours où les gendarmes du Conquet s’embarquaient pour Ouessant, le vapeur donnait à l’arrivée un coup de sifflait supplémentaire et les fusils ne sortaient pas des maisons. »&lt;br /&gt;Je rage, mais c’était ainsi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retrouve avec plaisir l’ambiance de Prad Meur (le bois près du cimetière) « où les arbres sont miraculeusement remplis de chants d’oiseaux ». Malgré mon jeune âge, j’ai déjà pensé que c’est ici, parmi les oiseaux, que j’aimerais reposer sous terre. Là aussi dans le passage du livre, la réalité a remplacé le romanesque.&lt;br /&gt;Je réalise que je suis presqu’à la fin. Encore vingt pages. Le soleil a baissé, le temps est toujours aussi clément, il m’a laissé un long répit. Le roman n’est enfin qu’une grande partie des scènes de la vie Ouessantine, d’une époque que ma grand-mère a partiellement connue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repense à l’image des chevaux dans la lande sauvage, c’est sûrement cette vision qui me restera de ce livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent en regardant vers Molène, l’imagine l’irlandais Trompilh jetant son bateau sur les pierres vertes pour se venger des Anglais. C’est cette action qui me reste du naufrage du Drummond-Castel et des deux livres écris sur ce drame : Les Pierres Vertes. De Le Goffic.&lt;br /&gt;Les îles de la Miséricorde. De Queffelec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou encore lorsque je regarde les phares de Kéréon, et de la Jument en pensant à ces hommes de la solitude, je revois les scènes décrites par le Cuff dans feux de mer.&lt;br /&gt;Oui j’aime lire mon île et je sais qu’un jour j’écrirai sur elle. Quoi ? je ne sais pas encore, mais ce qui est sûr, c’est que je ne réécrirai pas les livres des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil est bas, avant de retourner chez ma grand-mère, j’ai envie de voir son coucher sur les rochers du Créac’h. Leurs formes aiguisées frappées par le soleil rouge, fait croire à des flammes s’élevant dans le ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à cette heure de la journée que les rochers entre Pern et Yusin sont les plus fantomatiques voire fantasmagoriques. &lt;br /&gt;Que doivent penser les marins à cette heure lorsqu’ils croisent les côtes d’Ouessant ?&lt;br /&gt;Déjà que j’arrive à lire les noms des navires sans jumelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil va bientôt disparaître vers un autre univers, je rentre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-4184960200341611109?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4184960200341611109'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4184960200341611109'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/12/11-lire-mon-ile.html' title='11 - Lire mon île.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-2145672068834252271</id><published>2009-12-16T16:21:00.002+01:00</published><updated>2009-12-16T16:33:18.542+01:00</updated><title type='text'>10 - Le conflit.</title><content type='html'>Mamie est devant sa gazinière, je ne sais ce qu’elle prépare. Sans se retourner, elle me demande si je reste manger avec elle, je lui réponds que oui, elle s’assoie.&lt;br /&gt;Nous sommes face à face, elle est grave.&lt;br /&gt;- Pourquoi as-tu dit à ton père « je veux que tu meures » !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais compris que Maman lui avait raconté ma dispute.&lt;br /&gt;- Il a tellement été horrible que dans ma colère, je n’ai pu m’empêcher de le lui dire.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qui s’est encore passé, Muriel ?&lt;br /&gt;- Lorsque l’on s’est quitté sur le port, j’ai tout fait pour l’éviter et je suis allée à Porz Doun.&lt;br /&gt;- Oui je sais, ta mère me l’a dit.&lt;br /&gt;- Ensuite, au retour, il était environ 14h, je vais lui dire bonjour gentiment, avec le sourire et il me dit : « Ce n’est pas à cette heure là que l’on vient dire bonjour ». Je n’ai rein répondu et je suis allé à la cuisine, maman y était, je lui demande s’il restait à manger et il est arrivé comme un fou furieux : « Non, tu ne mangeras pas, ici ce n’est pas un restaurant, et où étais-tu ?&lt;br /&gt;- Il ne m’a même pas laissé le temps de m’expliquer, d’ailleurs je crois que cela ne l’intéressait pas. Maman a voulu prendre la parole, il était rouge de colère, il se montait lui-même. Elle a réussi à lui demander de se calmer, et il gueula, car il n’y a pas d’autres mots : « Non je ne me calmerai pas, ici ce n’est pas un moulin, tant que je serai là, on fera ce que je veux, çà ne sera pas un bordel »… !&lt;br /&gt;- Il était devenu fou, ivre de colère, il m’exaspérait et je lui ai dit : « tu n’es qu’un pauvre père, je veux que tu meures. Il a voulu me frapper et je lui ai dit « vas-y, montre ta force, tu n’as que çà, rien que çà, je te hais, je te hais » et il m’a mit une gifle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En partant dans ma chambre, je lui ai redit « Que tu meures avec ton bateau, que tu nous foutes la paix.&lt;br /&gt;Bien que je sois en haut, il continuait, je l’entendais, il criait tout seul puisque maman était à la boutique.&lt;br /&gt;- Mais Muriel, çà va durer jusqu'à quand ?&lt;br /&gt;- J’avoue que je ne sais pas.&lt;br /&gt;- Mais pourquoi ne lui as-tu pas demandé avant d’aller voir l’oiseau ?&lt;br /&gt;- Il n’aurait pas voulu, tu ne le connais pas encore, il faut manger toujours à la même heure, 1h moins le quart.&lt;br /&gt;- Et ton oiseau, tu l’as vu au moins ?&lt;br /&gt;- Oui, heureusement que j’y suis allée. A la marée suivante, il n’a pas été revu, personne ne l’a retrouvé le lendemain !....&lt;br /&gt;- Je ne sais vraiment pas comment cela va finir entre vous deux, cela m’angoisse. Et avais-tu besoin de lui dire, « je veux que tu meures ».&lt;br /&gt;- J’en arrive à le penser, tout en étant calme.&lt;br /&gt;- Ma pauvre Muriel, tu me désoles…. Et comment cela va maintenant ?&lt;br /&gt;- Il ne m’adresse plus la parole et je n’ai pas envie de m’excuser. C’est lui qui a tort. Avait-il besoin de me dire : « Ici tu n’es pas chez toi, tu es chez tes parents, c’est moi qui te nourris » etc.…J’en passe, tu le connais…..Je lui ai dit que je ne partirai jamais, que je n’étais pas Josée. Il ne m’a pas répondu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un long silence ma grand-mère me dit :&lt;br /&gt;- Tu penses à ton avenir&lt;br /&gt;- Bien sûr que j’y pense mamie, que veux-tu me dire ?&lt;br /&gt;- Soit tu le prévois avec on père et tu seras bien obligée de composer soit tu le prévois seule et là, il te faudra t’assumer entièrement. &lt;br /&gt;- Tant que je n’ai pas fini mes études, je n’ai pas le choix.&lt;br /&gt;- C’est bien ce que je crois, Muriel, et je pense qu’il faut que tu comprennes même si tu dois parfois moins faire d’ornithologie.&lt;br /&gt;- Mamie, le problème n’est pas que je fasse moins ou plus d’ornithologie, il est qu’il ne supporte pas que je lui tienne tête…..L’autre soir, il était au bar en train de boire, je lui ai demandé s’il n’avait pas encore assez bu, il m’a regardé avec des yeux haineux. Tant que personne ne lui dit rien et que l’on se plie à ses volontés, tout va très bien. Son haleine me dégoûte parfois.&lt;br /&gt;- Enfin si un jour tu as un problème, tu viendras habiter ici.&lt;br /&gt;- Je te remercie, mais je n’ai pas envie de quitter maman et Corinne…. Il doit arrêter de boire et tout ira mieux, c’est la seule solution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous restons toutes les deux silencieuses un long moment.&lt;br /&gt;- Et comment comptes-tu y parvenir ? reprend mamie&lt;br /&gt;- A force de lui faire honte, il va bien en prendre conscience quand même !&lt;br /&gt;- Je n’avais vraiment pas besoin de cela pour mes vieux jours !... Elle hoche la tête.&lt;br /&gt;- Mamie, il était comment grand-père ?&lt;br /&gt;- Sauras-tu tenir ta langue ?&lt;br /&gt;- Oh ! je te promets.&lt;br /&gt;- Nous avions une petite malgache comme femme de ménage, il lui a fait un enfant. Voilà comment il était ! elle n’en dit pas plus. &lt;br /&gt;- C’est donc à cause de cela que tu es revenue !&lt;br /&gt;- Non sans garantie et c’est pour cela que j’ai pu acheter cette maison en échange de mon silence.&lt;br /&gt;- Qu’est-il devenu,&lt;br /&gt;- Je n’ai plus eu de nouvelle de lui, ce que je sais c’est qu’il est toujours car nous avons un contrat chez un notaire à Rochefort, si l’un de nous meurt, l’autre le saura pour les arrangements de famille.&lt;br /&gt;- Papa, le sait-il ?&lt;br /&gt;- Je ne crois pas vraiment, il était encore jeune à notre arrivée. Ta mère le sait et je lui avais demandé de ne rien vous dire.&lt;br /&gt;- Elle a respecté ta parole&lt;br /&gt;- Tu dois en faire autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant un long moment mamie ne dit plus rien. Nous sommes restées comme au début, assises l’une en face de l’autre, aucune de nous deux, n’a changé de position. C’est seulement à ce moment que mamie se lève pour préparer le repas.&lt;br /&gt;- Mamie, j’ai besoin de sortir un peu, je vais dans la lande, cela ne te dérange pas ?&lt;br /&gt;- Non, non, va, ne traine pas trop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu’elle était dans ses casseroles, je suis allé lui faire un bisou, elle a juste tourné la tête, je la sens triste, je le suis aussi, l’atmosphère me pèse….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant que je ne sorte, elle me dit : « Dans un demi-heure environ ». Je la rassure.&lt;br /&gt;Je marche en traînant les pieds dans l’herbe, nonchalamment. &lt;br /&gt;Je repense à la mort, à sa mort, à sa disparition, qu’il soit le nocher des enfers, que les morgans conduisent sa barque sur un caillou, qu’ils l’emportent, qu’il sombre dans l’abysse sous le champ d’algue du Youc’h Korz. &lt;br /&gt;Pas trop loin, pour que je puisse le fleurir, le voir, le savoir là, face à St Nicolas. &lt;br /&gt;Lui qui teint des discours impies comme pour s’assombrir un peu plus, comme pour effacer sa plus petite parcelle de lumière, comme pour rompre le silence entre deux verres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, il est coutume de dire un contre sens lorsque l’on parle d’un homme qui boit « ober c’hiz an denved » soit : faire comme les moutons, c'est-à-dire, « manger sans boire », on exprime le contraire pour parler de ces hommes là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de retourner chez ma grand-mère, je jette un dernier regard vers les rochers fantômes de Pern, dans chacun d’eux on peut reconnaître la silhouette d’un être voir d’une bête.&lt;br /&gt;Il semble jaillir de la lande comme une étrange réincarnation, le regard fixé vers la mer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étaient-ils là pour souffrir de l’enfer des tempêtes et être privés de voir leurs terres, même bien au-delà de l’horizon et des couchers de soleil ? Je ne peux m’empêcher de penser à mon père « ou sera son futur enfer face à l’eau salée ? » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me revoie en train d’écrire mon poème Pern, et de l’avoir lu ici même, à ma grand-mère.&lt;br /&gt;Je rentre pour manger, il est l’heure.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-2145672068834252271?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2145672068834252271'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/2145672068834252271'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/12/10-le-conflit.html' title='10 - Le conflit.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-5007100710636364940</id><published>2009-12-16T10:31:00.002+01:00</published><updated>2009-12-16T10:41:13.431+01:00</updated><title type='text'>9 - Le pioca.</title><content type='html'>Déjà depuis la route de Pern, à la sortie de Loqueltas, j’avais remarqué un ornithologue observant les saules de ma grand-mère. C’est après avoir pris le chemin qui mène que je reconnus Yann.&lt;br /&gt;Pour ne pas effrayer les oiseaux, je m’approche doucement, à sa hauteur, je lui demande ce qu’il a vu.&lt;br /&gt;- Des pouillots véloces et fitis me réponds-t-il&lt;br /&gt;- Et rien d’autre ?&lt;br /&gt;- Non, rien d’extraordinaire, sinon des fauvettes à tête noire, troglodytes, rouge-gorge.&lt;br /&gt;- Et Jean-Yves ?&lt;br /&gt;- Il doit être encore dans la roselière du marais avec les autres….Quelqu’un aurait trouvé une locustelle.&lt;br /&gt;- Que fais-tu ?&lt;br /&gt;- J’allais sur Pern, j’aime beaucoup ce coin !&lt;br /&gt;- Veux tu que je te présente à ma grand-mère ?&lt;br /&gt;- Ah, je serais ravi !&lt;br /&gt;- Aller viens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir rentré les vélos, j’appelle mamie, les fenêtres sont grandes ouvertes, je reconnais le parfum du flan fait avec du petit goémon.&lt;br /&gt;       -    Tu tombe bien Yann, tu vas apprendre quelque chose que tu ne connais pas.&lt;br /&gt;- De quoi s’agit-il ? me dit-il avec le sourire&lt;br /&gt;- Du flan fait avec des algues….&lt;br /&gt;- Avec des algues ?...&lt;br /&gt;- Mamie, j’ai un ami avec moi, je peux rentrer ?&lt;br /&gt;- Je suis dans la cuisine, entrez donc !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois dans l’entrée, nous nous déchaussons, elle a toujours une multitude de chaussons pour tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann me suit, nous pénétrons dans la cuisine.&lt;br /&gt;- Excusez-moi de ne pas vous accueillir, mais je prépare mes flans.&lt;br /&gt;- Tu vois, c’est cela le flan au pioca&lt;br /&gt;- Connaissez-vous cela jeune homme ? lui demande-t-elle.&lt;br /&gt;- Non, c’est la première fois que j’en entends parler.&lt;br /&gt;- Vous n’êtes pas Breton ?&lt;br /&gt;- Non, Sarthois.&lt;br /&gt;- Ah ! fait-elle en tournant les algues mélangées au lait dans une passoire.&lt;br /&gt;- Veux-tu lui expliquer Mamie ?&lt;br /&gt;- Ma foi, s’il le veut.&lt;br /&gt;- J’avoue être curieux de connaître cette recette.&lt;br /&gt;- Muriel, tu veux bien me verser une louche pendant que je touille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en répondant oui, je prends une pleine louche de lait avec du pioca dans la casserole sur le feu et la verse dans sa passoire, en même temps elle explique :&lt;br /&gt;- Vous voyez, jeune homme, je fais ressortir la gélatine ou si vous préférez, le carraghénane du Chondrus cirspus, comme le dit Muriel…, c’est le gélifiant le plus naturel qui soit !&lt;br /&gt;- Regardez sous la passoire, ce qui coule va gélifier le lait et devenir un fan.&lt;br /&gt;- Cela existe depuis longtemps ? demande Eric.&lt;br /&gt;- Personnellement, ma grand-mère de Molène l’utilisait déjà…Cela s’est perdu depuis que l’on vend des préparations toutes faites. Même dans le Léon, c’était utilisé couramment, c’est sûrement très ancien, c’est connu de St Malo à Vannes, c’était utilisé jusqu’après la guerre couramment.&lt;br /&gt;- Et l’algue est facile à trouver ?&lt;br /&gt;- Rien de plus facile, il suffit d’une bonne marée basse à plus de 65/70.&lt;br /&gt;- Mais Mamie, il te reste encore du pioca ? Je pense qu’elle a dû en chercher elle-même ?&lt;br /&gt;- Tu sais bien que non, me dit-elle, et elle rajoute.&lt;br /&gt;- S’il fallait que j’attende après toi, je me ferais des flancs moins souvent ! D’ailleurs à ce propos, il m’en faut pour l’hiver, n’oublie pas !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fond de moi-même, je sais qu’elle a raison, je ne veux pas qu’elle cueille elle-même le pioca, mais je ne fait pas toujours l’effort de le faire au moment des grandes marées.&lt;br /&gt;      -     Mamie, je te promets qu’à la prochaine marée, j’irais&lt;br /&gt;- N’oublie pas que c’est pour le début de la semaine prochaine, sinon, j’y vais moi-même, il me faut mes flans pour l’hiver.&lt;br /&gt;- Vous vous en faites souvent ? demande Yann.&lt;br /&gt;- Deux fois la semaine environ, c’est mon dessert préféré.&lt;br /&gt;- Muriel, va chercher du pioca, le sac est à sa place.&lt;br /&gt;- S’il vous plait, jeune homme, versez moi une louche, pendant que je le passe, je vais vous expliquez en détail. &lt;br /&gt;- Je fais cuire le lait, dès que l’anti-monte lait s’agite, je verse une poignée d’algues sèches et j’attends 15 minutes environ et toujours à feu doux, surtout….Ensuite, on le passe,…. Muriel vient, je vais vous faire voir l’algue.&lt;br /&gt;- Je lui explique moi-même l’algue, mamie&lt;br /&gt;- Si tu veux !&lt;br /&gt;- Yann, tu vois cette algue s’appelle du pioca, c’est son nom Breton. Il y a trois espèces de petit goémon, mais pour les flans, c’est celui qui a le thalle le plus large.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce qu’un thalle ? demande Yann&lt;br /&gt;- C’est toute cette partie de l’algue. C’est l’algue en elle-même, là tu la vois blanche, lorsqu’on la cueille elle est brune, lie de vin foncée si tu préfères, ensuite, on la pose sur l’herbe.&lt;br /&gt;- Je te coupe, n’oublie pas de dire qu’il faut un temps gris.&lt;br /&gt;- Mais oui, mais j’y pense mamie. Bon, où j’en étais ?&lt;br /&gt;- Tu la poses sur l’herbe….fit Yann&lt;br /&gt;- Oui, ensuite, il faut l’arroser, la faire sécher, l’arroser à nouveau, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’elle perde ses sels minéraux et qu’elle devienne blanche.&lt;br /&gt;- Pourquoi ? dit Yann.&lt;br /&gt;- Sinon elle donnerait un goût trop fort au flan.&lt;br /&gt;- Les enfants, vous allez m’aider, versez la préparation dans la casserole et tournez pendant que je nettoie ma passoire, comment vous appelez-vous, jeune homme ?&lt;br /&gt;- Yann&lt;br /&gt;- Yann, regardez ce qui reste, vous pouvez toucher. &lt;br /&gt;Je regarde Yann, et je vois qu’il n’ose pas, il est gêné. J’en prends un peu entre mes doigts pour qu’il touche.&lt;br /&gt;- Tu vois comme c’est gluant ! lui dis-je.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Délicatement, d’un doigt, il touche une algue et me demande.&lt;br /&gt;- Ce qui reste va être jeté ?&lt;br /&gt;- Exactement lui dis-je, car cela ne peut resservir une seconde fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se tourne vers ma grand-mère&lt;br /&gt;- Que mettez-vous Madame, dans votre préparation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle semble ravie qu’il s’intéresse à la fabrication du flan, tout en continuant son mélange ;&lt;br /&gt;- C’est simple, des raisins secs, du rhum, du sucre vanillé et deux jaunes d’œuf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je prends le grand bol sur la table, celui-là même dans lequel j’aimais prendre mon déjeuner étant enfant. J’aime son décor avec le style de la faïence de Quimper. Mamie me donne une cuillère de bois.&lt;br /&gt;- Yann, je verse pendant que tu tournes !...&lt;br /&gt;- Muriel, mélange bien, ensuite tu remplis les ramequins, n’en mets pas partout !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle continue à nettoyer sa vaisselle et nous nous appliquons dans notre tâche.&lt;br /&gt;- J’aime beaucoup la cuisine de ta grand-mère, dit Yann.&lt;br /&gt;- Et oui, c’est sa pièce préférée, elle a voulu garder un maximum de traditionnel tout en y faisant entrer un confort agréable et pratique.&lt;br /&gt;- C’est vraiment bien réussi.&lt;br /&gt;- Connais-tu l’écomusée du Niou ?&lt;br /&gt;- Non&lt;br /&gt;- Vas le voir, tu comprendras mieux ce qu’elle a voulu faire.&lt;br /&gt;- J’essayerai d’y aller.&lt;br /&gt;- Comment m’avez-vous fait çà ? dit-elle en revenant vers nous.&lt;br /&gt;- Apporte-moi une éponge, mamie.&lt;br /&gt;- Je crains le pire, dit-elle ironiquement&lt;br /&gt;- Non, cela va, ce n’est pas trop mal…Alors Yann, vous reviendrez le goûter, j’espère ?&lt;br /&gt;- Je ne veux pas vous déranger, Madame.&lt;br /&gt;- Mais non, mais non, vous ne me dérangez pas… Va doué !&lt;br /&gt;- Je reviendrai avec plaisir, il faut que je parte, je vais aller à Pern.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma grand-mère s’essuie les mains avec son tablier, avant de lui dire au revoir.&lt;br /&gt;- N’oubliez pas de venir !&lt;br /&gt;- C’est promis Madame, et je vous remercie de m’avoir expliqué cette recette.&lt;br /&gt;- Si vous êtes là la semaine prochaine, je vous emmènerais à la cueillette du petit goémon, je vous apprendrai à faire la différence entre les chondrus, gigartina, laurencia.&lt;br /&gt;- Je ne sais pas encore si je reste une ou deux semaines, mais j’aimerais bien, encore merci Madame.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma grand-mère est restée sur le perron, Yann me rejoint visiblement ravi.&lt;br /&gt;- Muriel, tu as une grand-mère formidable !&lt;br /&gt;- J’étais sûre que tu allais me dire cela, çà se voyait sur ton visage.&lt;br /&gt;- Je t’assure, elle est vraiment très sympa…..Je ne sais même pas l’âge qu’elle a, mais je suis sûr qu’elle a dû être une très jolie femme, elle a beaucoup d’allure et de charme.&lt;br /&gt;- Elle serait flattée de t’entendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann sort avec son vélo, nous nous faisons la bise, je referme la porte de la cour derrière lui, nous nous saluons une dernière fois, il disparaît sur son vélo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rentre chez ma grand-mère.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-5007100710636364940?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/5007100710636364940'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/5007100710636364940'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/12/9-le-pioca.html' title='9 - Le pioca.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-3020916265552176568</id><published>2009-12-14T12:44:00.001+01:00</published><updated>2009-12-14T12:46:30.884+01:00</updated><title type='text'>8 - Quelques jours plus tard… !</title><content type='html'>Je décide de ma rendre chez ma grand-mère à Pern, depuis toujours les ouessantins appelle cette maison « la maison de la comtesse ». Pourquoi ? Nul ne le sait le dire.&lt;br /&gt;Ce matin, le temps est calme et beau, je sens à peine le vent, je n’ai nul besoin de pédaler dans la descente de Kérc’heré, comme c’est souvent le cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je profite du spectacle, dû à la beauté du paysage.&lt;br /&gt;Le phare du Créac’h sur fond de mer avec le croisement des bateaux a quelques chose de grandiose.&lt;br /&gt;Je crois que je ne pourrai jamais me lasser de cette vue. Me laissant descendre en roue libre, j’arrive doucement à la hauteur de Jacqueline, elle porte son chevalet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour Jacqueline&lt;br /&gt;- Ah ! Muriel c’est toi ! Comment tu vas ? tu vas voir les oiseaux ?&lt;br /&gt;- Pas exactement, je vais chez ma grand-mère.&lt;br /&gt;- Comment va Claire ?&lt;br /&gt;- Très bien.&lt;br /&gt;- Tu l’embrasseras pour moi, me dit-elle en continuant à marcher alors que je roule près d’elle.&lt;br /&gt;- Promis…Je vois que tu vas peindre…Tu sais ce que tu vas faire ?&lt;br /&gt;- Oui je vais peindre ma piscine, la Baianet près du Créac’h…. Avec cette lumière et ce temps, j’en profite.&lt;br /&gt;- Tu t’y baignes toujours ? Elle semble étonnée par ma question.&lt;br /&gt;- Bien sûr que je m’y baigne toujours….Pourquoi me demandes-tu cela ?&lt;br /&gt;- Parce-que je la trouve trop profonde, il n’y a pas assez de prise pour remonter sur le bord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en parlant, elle avait placé son chevalet sur le cageot qui me sert de porte-bagage, elle le maintenait en marchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il n’y a pas plus de risque qu’a la plage et l’eau est plus chaude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle parlait fermement, assurément, mais je ne pus m’empêcher de penser à Jocelyne, une touriste qui avait enlevée par une lame de fond à Pern en plein mois d’Août alors qu’elle bronzait sur la plage de galet de Porz Kérac’h, c’est ma grand-mère qui l’avait recueillie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le lui rappelle vaguement cette histoire. Elle se tourne vers moi, me regarde par-dessus ses lunettes et me dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel, une lame de fond c’est quand même chose de très rare et qui peut arriver presque partout autour des côtes d’Ouessant….&lt;br /&gt;- Elle peut te prendre aussi lorsque tu ramasses du pioca, il ne faut pas que tu y penses même si tu as été choquée par cette histoire. Rajoute-t-elle.&lt;br /&gt;- Non, non, les lames de fond c’est plus courant que çà. Il y’en a eu une dans le goulet de Brest, elle a faillit couler l’Enez, il s’est dressé sur la vague comme un cheval cabré, puis a plongé de tout son poids, son nez a enfourné comme dans un abîme, la mer toute entière a envahi le pont jusqu'à la salle des machines, certes, je n’y étais pas, mais Matthieu avec qui j’étais en classe à vécu cela, Il ne voulait plus aller à Brest.&lt;br /&gt;- Je te comprends mais….&lt;br /&gt;- Je vais t’expliquer autre chose, le grand-père de Béatrice, tu sais, celui qui pilote la Ouessantine…&lt;br /&gt;- Oui je connais un peu, de nom.&lt;br /&gt;- Il nous a souvent parlé des trois grosses vagues qui se suivent.&lt;br /&gt;- Je n’en ai jamais entendu parler fit Jacqueline. !&lt;br /&gt;- Dans le fromveur, les jours de gros temps, aussi bien au phare de la Jument qu’à celui de Kéréon, il y a souvent trois grosses lames d’ouest en est, elles ont un bruit particulier que n’ont pas les autres vagues, elles grondent, elles emportent tout sur leur passage. Jean m’a un jour expliqué, qu’ils n’ont dû leur salut que parce qu’il avait réussi à les prendre de face, le nez pointé vers elles, sinon, ils auraient été roulés corps et biens. Selon lui, bon nombre de naufrages sont dus à ces trois lames, rein ne peut les laisser prévoir, sans avoir une parfaite connaissance des lieux et une extrême vigilance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très étonnée, Jacqueline me dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, non, je ne savais pas…mais je ne veux pas me priver de ce plaisir, je redoublerai de prudence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous arrivons à l’intersection de nos chemins.&lt;br /&gt;Jacqueline rajuste son petit sac à dos, il doit y avoir sa boite de peinture et ses pinceaux, elle reprend son chevalet avec son grand carton tout en marchant, nos nous sommes dit au revoir de la main.&lt;br /&gt;Elle descend à droite vers le Créac’h, je fille sur Pern, directement chez ma Grand-mère.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-3020916265552176568?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/3020916265552176568'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/3020916265552176568'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/12/8-quelques-jours-plus-tard.html' title='8 - Quelques jours plus tard… !'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-9131991056527204411</id><published>2009-12-03T22:33:00.001+01:00</published><updated>2009-12-03T22:35:55.645+01:00</updated><title type='text'>7 - Yann.</title><content type='html'>Puis il donne l’autre poème à Yann, un autre des mes poèmes que je lui avais remis.&lt;br /&gt;Pern :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Figés face à l’océan&lt;br /&gt;Dressés contre les vents&lt;br /&gt;Noyés par les embruns&lt;br /&gt;Invisibles dans les brumes&lt;br /&gt;Ces granites aux formes humaines&lt;br /&gt;Étaient-ils des êtres malfaisants&lt;br /&gt;Privés de résurrection&lt;br /&gt;Punis pour longtemps&lt;br /&gt;Au purgatoire des éléments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lisant à haute voix, respectant le ton, la ponctuation, dans ce lieu, la lecture est captivante. Je suis attentive, comme si je n’en étais pas l’auteur, Jean-Yves à l’air rêveur, &lt;br /&gt;A la fin, il y eu un léger silence, Jean-Yves me dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est beau, c’est frais, c’est juste. Yann rajoute&lt;br /&gt;- J’aime beaucoup.&lt;br /&gt;- Çà ta beaucoup plus, lui dit-je.&lt;br /&gt;- Bien sur que oui, ce n’est pas de la flatterie, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me sens rougir, je suis émue, et j’ajoute,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous aller me faire rougir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me lève aussitôt, je pars devant en continuant le chemin vers le Prat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A part quelques tournepierres et des grands gravelots, nous ne trouvons rien d’autre du haut de cette grève. Jean-Yves en a profité pour me rejoindre, Yann est derrière. Pendant la descente jusqu'à la plage du Prat, ce ne fut que futilités dans nos propos, que veut-il me dire pour ne pas y arrivé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai pas envie de le trouver pénible, je n’ai pas cette image de lui, pourquoi est-il mal à l’aise ? « Va doué ». J’espère qu’il ne se fait pas des idées, car je n’ai vraiment pas la tête à çà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann nous à rejoins, il observe quelques bécasseaux situés à l’autre extrémité, je l’entends dire des sanderlings, du chemin, je vois leur allure de jouet mécaniques sur le sable, ils suivent et évitent les vagues en courant très vite à la recherche de nourriture. Tout ceci dans un perpétuel mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Prat est une petite crique, tous les chemins y accédant sont en forte pente, à marée haute, la plage de sable est recouverte par le flot, s’il n’y avait pas quelques bateaux aux corps-morts, l’endroit semblerait inhospitalier.&lt;br /&gt;Je suis avec Jean-Yves au dessus de la plage, Yann est devant nous, à quelques mètres.&lt;br /&gt;- Muriel je ne pas te presser, mais je commence à avoir faim depuis un moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pensais en moi-même c’était donc cela qu’il voulait me dire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Yann, on y va, on rentre. Dis-je en l’appelant &lt;br /&gt;-  J’arrive, répond t-il &lt;br /&gt;Alors que nous montons le chemin jusqu’à la route pour rejoindre Ty Korn, il me demande comment s’était passé ma rencontre avec mon père.&lt;br /&gt;Après lui avoir expliqué celle avec ma grand-mère sur le port, je lui dis qu’une fois chez moi, j’ai juste pris le temps de faire une bise à ma mère afin de la rassurer tout en la prévenant que je filais sur Porz doun, puis aussitôt, je suis aller dans la réserve pour poser ma valise, j’ai pris le vélo de ma sœur et mon sac à dos et de la sorte, j’ai pu éviter mon père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui précise qu’il ne n’aurait pas permis de me rendre à la grève à peine arrivée à la maison, et que cela aurait encore fait des histoires. Alors qu’avec ma mère, cela ne la dérange pas outre mesure, du moment que je reviens aussitôt après avoir vu l’oiseau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense en moi-même, que je vais avoir des reproches de sa part pour ne pas être revenue directement du bateau à la maison, mais j’ai vu l’oiseau ! Et comme à l’habitude, ce sera l’éternel refrain. « Après l’heure ce n’est plus l’heure, tu attendras le repas du soir, va donc refaire le plein du bar et ranger les bouteilles à la réserve ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann nous à rejoins, sur la route nous échangeons des propos plus distrayants et plus passionnants. J’explique un vallon que Yann ne connaît pas encore, Stang Meur. Qu’à chaque fois que l’on pose le pied sur le sol, celui-ci vibre, on se demande si on va être englouti dans la tourbe, c’est vraiment impressionnant. Tout son sol est une éponge gorgée d’eau brunâtre, y avancer relève du tâtonnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann m’écoute attentivement, je continue, c’est un près de carex et de molinie ou les marouettes et les locustelles y trouvent un paradis migratoire, dans les larges bosquets de saules, c’est celui de tous les pouillots.&lt;br /&gt;Je lui précise que peu d’ornithologue le connaît et qu’il n’a pas la réputation des traditionnels vallons (stang en breton) d’Arland, du Korz, de Porz Gwenn.&lt;br /&gt;J’aime expliquer mon île avec tous ses petits marais, tous ces petits vallons, et jusqu’aux buissons isolés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en ai une connaissance parfaite, et j’en suis assez fier, et jamais avare de détail.&lt;br /&gt;Je leur dis aussi que si j’en éprouve un sentiment de fierté, je suis aussi consciente d’avoir un but pour vivre sur l’île, voire un échappatoire à l’ennui et à la grisaille et qu’il est important d’avoir une passion pour parfois fuir l’envie de partir, tout en ne revenant qu’à des moments choisis.&lt;br /&gt;C’est à peu près en ces termes que nous avons rejoins les vélos, il n’y a pas eu de dialogue, mais un monologue de ma part, m’ont-ils laissées parler par politesse ? on ont-ils été captivés par mon débit ?&lt;br /&gt;Nous en avons oublié Ty Korn avec son champs de pommes de terre, après nous être dit au revoir, Jean-Yves et Yann sont partis devant et je suis restée seule avec mes pensées, pédalant, flânant, oubliant mon mal en moi.et rentrant à la maison.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-9131991056527204411?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/9131991056527204411'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/9131991056527204411'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/12/7-yann.html' title='7 - Yann.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-7958829664152502720</id><published>2009-12-02T22:59:00.001+01:00</published><updated>2009-12-02T23:01:07.076+01:00</updated><title type='text'>6 - Vivre ma passion</title><content type='html'>Le rythme soutenu me fait mal dans les cuisses, et pourtant je ne veux pas ralentir. La succession des petites côtes et des longs faux plats ne me permet pas de reprendre mon souffle, je continue à pédaler vigoureusement, je veux absolument l’observer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yvon m’a dit de faire vite car c’est la première fois qu’il est vu en France. J’éprouve une excitation particulière de découvrir un oiseau qui ne l’a encore jamais été sur Ouessant. Bien que la marée soit avec moi, je suis anxieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’arrive sur Ty Korn, ce sera plus facile malgré le chemin de terre en longue et douce descente. Je tiens fermement le guidon, j’évite les ornières, enfin j’arrive. Au loin, j’aperçois deux vélos couchés sur l’herbe, Je pense à Jean-Yves, à peine arrivée, je couche le vélo, m’approche doucement, ils sont là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je comprends leurs signes, ils m’indiquent l’oiseau, mais aussi de me courber. J’enlève mon sac à dos pour préparer mon matériel optique,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ou est-il ?&lt;br /&gt;- Tu le sais déjà ? demande Jean-Yves.&lt;br /&gt;- Oui j’ai vu Yvon à la boulangerie&lt;br /&gt;- Ne sort pas ta longue-vue, il est là… Il m’invite à regarder dans le sienne.&lt;br /&gt;- Non, non, ne me dit rien, je veux le trouver toute seule, dis-je à mi-voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après m’être installée le plus doucement possible afin de ne pas provoquer j’envol général, je me mis à observer tous les limicoles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je crois bien que c’est lui sur le galet&lt;br /&gt;- Ok c’est bon, Muriel.&lt;br /&gt;- Tu as vraiment de la chance, cela fait bien deux minutes qu’il est là sans bouger à se toiletter… et son copain rajoute.&lt;br /&gt;- Tu vois la flaque d’eau à gauche ?  il me montre en haut de la grève une minuscule baignoire formée sur le galet.&lt;br /&gt;- Il est venu là, à Quatre mètres de nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’affine la mise au point, je regarde le grossissement, 20 fois, je demande à Jean-Yves,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- As-tu un 40 pour les palmures ?&lt;br /&gt;- N’exagère pas, Muriel, c’est bien assez me répond t-il !&lt;br /&gt;- Tu ne veux pas qu’il ait des pattes de canard ! me répond son Copain&lt;br /&gt;- Tu t’appel comment ? lui dis-je&lt;br /&gt;- Yann&lt;br /&gt;- Yann, lui dis-je, je ne fais pas de la coche de raccroc. !&lt;br /&gt;- Que fais tu, tu coche ? me dit Jean-Yves.&lt;br /&gt;- Je pense bien, c’est ma 250e&lt;br /&gt;- En France ! dit Yann&lt;br /&gt;- Non, sur Ouessant.&lt;br /&gt;- 250 ici.. ! ce n’est pas possible &lt;br /&gt;- Et Oui c’est possible.&lt;br /&gt;- Je n’ai pas vu autant d’espèce en France, dit Yann.&lt;br /&gt;- J’ai eu mon premier Péterson à 8 ans et j’ai commencé avec Mr Julien, et ses bagueurs, puis Yvon et j’habite ici quand même.&lt;br /&gt;- Et combien, d’espèce en France ?&lt;br /&gt;- Je ne les compte que sur Ouessant, J’ai commencé par faire une croix à chaque fois que je voyais un oiseau dans les camps de baguage, et puis un jour, ils me les ont comptées, c’est comme cela, tout bêtement.&lt;br /&gt;- Et Yvon ? me demande Jean-Yves&lt;br /&gt;- Je ne sais pas vraiment, mais comme il les bague, il en a vu plus que moi, j’en suis sûre, et puis, je crois qu’il ne veut pas les compter, ou il ne le dit pas.&lt;br /&gt;- Mais toi tu les comptes, me fait Yann en souriant&lt;br /&gt;- Bien sur, je me suis prise au jeu et je suis assez fière de battre les garçons, n’est pas messieurs ! leur dis-je ironiquement&lt;br /&gt;- Si tu nous fais la bise à chaque coche, on te pardonne fit Yann en riant.&lt;br /&gt;- Oui, je vous dois bien celle là, mais pour les autres on verra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann c’est levé le premier et me dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ok.&lt;br /&gt;- Oh non, Yann ! tu as fais tout s’envoler, dit’ en râlant Jean-Yves….j’étais sur un minute…dit-il.&lt;br /&gt;- Bon tu l’a fais ta bise maintenant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surprise je dis à Jean-Yves, on l’a déjà vu ensemble, ne râle pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui mais c’était peut-être autre chose, et c’est dans les minutes que l’on trouve des gags. Dit-il sèchement… la preuve pour le semi-palmé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pris Jean-Yves par la main, lui fit claquer un baiser sur les joues et je fis de même pour Yann.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M’étant éloignée, j’entends Yann dire : Sans rancune, et Jean-Yves répondit : Mais non..&lt;br /&gt;En ronchonnant des paroles incompréhensibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes près à partir… on passe par Ty Korn, le champ de pomme de terre, et ensuite Ar Ru, c’est l’endroit idéal pour voir un guignard… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine avais-je fini ma phrase que je roule, vers le chemin de Porz Coret, une anse naturelle bien abritée, mais pas assez profonde pour ne faire un véritable port, néanmoins l’on peut y voir les traces d’un ancien abri de goémonier fait de galet. &lt;br /&gt;Plus haut, dans la lande de bruyère, vers l’emplacement des ruines de la chapelle St Guennolé, l’on distingue la travée du four à goémon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, il ne reste plus que le champ de Ty Korn pour révéler aussi une activité humaine dans ce lieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps que j’observe la coutumière aigrette garzette de Porz Coret, Jean-Yves et Yann sont à mes côtés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assis sur le vélo, un pied au sol, un coup de jumelles sur la grève, nous regardons et repartons et ainsi de suite, de quête en quête, toute l’anse est passée au crible.&lt;br /&gt;Le chemin qui entoure cette grève est gazonneux, y rouler en vélo est plaisant, il conduit directement à la baie de Lampaul, en plein milieu, le Youc’h Korz, ce rocher gros comme un paquebot qui se serait échoué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Yves et Yann me suivent contemplatifs et silencieux, cette partie de la côte sud de la baie offre la plus belle vue qui soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- On va jusqu'à Prat à pied ? demandais-je&lt;br /&gt;- Alors on laisse les vélos ici, dit Yann&lt;br /&gt;- Oui, on revient par la route et on fait Ty Korn.&lt;br /&gt;- Ce sera long ?&lt;br /&gt;- Une bonne demi-heure ; répondis-je.&lt;br /&gt;- On fait vite car je commence à avoir faim ! réplique Jean-Yves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous montons la butte pour observer sur la lande à bruyère. A peine avons-nous commencé à marcher qu’un courlis s’envole bruyamment, nous nous arrêtons net, n’ayant pas eu le temps de prendre les jumelles que celui-ci à disparu en contrebas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être sur Ar Ru, c’est être sur une lande des Highlands lance Jean-Yves.&lt;br /&gt;- Mais l’immensité en moins, lui dis-je&lt;br /&gt;- Oui, mais c’est le même type de végétation malgré tout, et Yann rajoute&lt;br /&gt;- Tu vois Muriel, tu as tout sur ton île !&lt;br /&gt;- Et oui, presque tout pour être heureuse répondis-je avec désinvolture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Yves se retourne vers moi et me sourit, sans échanger de mots, nous nous comprenons du regard.&lt;br /&gt;Nous marchons tous les trois, soit sur le chemin ou dans la lande, mais au plus près du rivage.&lt;br /&gt;Je sens que mes deux compagnons sont plus attirés par la beauté du paysage que par la recherche des oiseaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La couleur de la mer est particulièrement belle, le bleu du ciel se reflète sur elle, les rayons du soleil ajoutent à cela la transparence du cristal, de notre hauteur, nous voyons clairement le fond, la baie se donne des airs de lagon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la côte en face, tout est plus lumineux, la pureté de l’air fait que le blanc des murs est encore plus blanc, le vert des champs encore plus intense, les couleurs des bateaux paraissent neuves, le bourg devient lumineux comme un village de pêcheurs grecs, c’est la vue que je préfère de mon île.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marchant derrière moi, Yann me demande.&lt;br /&gt;- Muriel si on s’arrêtait une minute !&lt;br /&gt;- Bien sur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le regard fixé sur l’aitre rive, il rajoute.&lt;br /&gt;- Jean-Yves, lis le poème que tu m’as lu hier soir.&lt;br /&gt;- Tu devrais plutôt le demander à Muriel, puisque c’est elle qui l’a écris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dis à Jean-Yves, &lt;br /&gt;- Ah bon, tu lis mes poèmes aux autres.&lt;br /&gt;- C’était la meilleure façon de te présenter.&lt;br /&gt;- Et quelle façon, dit Yann&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De sa poche, il sort mon poème, et lis :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les couchants du Créac’h&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les soleils rasants&lt;br /&gt;Le soir venu&lt;br /&gt;Léchant les rochers&lt;br /&gt;Donnent illusion&lt;br /&gt;A des flammes&lt;br /&gt;Sortant de l’océan&lt;br /&gt;A des volcans&lt;br /&gt;Endormis se réveillant&lt;br /&gt;Pour lancer &lt;br /&gt;Au firmament&lt;br /&gt;Des flammèches d’argent&lt;br /&gt;Donnant à Ouessant&lt;br /&gt;Des nuits de rêve&lt;br /&gt;Hors du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un moment de silence gênée, j’explique pour Yann, que c’est dans le cadre du lycée que j’ai écrie ce poème, à l’entendre, je me suis demandé si c’était bien moi qui l’avais écris.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-7958829664152502720?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7958829664152502720'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7958829664152502720'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/12/6-vivre-ma-passion.html' title='6 - Vivre ma passion'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-4274022489336534882</id><published>2009-11-29T23:29:00.001+01:00</published><updated>2009-11-29T23:31:29.639+01:00</updated><title type='text'>5 - Les Oiseaux de Porz Doun.</title><content type='html'>La grève de Porz Doun est en plein sud-ouest, face au phare de la Jument, et à l’extrémité de la pointe de Feunteun Velen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette anse continuellement roulée par la houle et balayée par les vents, n’offre aucun abri possible.&lt;br /&gt;Étant dépourvue de la moindre vasière, il ne devrait s’y trouver que peu d’échassiers, pourtant c’est l’inverse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’endroit est toujours visité par des oiseaux, ils y trouvent là une abondante source de nourriture, surtout des moucherons et autres puces de mer, il faut dire que le monticule d’algues pourrissant sur la grève est survolé par une importante nuée de petits insectes en tout genre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A marée basse, la mer découvre très loin et au-delà du vapeur dont il ne reste que les deux chaudières.&lt;br /&gt;Sur ces dalles disjointes et chaotiques, couvertes d’algues glissantes, il est rare de voir d’autres personnes que des pêcheurs de petit goémon, car l’on y est jamais stable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A marée haute, les vagues se brisent sur les goémons en décomposition, faisant ainsi ressortir des effluves nauséabonds. Les légers bécasseaux picorent ainsi leur nourriture sur ces îlots flottants au gré du ressac et des brisants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces éléments en font un endroit propice pour les oiseaux de rivage, elle est une des rares grèves où ils peuvent trouver la quiétude. C’est ainsi le paradis pour les courlis, barges, huitriers, chevaliers, tournepierres, bécasseaux et parfois quelques autres à la recherche de protéine en abondance sur le chemin migratoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Yves et Yann y sont installés, assis et bien calés contre des gros galets, ils cherchent ce rare bécasseau semi-palmé dans cette vaste monochromie, en les observant tous un à un. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux sarthois d’origine ont la complicité de centaines d’heures d’observation, peu de mots suffisent. Les noms d’oiseaux deviennent des abréviations, tel bv,  pour bécasseau variable, quelques fois les termes chevalier, bécasseau, ont disparus et il ne reste que le second nom, aboyeur, gambette, violet, minute voir semi-palmé etc…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit parfois qu’un des deux regarde dans une direction pour que l’autre, dans le seconde qui suit, en fasse autant et tombe sur le même oiseau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’œil rivé sur l’oculaire des puissantes longues-vues, aucun des deux n’observe ailleurs avant d’avoir trouvé l’oiseau. Pour l’un comme pour l’autre, l’identification équivaut à la découverte d’une espèce nouvelle, c'est-à-dire, dans le jargon ornithologique, à une coche sur la liste du guide « Peterson ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fondu dans le paysage, Jean-Yves et Yann ne sont plus une crainte pour les échassiers qui eux, sont en perpétuelle recherche de nourriture.&lt;br /&gt;Dans le clame de la grève, une voie éclate :&lt;br /&gt;- Yann, je crois que je l’ai&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann regarde la longue-vue de Jean-Yves et aussitôt, cale la sienne dans la même direction.&lt;br /&gt;- Dès que tu auras une barge rousse, tu me signe, dit Jean-Yves.&lt;br /&gt;- Ok, c’est bon répondit Yann.&lt;br /&gt;- Sous elle, à gauche tu as trois tournepierre.&lt;br /&gt;- J’ai.&lt;br /&gt;- Devant ceux-ci, tu as des bv, à droite, un juv.&lt;br /&gt;- J’ai.&lt;br /&gt;- Regarde bien, juste devant, tu as un rocher… tu dois avoir une tête…le semi-palmé est en contre bas, derrière.&lt;br /&gt;- Tu as une rieuse qui marche vers lui, regarde bien…top, dit-il fermement.&lt;br /&gt;- Ok, Jean-Yves, c’est bon, je l’ai, certes ce n’est pas un minute.&lt;br /&gt;- D’après-toi Yann !?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ton de Jean-Yves cherche une confirmation, Yann sceptique dit : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Encore un peu difficile, il faudrait voir les pattes. Jean-Yves je lâche, je sors les guides.&lt;br /&gt;- Ok&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela aussi est un automatisme entre les deux, prévenir l’autre lorsque l’un quitte l’observation afin de ne pas risquer de perdre un oiseau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann ouvre donc ouvre les deux guides aux pages correspondantes, bien qu’amateur averti, il a le souci du professionnel, il est pointilleux, ne laissant rein au hasard, ne se contentant pas d’un petit rien pour en faire un tout, il a l’approche rigoureuse, scientifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- je reprends….dit-il.&lt;br /&gt;- Ok, répondit Jean-Yves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un long moment, le bécasseau se pose sur un gros galet rond, les pattes bien en évidence.&lt;br /&gt;Il y a parfois des instants de chance, voir de magie, c’est toujours un cadeau malgré les heures de patience et de ténacité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- c’est bien lui.&lt;br /&gt;- Magnifique rajoute Jean-Yves.&lt;br /&gt;- Les palmures sont nettes, dit Yann…aucun doute possible, la semaine commence bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Yann relève l’œil de la longue-vue et hilare tend la main à Jean-Yves et lui dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Aller tape.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Yves toute aussi joyeux, frappe la main de Yann puis tourne la sienne pour une seconde frappe. &lt;br /&gt;Le regard de Yann est soudainement attiré par l’arrivé d’un cycliste. Jean-Yves se retourne, se lève doucement et dit :&lt;br /&gt;- C’est Muriel, quelle chance ! et ajoute &lt;br /&gt;- Nous l’avons vue sur le bateau.&lt;br /&gt;- Oui, Oui, je me rappelle….&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-4274022489336534882?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4274022489336534882'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4274022489336534882'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/11/5-les-oiseaux-de-porz-doun.html' title='5 - Les Oiseaux de Porz Doun.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-7316650367377819708</id><published>2009-11-29T18:48:00.014+01:00</published><updated>2009-11-29T21:25:41.799+01:00</updated><title type='text'>4 - La rencontre avec Muriel.</title><content type='html'>L’ouverture de la porte de la mercerie actionne une série de clochettes dont le carillon est très agréable et chantant. Jeanine est assise au fond de son magasin. L’ensemble des petites boites et des pelotes de laines de toutes les couleurs lui donne une ambiance chaude et particulière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se séparant de ses lunettes Jeanine s’avance :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour Claire, que me vaut ta visite ?&lt;br /&gt;- Je viens à la rencontre de ma petite fille Muriel, et je voulais lui dire bonjour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeanine essaye un magnifique pull en deux tons, confectionné avec la laine des moutons de l’île, L’une noire, l’autre blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est ton œuvre ? lui dit Claire&lt;br /&gt;- Et oui, je suis en train de le finir dit-elle en se l’ajustant.&lt;br /&gt;- Qui t’as filé la laine ?&lt;br /&gt;- Marie de Lampaul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En comparant la différence de douceur entre les deux, Claire fait remarquer à Jeanine que celle des moutons noirs est beaucoup plus douce que la blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu le vendras combien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En levant les yeux au ciel et plissant le front, elle lui répondit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- S’il fallait que je vende, ne serait-ce que le prix que me prend ma femme de ménage à l’heure avec le temps que j’y ai passé, il serait invendable.&lt;br /&gt;- Cela ne m’étonne pas du tout, vu le travail !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire remarque que le pull a quatre points différents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je pense quand même bien le vendre dans quatre à cinq cent francs, et puis il faut payer la laine à Marie&lt;br /&gt;- Jeanine, tu as vraiment fait un bel ouvrage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire admire son pull, l’ajuste, puis regarde dehors, sur la place car quelques voitures reviennent, puis le taxi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vais revenir plus tard, je ne veux pas manquer ma petite fille !&lt;br /&gt;- Reste un peu Claire, ne t’inquiète pas ! je vais surveiller avec toi, je te vois si peu ces derniers temps !&lt;br /&gt;- Tu n’y es pour rien, Jeanine, mais depuis que je suis en froid avec mon fils, je viens moins souvent au bourg, et puis, Christiane, ma bru, vient me voir tous les deux jours…et j’ai mes petites filles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeanine avait dû sentir son malaise, elle ne pose pas de question, elle sait, d’ailleurs, tout se sait sur l’île et puis comment ignorer la vie des gens lorsqu’ils ont un commerce, aussi connu que le Penn ar Bed.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps de reprendre un petit café, elles ont vu Corinne aller à l’arrêt du car. Elles continent à discuter de choses et d’autres pour attendre le moment venu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je viens de voir le car, Claire, tu vas pouvoir y aller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire posa sa tasse, elles s’embrassent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- A bientôt Jeanine, je reviens te voir, c’est promis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Muriel et Corinne marchent, ensemble, elles n’ont pas encore remarqué Claire, trop occupées à parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire se porte à leur rencontre, tout d’un coup, elle voit le regard de Muriel s’illuminer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oh mamie ! C’est toi ! Que c’est gentil d’être venue !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’avance d’un bond vers elle, la prend dans ses bras et l’embrasse avec une telle vigueur qu’elle n’a pas eu le temps de dire le moindre mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et bien, au moins cela fait plaisir de te voir comme çà ma petite Muriel !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et Corinne rajoute : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle a la pêche ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis Corinne l’embrasse à son tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mamie, tu viens à Porz-Paol avec nous !? Si, mamie, et avant j’achète un kouing-amann chez madame Richard.&lt;br /&gt;- Mais qu’as-tu Muriel, quelle fougue !&lt;br /&gt;- Je suis heureuse de te voir et j’ai envie de partager avec toi le bonheur de mon retour. Et puis, j’ai tant de choses à te dire !&lt;br /&gt;- Moi aussi d’ailleurs, je suis venue pour cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne comblée par la joie de sa sœur, l’embrasse.&lt;br /&gt;Elles sont très heureuse, souriantes, détendues, cela fait plaisir à voir pense Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mamie, aller, tu ne dis pas non, je t’offre un Kouing-amann à la pomme.&lt;br /&gt;- Mais tu as vu l’heure Mureil ?&lt;br /&gt;- Et alors, qu’est-ce que cela peut faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne la supplie aussi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dis oui, mamie, on va aller le manger sur le port.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant une telle insistance, elle ne peut que se résoudre à manger un gâteau avant midi, mais elle pense en elle-même « que c’est beau d’être jeune et d’avoir autant de spontanéité à vivre ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine a-t’elle dit oui que Muriel est dans la boulangerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Viens mamie, elle va nous rejoindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne lui prit le bras et elles descendent la rue centrale, à cette heure là, il y a beaucoup de monde et elles en profitent pour saluer nombre de connaissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que Corinne marche tranquillement avec sa grand-mère, Muriel arrive comme un ouragan, c’est tout juste si elle ne les renverse pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Doucement Muriel, cela ne va pas ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ? lui dit sa grand-mère.&lt;br /&gt;- Yvon était à la boulangerie, il m’a annoncé un semi-palmé à Porz Doun !&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que c’est encore celui-là ?&lt;br /&gt;- Mais mamie tu devrais le savoir, c’est bécasseau américain, depuis le temps que je t’en parle !&lt;br /&gt;- Tu penses si je me rappelle de tes noms d’oiseaux, plutôt que de danser comme une folle, fait donc attention à tes gâteaux ! lui dit-elle.&lt;br /&gt;- Corinne, je prendrais ton vélo, le mien est crevé, aller, sois gentille lui dit-elle avant qu’elle ne parle.&lt;br /&gt;- Tu as de la chance d’être tombée sur un bon jour, répond t’elle à sa sœur, en disant aurais-je pu dire non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire aime voir ses petites filles si joyeuses, cela lui remplit le cœur de bonheur.&lt;br /&gt;Muriel leur fait écouter dans le gros érable d’un jardin près du port, le shuit, shuit, d’un pouillot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jumelles aux yeux elle s’exclame :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et si c’était un PGS ?&lt;br /&gt;- Mais tu ne peux donc pas parler Français !&lt;br /&gt;- Mais mamie c’est pour aller plus vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne lui explique que PGS, veut dire pouillot à grands sourcils et que c’est oiseau de 7 à 9 grammes qui vient de Sibérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivées sur le pittoresque petit port de Lampaul, elles s’assoient sur le muret, face à la baie. Au bout de chaque cordage se balance un canot de couleur différente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tient mamie voilà ton gâteau-cadeau&lt;br /&gt;- Merci Muriel, et après il faut que je te parle très sérieusement.&lt;br /&gt;- Mais oui mamie, je sais ce que tu vas me dire.&lt;br /&gt;- Ta mère est venue me voir.&lt;br /&gt;- Après mamie, après le gâteau dit-elle en la suppliant, laisse moi te parler de la vie de Josée avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant qu’elles mangent, Muriel parle de la vie de sa sœur et de son séjour, longuement et passionnément comme à son habitude, mais rien sur sa terrible maladie.. !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corinne finit la première et tout en s’essuyant, elle les quitte hâtivement afin de les laisser parler tranquillement.&lt;br /&gt;Après un moment de silence, Claire se décide à reprendre la conversation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel, j’ai besoin de ta compréhension, peux-tu réaliser que le conflit que tu as avec ton père se répercute sur ta mère ?&lt;br /&gt;- Alors il ne faut rien dire et laisser faire ! dit Muriel d’un ton révolté.&lt;br /&gt;- Bien sûr que non, mais certaines fois, il faut mieux laisser tomber.&lt;br /&gt;- Je sais cela mamie, mais c’est plus fort que moi et pourquoi nous fait-il souffrir ? son comportement devient un calvaire.&lt;br /&gt;- Mais je sais Muriel, moi aussi j’en souffre de vous savoir comme cela. Si je viens moins souvent, c’est aussi pour çà et à cause de lui. Mais je comprends qu’à la limite, il est plus malade que méchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ton plaintif de Claire apaise sa révolte, sa colère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai vraiment du mal à comprendre, mamie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se lance dans un monologue….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- On vit ici sur un petit paradis, à l’écart du monde, la ville est proche, personne ne vient nous ennuyer, la nature est forte et belle, parfois sauvage. Mais qu’est-ce qu’il faut de plus ! Il ne s’intéresse à rien, sauf à ses parties de boulles et à boire avec ses copains. Qu’il cesse et tout sera comme avant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis elle s’arrête, reprend son souffle. Claire sent qu’elle vide son sac et la laisse parler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Un exemple, mamie, sur les îles Scilly, c’est dans un café qu’a lieu le rendez-vous des &lt;br /&gt;ornithologues. S’il était tant soit peu commerçant et ouvert à autre chose, on pourrait faire pareil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ton idée est bonne, tu le lui expliques, d’autant plus que tu ne veux pas quitter l’île, il le comprendra sûrement, c’est aussi ton avenir.&lt;br /&gt;- Je ne peux plus parler avec lui, et à quoi bon maintenant ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire n’a pas compris le pourquoi, d’à quoi bon maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- N’exagère rein Muriel, il va falloir que tu apprennes à composer, sinon tu seras toujours dans des situations de non-dits et de conflits.&lt;br /&gt;- Et puis j’espère bien vivre ici sans toujours en passer par lui ! dit-elle d’un ton révolté.&lt;br /&gt;- Crois-tu vraiment que les oiseaux pourront te faire vivre ici ?&lt;br /&gt;- Et pourquoi pas ! Souviens-toi des bagueurs qui venaient, ils en vivaient bien !&lt;br /&gt;- Je suis perplexe, j’aimerais bien voir ! En tout cas, penses à ce que je t’ai dit pour ta mère, ne lui complique pas ses relations avec ton père.&lt;br /&gt;- Oui ma petite mamie, je te le promets.&lt;br /&gt;- Et pour ton avenir, j’aimerais bien que tu viennes me voir à Pern.&lt;br /&gt;- Mais mamie, comment tu as fait toi ? Tu t’es bien débrouillée !&lt;br /&gt;- Et bien, justement, mon expérience peut me permettre de te mettre en garde, lui dit-elle fermement.&lt;br /&gt;- Tu ne nous as jamais rien dit sur notre grand-père, pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a du mal à répondre, elle est touchée dans des souvenirs qu’elle n’a pas envie de revivre.&lt;br /&gt;Délicatement Muriel met son bras autour de son cou, elle lui fait un tendre baiser, et moi aussi j’ai des choses à te dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Promis, je viendrai te voir, mamie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles sont restées quelques instants, dans un silence, à observer l’ondulation des algues dans l’eau.&lt;br /&gt;Le soleil donne plus de transparence à la mer, son bleu oscille entre le turquoise et le cyan, le vert des algues devient vert tendre.&lt;br /&gt;Un vol bigarré et criant de tournepierres ajoute une note mélancolique. Les seuls autres oiseaux visibles sont un groupe de bruyants goélands dont les appels déchirent le calme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Muriel, je te laisse et je rentre.&lt;br /&gt;- On fait un bout de chemin ensemble ?&lt;br /&gt;- Non, je passe par la Duchesse Anne, tu embrasse ta mère et tu penses à ce que je t’ai dit.&lt;br /&gt;- Mais oui, mais oui, mamie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en longeant le port, je regarde ma grand-mère monter le dur chemin vers Porz-Noan.&lt;br /&gt;Après un dernier regard vers l’érable du jardin, situé face à la fin de l’anse du port, je prends la route vers la maison et ensuite, je vais aller directement à Porz-Doun pour voir ce bécasseau. La marée est montante, ce sera l’idéal me dis-je.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-7316650367377819708?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7316650367377819708'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7316650367377819708'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/11/4-la-rencontre-avec-muriel.html' title='4 - La rencontre avec Muriel.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-7686996082342726513</id><published>2009-11-27T22:42:00.004+01:00</published><updated>2011-12-22T09:16:53.992+01:00</updated><title type='text'>3 - Claire.</title><content type='html'>Sur cette pointe de Pern, sauvage et mélancolique, d’une immense beauté ou d’un intense désarroi, selon ce que les éléments en auront décidé, se trouve la première maison de France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa position extrême et isolée fascine et intrigue, pour certains, c’est une vie de réclusion, pour d’autres, de liberté, mais à Ouessant, sur cette île de contraste, un coin de paradis peut aussi devenir l’enfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute la pointe est une vaste prairie totalement dépourvue d’arbres où seuls quelques tamaris résistent à la force des vents.&lt;br /&gt;Situé sur un des points les plus hauts, jadis, un meunier avait trouvé là le site idéal. Aujourd’hui, l’on peut encore voir le fût près de la maison.&lt;br /&gt;Le village de Loqueltas est groupé plus bas, plus loin, comme pour se mettre à l’abri. Dans cette grande du bout du monde, habite la grand-mère, de Muriel, Claire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait fait un beau mariage et toute l’île la savait heureuse, « elle s’en était sortie ».&lt;br /&gt;Un capitaine de passage fasciné par la baie de Yusin, l’avait été aussi pour sa grand-mère ; son mariage l’avait conduite dans les Charente. Revenant souvent dans la maison de son enfance dont elle avait hérité à la mort de ses parents, elle n’avait jamais oublié son île, pourtant Rochefort n’était pas très proche et pour l’époque la traversée avec le premier vapeur, La Louise, en faisait une expédition. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis elle avait dû suivre à nouveau son mari pour Madagascar, personne n’avait plus eu de leur nouvelles pendant plusieurs années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est bien plus tard qu’elle était revenue avec trois enfants, dont le père de Muriel, dans cette nouvelle maison qu’elle avait acquise dès son retour. Personne n’a jamais vraiment su ce qu’était devenu son mari, mais il est certain qu’elle n’a jamais connu un autre homme pour refaire sa vie. Son installation si loin de tout était-il un refuge ? Car son passé ressemble à sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son père, d’origine galloise avait fuit son pays au début du siècle. Marin il avait vu les côtes de France d’un peu trop près, C’était un ancien naufragé à molène secouru par les iliens, avait sans doute été séduit par l’île et ses habitants, puisque quelques mois plus tard, il était revenu de son plein grès pour partager sa vie avec l’une de ses femmes.&lt;br /&gt;Comment cet amour était né ? Nul ne le sut jamais !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De cette union était née sa grand-mère, Claire Skréo, pourtant il s’appelait Gwernig.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est bien plus tard, qu’ils s’installèrent sur Ouessant. Et pourquoi avaient-ils quitté Molène ?&lt;br /&gt;C’est aussi bien plus tard, que Muriel avait compris aussi le pourquoi de Skréo, c’est le nom que donnent les Ouessantins aux habitants de Molène, comme les Molènais nomment les Ouessantins « maout ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait aussi connu une éphémère gloire, un romancier avait parlé d’elle dans un de ses livres « les filles de la pluie » Prix Goncourt en 1913. Elle n’en avait tiré aucun mérite, peut-être même s’en serait-elle passée et cela n’avait en rien changé sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui Claire, à maintenant un grand âge très respectable. Tous les vendredis elle se rend au bourg, mais avant avec les fleurs de son jardin, elle fleurie l’autel de Saint Gildas où elle s’y recueille longuement, puis elle va chez à sa seule amie Soazic.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chemin qui y même est celui de Cost ar Reun, bordé de murets de galets entourant de petits jardins dont la plupart sont envahis de ronces, fougères et parfois de saules rabougris par la force des vents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les maisons n’avaient pas les portes et les fenêtres ouvertes, on pourrait croire que toute vie a disparue dans de coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire porte encore son costume « Ouessantin » qu’elle a bien modifié à son goût soit pour le rendre plus gai, moins sombre, toujours est-il que l’unanimité n’y est pas !&lt;br /&gt;A la place de la coiffe noire, elle en met une blanche qu’elle noue avec un ruban de satin bleu pâle. Sur ses épaules, elle place un grand châle de couleur paille frangé de lacets de soie. Il se ferme sur le devant par une broche au ras du cou. Son châle de laine lui couvre les épaules jusqu’au avant-bras, la poitrine et le dos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle dissimule partiellement sa jupe ample et noire d’un tablier blanc, qu’elle noue avec un large ruban strié bleu pâle, rappelant ainsi celui du bonnet. Plutôt que les traditionnels collants noirs, elle en met des blancs, Il en reste de la sorte, que les chaussures, la jupe et le corsage dans ce même ton.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a malgré tout beaucoup d’allure de la sorte, de part sa grande taille, son costume plus jeunes, son pas décidé, et surtout ses yeux bleus océan. Elle ne soucie guère des traditionnalistes qui ne considèrent que le seul costume noir pour les femmes âgées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques maison plus loin, Soazic est dans son jardin, comme d’habitude, comme pour passer le temps, et en l’attendant. Chacune d’elle espère le moment du café à la chicorée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soazic lui parle de son mari, marin dans la marchande et de sa déception de savoir qu’il débarquera à Anvers plutôt qu’au Havre ; car si le transport lui est payé, il y a malgré tout une perte de temps qui ne pourra être rattrapée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se réjouit du retour de son mari pour la vaine pâture, même si cela n’est pas difficile elle préfère que ce soit lui qui relâche les moutons en liberté jusqu’en février prochain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire dévoile, le motif de sa visite dans le bourg, qui est de rencontrer sa petite fille Muriel, avant que celle-ci ne rentre chez elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soazic sait comme tout le monde sur l’île, que Claire est en froid avec son fils, car il a un penchant pour l’alcool est que la vie qu’il fait subir à sa famille est assez pénible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Claire parle à Soizic de la passion de sa petite fille, pour les oiseaux, et qu’il lui sera difficile de vivre de cela sur l’île, même si depuis qu’elle est petite, elle a suivit monsieur Julien pour baguer les oiseaux, &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme beaucoup de jeunes Ouessantines, il est beaucoup plus difficile de ce faire un avenir, sur l’île que pour les garçons, qui eux serviront dans la marine marchande ou la royale, et reviendront à chaque escale, alors que pour une fille c’est souvent plus compliqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soazic dit à Claire, que Muriel a peut-être un avenir dans les livres, car elle a tellement empruntée de vieux livres sur Ouessant aux uns et aux autres que tout le monde sait sa passion pour les livres et vielles cartes postales sur Ouessant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le Kénavo ar wec’hal, traditionnel, elle reprend son chemin vers le bourg, non pas au plus court, mais par le gouzoul, le moulin du Kun, le Niou, et jusqu’au bourg. Parce que la beauté du parcours avec le mer toujours en toile de fond, c’est aussi un des chemins de son enfance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mer est moutonnante, les rouleaux des vagues sont visibles depuis Kérouat, les fous de bassan passent près des côtes, elle les voit très bien à l’œil nu. Au loin le Kensy est blanc de brisants, il fait vilain en mer, elle ne peut d’empêcher de penser à la traversée du Fromveur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Poull-Féaz, elle s’arrête pour voir le marais et sa roselière ou elle aimait se cacher étant enfant. Les roseaux étaient sa seconde mer, le vent y formait des vagues en y imitant le bruit du ressac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au loin, son regard allait toujours vers son ancienne maison de Kergadou. En marchant avec ses souvenirs, elle réalise en arrivant au bourg que la marée est basse. Le vent du sud-ouest transporte le parfum des senteurs océanes. A marée haute, celui-ci est moins fort, plus doux, plus délicat car les algues se découvrent moins ou pas du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici la mer est un élément de la vie, nul besoin de la voir pour connaître son état, elle se manifeste par d’autre sens, le bruit, l’odeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une longue descente, Claire arrive sur la place de l’église, et son premier regard se porte en face, vers la route venant du Stiff afin de voir si les gens arrivent déjà du bateau. Cette place au centre du bourg est aussi un carrefour important de l’île, elle est traversée par la route principale allant du Stiff au Créac’h. De là, des rues desservent le bourg, le port de Lampaul, le sud et le nord. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur cette place, une petite mercerie, tout en long. Elle est coincée entre un escalier de pierre qui même dans les hauteurs, et une épicerie, Sur un des côté l’église, en face l’unique médecin et la boulangerie d'Erma. Dans la partie montante terminant la place, d’autres commerces surtout des cafés, restaurants, hôtels.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-7686996082342726513?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7686996082342726513'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/7686996082342726513'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/11/3-claire.html' title='3 - Claire.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-770754595116774850</id><published>2009-11-25T18:46:00.005+01:00</published><updated>2011-12-22T08:36:14.599+01:00</updated><title type='text'>2 - La traversée.</title><content type='html'>L’Enez Eussa levant l’ancre à 8h30, j’ai le temps de prendre mon petit déjeuner et de me refaire une beauté. Bien que le Télégramme ne me passionne pas, J’en lis les nouvelles locales. J’ai coutume de finir ma nuit au café de la gare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour s’est levé avec les premiers rayons, il faut que je me rende au port du commerce, cette longue descente est aussi un panorama sur celui-ci, le temps sera beau, mais je sens déjà le vent ! l’Enez est à quai, bien que plus vieux, je le préfère au nouveau Fromveur, en plus, nous avons très souvent les fumées des machines sur le pont arrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le guichet n’est pas encore ouvert, seuls les matelots s’affairent au chargement du fret. D’un regard, nous nous sommes salués, certains habitent l’île ou celle de Molène.&lt;br /&gt;Petit à petit, les passagers arrivent discrètement, j’aperçois Soazic et Fanch. Après l’ouverture du guichet et le billet pris, je reste avec les insulaires pour les nouvelles, chacun expliquant son séjour à Brest ou ailleurs. Je ne dis rien. La visite chez le dentiste pour l’appareil du petit dernier, ou des achats qu’ils ne peuvent faire par correspondance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aurons-nous un jour, un bateau qui partira d’Ouessant le matin et rentrera le soir ? Se rendre à Brest n’est ni facile, ni pratique. Il nous faut obligatoirement passer deux nuits sur le continent pour un jour complet ou prendre l’avion, mais c’est bien plus cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant d’être pensionnaire à Brest, j’avais l’habitude avec maman, de faire au moins un voyage par mois, soit pour des soins particuliers ou tout simplement pour quelques  courses que nous ne désirions pas faire par catalogue de vente, et puis flâner dans les rues lumineuses à l’approche de Noël, c’est déjà une fête.&lt;br /&gt;La passerelle vient d’être ouverte aux passagers, nous montons à bord, c’est en semaines, nous sommes peu nombreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussitôt, je rejoins la proue, calée dans l’angle fermé de l’avant, les bras posés sur le bastingage, j’ai ma place et il faudra du gros temps pour m’en faire bouger. Déjà petite, je montais sur les bittes d’amarrage pour voir la mer fendue par l’étrave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous n’étions pas encore sortis du port que je sens le vent frais sur mes joues, j’ai pris soin de mettre mon bonnet pour profiter au maximum des éléments.&lt;br /&gt;Après un dernier regard sur le quai des balises multicolores, nous longeons la digue du port militaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a toujours ces énormes bâtiments gris clair avec leurs impressionnants radars et leurs boules blanches sur le haut des châteaux.&lt;br /&gt;Bientôt le goulet, la première secousse, les premiers creux, les premiers embruns. Des souvenirs d’enfance me viennent, par bonheur maman m’a toujours laissée devant, elle restait à l’abri sous la passerelle du bord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce pour cela que je n’ai jamais éprouvé le mal de mer ? Même au plus fort des tempêtes que pouvais subir l’Enez, je trouvais encore du plaisir.&lt;br /&gt;Dans ma jeune mémoire, je ne me souviens guère avoir effectuée un voyage à l’intérieur, mon amie Anne-Marie est comme moi, nous nous soutenions, aucune de nous deux n’a jamais flanché et ne s’est laissé prendre par la mal de mer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur les hauteurs j’aperçois le phare du Minou, les premiers accros dans les vagues se font plus franc, l’Enez glisse encore en séparant l’eau, il ne la frappe pas. Je n’ai pas encore la sensation d’un combat entre deux forces dont aucune ne voudra céder.&lt;br /&gt;J’avoue avoir eu peur, j’ai déjà eu froid dans le dos. C’est une crainte d’un sens supérieur, d’une force inconnue, j’ai entendu la coque de l’Enez frémir sous les coups de boutoir, je l’ai senti se dévier de sa route, de son cap. J’ai senti le temps s’allonger, ces longues minutes d’angoisse où l’on perd un peu d’espoir, où l’on se demande si !…. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vent est plein ouest, lors d’un creux plus profond, je reçois une brise d’embruns, tout le nez de l’Enez est arrosé. Je suis à la fois surprise, désagréablement mouillée, mais aussi je ressens une sensation de bien-être, mes lèvres sont salées, j’ai à peine le temps de m’essuyer, qu’une autre, cette fois moins forte a aussi franchi la proue. Je comprends qu’il me faut quitter ma position de vigie et rejoindre le tribord car je préfère cette vue à celle du bâbord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le passage du goulet est bien agité, presqu’à chaque creux, le nez plonge et le vent balaie le pont d’embrun.&lt;br /&gt;Il ne m’est encore possible de savoir si la traversée sera agitée, car l’état du goulet n’indique pas toujours ce que sera le reste, son état dépend surtout de la marée et de son coefficient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mer me semble plus calme à la hauteur de Plougonvelin, En face les tas de pois se dessinent, j’aime la vision de ces trois cailloux sur un fond d’infini.&lt;br /&gt;Sur le feu des Vieux Moines, les cormorans sont là, avec leurs ailes étendues, j’ai l’impression qu’ils nous indiquent la route à suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en profite pour sortir mes jumelles car les embruns sont moins fréquents. Au large, la mer moutonne sérieusement, la houle est longue, les creux se forment. &lt;br /&gt;La position du bateau en travers du vent me protège, au fur et à mesure les passagers viennent à l’abri.&lt;br /&gt;J’aime cette vue du phare de St Mathieu en contre jour, les ruines de l’abbaye lui donne encore plus de cachet.&lt;br /&gt;Je quitte la vue de celui-ci pour le suivant ; Kermorvan, cela me rappelle mon jeu d’enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours voir un phare, un feu, une balise quel que soit le temps. Dès que mon regard en quittait un, il fallait qu’instantanément il se porte sur un autre, sinon j’avais perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec Béatrice, nous les connaissons toutes et tous, elle m’expliquait que son grand père de Molène connaissait même tous les cailloux de l’archipel, il naviguait souvent dans la tempête, c’est lui qui assurait la relève des gardiens de phare, il était le capitaine de la Ouessantine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici n’est pas capitaine qui veut, les naufragés sont plus nombreux. D’ailleurs, il en a secouru souvent, lui qui n’avait pas de radar.&lt;br /&gt;Nous arrivons sur Le Conquet, j’observe le quai, je comprends tout de suite le pourquoi de l’absence de passagers….Allons nous accoster car les vagues s’écrasent sur la digue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai le souvenir de traversée où même l’Enez n’avait pu faire escale au Conquet.&lt;br /&gt;C’est pour cela que je n’aime pas avoir cours le samedi matin. De la sorte, je peux prendre le bateau à Brest alors qu’au Conquet, si la tempête est trop forte, l’accostage peut ne pas avoir lieu.&lt;br /&gt;Je ne voulais surtout pas rester le week-end à Brest, pour rien au monde. Ne pas voir maman était pour moi difficilement supportable, principalement à cause du comportement de papa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La capitaine a bien négocié l’entrée du port, L’Enez roule, tangue, mais il le placera comme à l’habitude.&lt;br /&gt;La digue sur toute sa longueur est le seul rempart face à la mer et l’Enez s’amarre juste derrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les grosses vagues frappent contre, la force du vent envoie une pluie d’embruns. Le quai, pas assez haut, pas assez large, devient vite un piège.&lt;br /&gt;Pas vraiment un vrai quai, pas vraiment une vraie digue. Je sais déjà qui sera mouillé, toujours les mêmes, ceux qui ont des paquets, les mères et les enfants.&lt;br /&gt;Il m’est arrivé, malgré l’habitude, l’expérience, de ne pouvoir être plus rapide que les vagues et de prendre la douche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment faire autrement, les vagues tapent en moyenne toutes les 12 à 13 secondes, le seul espoir, une vague moins forte, ou être une championne vu la longueur du quai, 50 à 60m. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me sentant mal à l’aise et n’ayant pas envie de partager le rire sarcastique, gras de certain passagers, j’en profite pour aller observer les mouettes. A cette époque de l’année, septembre, il n’est pas rare de voir des mouettes de Sabine ou quelques autres raretés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le temps imparti pour l’embarquement des nouveaux passagers, l’Enez appareille. Cette fois, je suis sur le dernier trajet pour Ouessant.&lt;br /&gt;Que s’est-il passé ? Comment vais-je retrouver maman ? Je n’ai pas téléphoné, cela m’aurait plutôt fait plus de mal et qu’aurais-je pu faire si loin ? je ne voulais pas lui dire par téléphone, et puis il y avait Corinne, je la sais fragile, sensible, moins armée parce que plus jeune peut-être, mais si présente.&lt;br /&gt;Appuyée sur le bastingage je regarde la mer, je sens l’Enez quelque peu malmené et busculé.&lt;br /&gt;Quelqu’un m’appelle, j’entends mon prénom :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    Muriel, Muriel !&lt;br /&gt;Je me retourne,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Jean-Yves, tu es là ! Que fais-tu ?&lt;br /&gt;- J’avais une semaine, un projet est tombé à l’eau, alors je suis venu.&lt;br /&gt;Pendant qu’il me parle, je sens la tendresse dans ses yeux, la même qu’en il m’emmenait aller voir les oiseaux dans le vallon d’Arland. Il avait eu la délicatesse de venir me chercher lorsqu’une fauvette américaine était présente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu es là par hasard ou il y a un oiseau rare ?&lt;br /&gt;Il sourit, il rit,&lt;br /&gt;- Non, rien, une semaine à Paris est bien plus triste que rien sur Ouessant.&lt;br /&gt;- Tel que je te connais, tu vas bien trouver un oiseau rare.&lt;br /&gt;- Qui sait, en plus la météo est avec nous, c’est l’époque des oiseaux américains, me répondit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant qu’il me parle, je l’examine, il est toujours « chiquement » écolo, avec de beaux vêtements. Son air intello, sa voix posée et discrète me donne confiance, le suivre me fait toujours plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et toi Muriel, comment vas-tu ?&lt;br /&gt;- Bien, je reviens de Paris, de chez ma sœur.&lt;br /&gt;- Tu étais à Paris ! Nous aurions pu faire la route ensemble, c’est dommage ! Qu’as-tu trouvé comme livre ?&lt;br /&gt;- Ouessant de Marie le Franc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Yves connaît ma quête de livre, je lui avais fait voir ma bibliothèque, qu’il appelle une Bibale.. !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Parlons sérieusement, Muriel, as-tu vu « un gag ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne pu m’empêcher de rire à sa façon de dire un gag. Lui le dit avec tellement de charme que cela ne me heurte pas. Sa façon tendre et pleine d’humour de déterminer un oiseau rare par le nom de gag, n’a rien de péjoratif pour l’espèce en question, ni pour l’activité ornithologique elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non rien, je n’ai même pas eu l’ombre d’un doute, lui dis-je en riant. &lt;br /&gt;Sans lui avouer que j’avais d’autre souci, lorsque j’avais découverte cette boule dans mon sein, et mon voyage à Paris afin de voir un spécialiste.&lt;br /&gt;Il n’est pas déçu de ma réponse et délicatement, du revers de ses doigts, il me caresse la joue, furtivement,&lt;br /&gt;- Et ta maman ?&lt;br /&gt;- Elle va bien…. Merci&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il enchaine sur autre chose, avait-il perçu mon angoisse ? Il observe en mer, nous restons silencieux un long moment, il n’y a que les embruns pour distraire notre attente.&lt;br /&gt;Heureusement qu’un puffin nous permet d’échanger quelques phrases ; je n’ai pas les mots, pourtant j’aurais aimé lui parler, il est agréable et n’a pas l’esprit d’un dragueur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je trouve à peine la force de lui expliquer que le phare du Trézien délimite la Manche de l’Atlantique, nous arrivons à Molène, nous passons le feu des Trois Pierres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’état de la mer et surtout de la basse mer ne permet pas l’amarrage, le canot est venu s’accoster le long du bord.&lt;br /&gt;Comme tout le monde, je regarde la manœuvre de déchargement du fret, le sac postal, quelques cartons etc… et puis c’est le tour des passagers, parmi eux, une grand-mère, le canot ballotte, cette fois-ci personne n’a envie de rire, aucune blague ne fuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à chaque fois, les matelots réalisent une prouesse, personne n’a reçu la moindre goutte et les paquets arriveront secs.&lt;br /&gt;La sortie du chenal est toujours délicate, c’est avec mille précautions que l’Enez manœuvre, le vrombissement du moteur se répercute jusqu'à mon corp, je sens l’Enez frémir, tout vibre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes maintenant à la hauteur de Balanec et déjà secoué, comment va être le passage du Fromveur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec Jean-Yves, nous observons les plumages des fous de bassan en vol, ce sont surtout de jeunes oiseaux, c’est normal, les adultes migreront plus tard.&lt;br /&gt;Je ne peux rester insensible à l’aisance de leur plané, ils ondulent en créant des arabesques, les pointes de leurs ailes surfent sur le galbe de la vague, de la force du vent, ils en font une grâce, par la force du vent, nous humain, plions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous longeons Bannec, les creux se forment plus vifs, plus courts, le vent frise la surface de l’eau, jusqu’au fond des creux.&lt;br /&gt;J’ai l’impression qu’il s’est renforcé, les quarante nœuds ne doivent pas être loin, la mer blanchit de plus en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sens tout d’un coup, l’emballement caractéristique de l’hélice sortant de l’eau. Jean-Yves a déserté le pont, depuis quand ? Je ne m’en suis même pas rendu compte.&lt;br /&gt;Bien qu’à l’abri des embruns, ils sont partout, pénétrant, le pont est lavé de paquet de mer, l’Enez commence très légèrement à ne plus aller droit, la puissance des vagues lui donne une dérive par à coup !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes en plein dans le fomveur avec son redoutable courant. Le vent augmente son effet, ici la mer prend vite des allures de gros temps, tout ira mieux après le passage du feu de Men Korn.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces quelques minutes de tempête laisseront des traces dans les mémoires. Si le temps est clément lors du séjour, elle ne restera qu’une anecdote, sinon elle catalysera la dureté du climat Ouessantin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’arrivée sur l’île est souvent ainsi, si les insulaires et quelques habitués le savent, les touristes n’y sont jamais préparés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le port du Stiff est en vue, le bateau est aussi plus stable depuis qu’il est à l’abri du vent d’ouest, le pont est de nouveau occupé, Jean-Yves est revenu, le lui trouve une petite mine.&lt;br /&gt;- Pas trop dur Jean-Yves ?&lt;br /&gt;- Je crois que c’est ma plus mauvaise…..me plus mauvaise traversée !&lt;br /&gt;- Pourquoi n’es-tu pas resté sur le pont ?&lt;br /&gt;- Je pensais être mieux à l’abri, me répond t-il en ressortant les jumelles.&lt;br /&gt;Après une ultime manœuvre, l’Enez a accosté, il est près de 11h45, nous avons mis plus de 3 heures. Maman sera-t-elle là ? A cette heure, il y a les clients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Harnaché de son énorme sac à dos, Jean-Yves parle avec un autre ornithologue que je ne connais pas, en passant je lui dit :&lt;br /&gt;- Tu me préviens s’il y a quelque chose !&lt;br /&gt;-  Bien sûr, Muriel, on commence par Keradennec puis Arland.&lt;br /&gt;Le débarquement a déjà débuté, je suis le mouvement sur le quai, je vois des figures familières, mais ni maman, ni Corinne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autour de moi, j’entends parler du coup de tabac dans le Fromveur, même les Ouessantins n’ont guère aimé. D’ailleurs beaucoup n’aiment pas prendre le bateau, cette île de marin cultive le paradoxe d’avoir un esprit terrien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les familiers des passagers se préoccupent tous de savoir comment s’est passée la traversée. Ce sentiment est immuable pour chacune d’elles, c’est un rituel. C’est un peu la façon de se dire bonjour. Comme c’est aussi un rituel de venir au bateau, même si l’on attend personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir salué quelques amies, je me dirige vers le car. Les taxis, les loueurs de vélos sont tous là, tout est près pour l’accueil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce le vent ou le passage mouvementé qui décourage les visiteurs, mais peu en profite. Il y a affluence dans le car, de ma place à l’avant, je surveille la route au cas où maman viendrait me chercher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée au terminus, Corinne est là, je suis ravie, elle me fait un signe amical de la main comme pour se faire voir.&lt;br /&gt;Je l’observe, j’essaie de deviner, de lire son visage, elle sourit, que dois-je comprendre ?&lt;br /&gt;Je sui la première à descendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comment ça va à la maison ?&lt;br /&gt;- Toujours pareil&lt;br /&gt;- Et papa ?&lt;br /&gt;- Égal à lui-même&lt;br /&gt;- Et maman ?&lt;br /&gt;- Rassure-toi, il n’y a rien de grave&lt;br /&gt;- Il a bu ?&lt;br /&gt;- Quelle question !&lt;br /&gt;Elle me regarde et fronce les sourcils :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est comme d’habitude, il à crié.&lt;br /&gt;S’approchant de moi en souriant, elle me dit,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu ne m’embrasse pas Mumu !...&lt;br /&gt;Par son habitude chaleureuse, elle m’a apaisée, détendue, j’étais rassurée, nous partons vers la maison, je me sens bien.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-770754595116774850?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/770754595116774850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/770754595116774850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/11/2-la-traversee.html' title='2 - La traversée.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-1757392558871406740</id><published>2009-11-22T11:25:00.011+01:00</published><updated>2009-11-22T13:23:08.352+01:00</updated><title type='text'>1 - Le Paris Brest de 23 heures.</title><content type='html'>Depuis cette terrible nouvelle de mon cancer du sein, qui m’a ravagée, révoltée, c’est avec plaisir, fuite, angoisse que j’entre dans la gare Montparnasse, plaisir, car je suis sûre de ne pas rater mon train, demain aux alentours de 6h20 je serais à Brest.&lt;br /&gt;Fuite, car je fuis cette ville pour retrouver ma mère, mon île, le temps qu’il me faudra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que j’aille demain en chimio, ou plus tard, et tant pis pour le demain, j’ai besoin d’Ouessant tant que je suis encore présentable, oui sans perruque, sans fatigue, sans vomi, sans cette saloperie de maladie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est bien ma veine, de même pas avoir eu de gros nibar, et de chopper çà, déjà que les mecs n’avaient d’yeux que pour elles. Enfin merde, pourquoi moi, que ce passe t’il ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Angoisse, car il va falloir à nouveau affronter mon père avec toutes ses scènes, son humeur, ses colères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le plaisir est plus grand car je vais retrouver mon univers, mon paradis, bien que parfois obscur et tempétueux, mon île d’Ouessant, ma famille, ma vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas la première fois que je fais le voyage, mais c’est toujours ainsi un court moment. Ce séjour à Paris chez une de mes sœurs n’aura duré cette fois que le temps des examens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas rester à Paris, il me faut partir, le dire à maman, être près d’elle, pas par téléphone, j’ai fais jurer à Josée de ne rien lui dire, et puis peut-être qu’a Brest il y a ce qu’il faut ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en traversant l’immense hall qui longe les voies d’arrivées et de départs, pour aller à l’autre extrémité m’installer à la cafétéria, un même pincement, les mêmes pensées et visions m’assaillissent.&lt;br /&gt;Comment pourrait-il en être autrement, en sera-t-il autrement un jour, referais-je le voyage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme d’habitude je cherche une table où je peux voir l’heure et les quais. Paris m’est une respiration pourtant une respiration particulière, un bien être, une soif et pourtant c’est toujours un peu pareil. Inlassablement, je parcours les quais à la recherche des bouquinistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon but est invariable, immuable, trouver des livres sur les oiseaux, ou Ouessant, et enfin retrouver ma sœur, le soir venu, pour parler de la vie sur l’île, et à la maison, surtout celle que papa nous fait subir tant à ma sœur Corinne et moi, mais particulièrement à maman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant la tentation est forte parfois, de me laisser vivre, de vivre autre chose, ma vie de jeune femme, mais comment vivre, avec l’idée de la mort à l’horizon, ce n’est pas de mon âge, mais comment vivre dans une telle peur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la lumière blafarde des néons, je feuillète mes trouvailles, mon trésor, car il s’agit bien d’un trésor ! J’ai enfin trouvé le livre de Marie Le Franc « Dans l’île », une édition de 1932, à l’intérieur, je trouve une bande d’un vert fané « Deux cœurs humains qui battent au rythme du formidable Ouessant ». Cette bande annonce me servira de marque page. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a l’odeur qu’ont les vieux livres, pas celle de l’humidité, non, celle bien particulière et caractéristique, une odeur sèche de page jaunie par le temps.&lt;br /&gt;En lisant quelques courts passages, je cherche où se situe l’action, car comme pour les autres livres, je le lirai sur les lieux, là où le narrateur a choisi de faire vivre ses personnages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque livre correspond donc à un lieu et à un paysage. Ils avaient parfois en plus, le souvenir d’un rencontre avec un oiseau, car combien de fois, blottie contre un rocher, plongée par l’histoire dans un autre univers, fondue dans un temps passé, un oiseau de temps présent vint à ma rencontre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ces visites, les plus régulières étaient celles des traquets motteux et des pipits Farlouses, parfois d’autres plus rares, comme celle d’un pluvier guignard à Kadoran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kadoran est une pointe au nord-est de l’île, une lande de bruyères et de lichens aussi désertique et pelée que peut l’être une lande d’Écosse. Adossée contre un rocher devant moi, je lisais « mon ami le pluvier ». Par qu’elle magie, par je ne sais quoi d’heureux un même pluvier est venu traverser mon champ de vision, tout comme ce livre que j’ai trouvé fortuitement sur un rayon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs, les histoires de nos anciens sont constellées de récits d’oiseaux, particulièrement les jours de brouillard au phare du Créac’h où ils se tuaient sur les lentilles. Jadis ma grand-mère Claire les cuisinait en ragoût, c’était la viande, l’unique, celle du dimanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant les livres écrits sur l’île n’en parlent si peu, voire pratiquement pas… !&lt;br /&gt;Mes livres correspondent souvent à un voyage à Paris, ils sont liés aussi à des souvenirs multiples. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir payé mon chocolat et traversé les quais, je rejoins mon train, le contrôleur pointe déjà les couchettes, je vais à sa rencontre, j’ai pris cette habitude pour ne pas être dérangée plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma réservation prise à l’avance me permet d’être dans la voiture de tête, en semaine, nous sommes quatre par compartiment au lieu des six habituels, cela aussi est un rituel que je vais peut-être ne plus vivre. Installée, j’attends les premiers soubresauts du départ, je n’attends que cet instant, plus rien d’autre n’a vraiment d’importance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma couchette est en place, toujours celle du bas, tout est près pour moi, car égoïstement je souhaite qu’il parte plus tôt pour être seul, je ne souhaite aucune compagnie, surtout pas celle de ces « bons hommes » et de leur regards d’affamés comme devant une soupe chaude. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous mes séjours sont ainsi, je fuis le monde, les regards, les présences et pourtant je suis heureuse dans cette ville, heureuse de vivre autrement, et encore plus aujourd’hui, heureuse de prendre ce train, le Paris Brest de 23 heures.&lt;br /&gt;Enfin je suis tranquille, le décor défile derrière la vitre du couloir avec des fenêtres allumées de ces grands immeubles. Qui sont ces gens ? que font-ils ? je ne les envie pas, comment vivre ainsi et surtout toujours ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à chaque voyage, j’attends l’instant de voir la tour Eiffel, à ma façon le lui dis toujours au revoir avant de dormir, et peut-être adieu, j’ai peur… !&lt;br /&gt;Je ne pense pas l’avoir jamais oubliés, elle est de chaque voyage, comme les bouquinistes, comme mes livres et surtout, comme l’entente et l’harmonie du couple que forme ma sœur et son mari.&lt;br /&gt;Le train a déjà pris de l’allure et je ne la vois plus, je vais me coucher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après m’être réveillée en pleine nuit comme à l’accoutumée je me laisse bercer par le claquement de bogies à la rencontre de chaque rail, il n’y a que le passage des aiguillages qui en change le rythme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces nuits n’ont ni temps, ni repères, elles sont toujours ainsi, coupées, longues ou courtes, combien de fois je me suis réveillée et rendormie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne cherche guère à savoir où nous somme, je n’attends que l’arrivée sur Brest. Puis dans un demi sommeil, j’entends Landivisiau, ce nom a toujours sonné magiquement, pourquoi pas Morlaix, Landerneau, je ne sais pas, j’ai coutume de dire Landivi, comme St Quay pour Saint Quay  Portrieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A landivi j’arrive en Bretagne, rarement avant, est-ce à cause du voyage de nuit ?, alors qu’au départ de mes séjours, j’ai le sentiment de ne quitter la Bretagne qu’après la baie de St Brieuc, à la dernière vue sur la mer.&lt;br /&gt;Je préfère quitter la Bretagne avec un train de jour et revenir avec un train de nuit.&lt;br /&gt;Enfin j’arrive et c’est cela l’essentiel, à la sortie du compartiment, mon premier regard va vers l’extérieur, pleut-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’aime pas arriver avec la pluie, pourtant je ne la déteste pas, quelques fois je la trouve même plus reposante que le soleil. Les lueurs se font plus vives, je sens la ville frémir, j’attends le moment du grincement des freins, il arrive juste avec les premières visions de la fin du port, un peu comme si le conducteur nous avertissait à l’entrée de la rade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime regarder les bateaux toutes lumières allumées comme des sapins de Noël.&lt;br /&gt;Le bruit des freins devient plus vif, mon regard cherche des endroits familiers, j’entre en gare, ce n’est plus qu’une question de secondes, dans un dernier gémissement strident, il s’arrête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En descendant sur le quai, je n’ai qu’une envie entendre les goélands, leurs cris dans le jour naissant est l’image de la mer, de la ville maritime, ils sont là, comme pour saluer mon arrivée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me reste une dernière sensation à retrouver à la sortie de la gare, je me rends devant le parapet et j’hume très profondément, et tout d’un coup l’émotion monte en moi, et me rappelle à ma réalité, je pleure pour la première fois depuis l’annonce de mon cancer et de l’image de la mort. Suis-je trop fatigué,? Est-ce l’émotion de vivre peut-être ce dernier voyage. ?  &lt;br /&gt;Ma mémoire olfactive ne me trahit pas, je sens la mer, elle est là, comme le sel de mes larmes, je suis enfin chez moi. oh ! je le savait bien sûr mais pourquoi ce rituel. ? J’ai besoin de retrouver mes marques, d’avoir une autre vision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux chasser cette angoisse à la pensée de retrouver mon père, alors je scénarise ces bons moments, Je ne veux pour rien au monde détester mon pays à cause de lui, à cause de ma réalité, il va me falloir tout vaincre, je ne partirais pas, non c’est lui, c’est toi qui va partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma sœur Josée, après de multiples querelles a fini par quitter la maison et l’île. Bien qu’heureuse à Paris, à la fois dans son travail, à la banque, et surtout dans son couple, elle avait la nostalgie de l’île et s’ennuyait parfois de ne plus voir maman assez souvent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-1757392558871406740?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1757392558871406740'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1757392558871406740'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/11/1-le-paris-brest-de-23-heures.html' title='1 - Le Paris Brest de 23 heures.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-4825466956462771029</id><published>2009-11-21T19:17:00.005+01:00</published><updated>2009-11-22T21:53:19.012+01:00</updated><title type='text'>introduction.</title><content type='html'>Née sur l'île d'Ouessant, Muriel y a grandi sans presque jamais la quitter, si ce n'est pour quelques jours et toujours avec sa mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle n'a connu la vie du continent qu'une fois adolescente et à partir de l'internat de Brest.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il en est ainsi pour tous les enfants de l'île. C'est le passage obligatoire à la vie, un peu comme les garçons du continent qui partent au régiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est coutume de dire aux jeunes enfants que l'on réprimande: "tu verra si cela sera pareil sur le continent!". Ici, le giron des parents se quitte plus tôt qu'ailleurs et parfois plus difficilement parce que la mer est une frontière, et que le retour sur l'île ne se fera qu'en fin de semaine et à condition qu'il n'y ait pas de tempête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Muriel, très attaché à sa mère, a vecu cela très fortement. Sa vie d'adolescente a été ponctuée de départs, ceux ci lui ont coûté parce que plus que d'autres, son enfance a été marquée.&lt;br /&gt;Marquée par un climat familial, par son amour de l'île, par la connaissance qu'elle en a et parce qu'elle a coutume de dire "mon paradis parfois obscur".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, Muriel est une jeune femme qui se bat pour ne pas fuir son île, et vivre en exil avec son cancer, mais vivre à Ouessant en 1978.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-4825466956462771029?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4825466956462771029'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/4825466956462771029'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/11/introduction.html' title='introduction.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-551748833079684177.post-1013323645207370941</id><published>2009-11-21T19:04:00.002+01:00</published><updated>2009-11-29T20:52:31.122+01:00</updated><title type='text'>Ouessant, mon paradis parfois obscur.</title><content type='html'>roman,&lt;br /&gt;Andréas Guyot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci à Jean Cuillandre pour son récit "le sauvetage"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci à tous les personnages qui pourront se reconnaître&lt;br /&gt;bien que l'histoire ne soit qu'une pure fiction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la mémoire de Mr M.H.Julien sans qui le centre ornithologique&lt;br /&gt;n'éxisterait pas, il est le père de l'ornithologie sur Ouessant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ma famille.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/551748833079684177-1013323645207370941?l=ouessantparadis.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1013323645207370941'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/551748833079684177/posts/default/1013323645207370941'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ouessantparadis.blogspot.com/2009/11/ouessant.html' title='Ouessant, mon paradis parfois obscur.'/><author><name>Andréas Guyot.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07609075458430953347</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_O-ccH9gkvzE/SNd_MkDGyUI/AAAAAAAAAKw/UeozWLpHVFo/S220/andr%C3%A9as_02-1.jpg'/></author></entry></feed>
